Après avoir d’abord annoncé le contraire, trois des quatre commissions scolaires francophones de l’Outaouais ont fait un virage à 180 degrés en choisissant de fermer toutes leurs écoles ainsi que les services de garde vendredi dans le but d’élaborer la mise en œuvre des exigences gouvernementales liées à la pandémie de la COVID-19.

COVID-19: congé forcé d’un jour en Outaouais

Après avoir d’abord annoncé le contraire, trois des quatre commissions scolaires francophones de l’Outaouais ont fait un virage à 180 degrés en choisissant de fermer toutes leurs écoles ainsi que les services de garde vendredi dans le but d’élaborer la mise en œuvre des exigences gouvernementales liées à la pandémie de la COVID-19.

Les élèves de la centaine d’établissements des commissions scolaires des Draveurs (CSD), des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) et au Coeur-des-Vallées (CSCV) seront en congé forcé le temps d’une journée. Le personnel de la CSD et de la CSPO est quant à lui tenu de se présenter au travail, tandis que celui de la CSCV peut rester à la maison. 

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Trois écoles secondaires privées de Gatineau, soit les collèges Saint-Alexandre, Saint-Joseph et Nouvelles Frontières, ont également décidé de fermer leurs portes afin de faire point sur la situation. 

Le Collège Saint-Joseph demande aussi à «toutes les personnes ayant voyagé à l’extérieur du pays de se placer en isolement pour une période de 14 jours», à partir de la date de retour au Canada. C’est notamment le cas pour des élèves de 5e secondaire de l’établissement du secteur Hull qui sont revenus d’Europe le 7 mars, qui ne pourront donc pas retourner sur les bancs d’école avant le 21 mars.

La Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais (CSHBO) a quant à elle choisi de garder ses écoles ouvertes vendredi, estimant être en mesure de répondre aux demandes gouvernementales dès maintenant. 

Des mesures strictes sont imposées par Québec aux établissements scolaires, y compris l’interdiction de tenir des rassemblements intérieurs de plus de 250 personnes, entre autres dans une cafétéria, un agora ou un gymnase. 

«Chaque direction aura à modifier les pratiques usuelles à caractère pédagogique, administratif ou récréatif et de les adapter aux nouvelles exigences afin de limiter les rassemblements de plus de 250 personnes, par exemple la modification d’horaire ou la double période de repas», indique le ministère de l’Éducation dans ses directives. 

À la fois le Cégep de l’Outaouais et l’Université du Québec en Outaouais (UQO) seront ouverts comme à l’habitude, mais des mesures particulières seront en vigueur. Par exemple, dans le premier cas, des agents de sécurité contrôleront les accès de la cafétéria et de la bibliothèque au campus Gabrielle-Roy afin de ne pas surpasser les 250 personnes, tel qu’exigé par les autorités. À l’UQO, des employés ayant voyagé à l’extérieur du pays au cours des deux dernières semaines ont déjà été renvoyés chez eux afin de respecter les directives de quarantaine. Les stages à l’étranger ou échanges de mobilité étudiante sont annulés, alors que les colloques ne sont plus autorisés. 

Les commissions scolaires de la région affirment que si un cas de COVID-19 est confirmé dans l’une de leurs écoles, celle-ci sera immédiatement fermée pour minimalement deux semaines. 

Autre directive du ministère de l’Éducation: tous les élèves et les membres du personnel scolaire revenus d’un voyage à l’étranger à partir de jeudi devront se soumettre à une période obligatoire d’isolement d’une durée de 14 jours. Le traitement salarial des employés renvoyés à la maison pour une telle raison devra être maintenu. 

La CSPO parle également de son côté «d’isolement volontaire», indiquant «qu’à compter d’aujourd’hui, toutes les personnes, dont les élèves, qui reviennent d’un pays étranger ou qui présentent des symptômes associés à la grippe ou au rhume doivent se placer en isolement volontaire pour 14 jours». Pour ces élèves, le personnel enseignant préparera des travaux, ajoute-t-on. 

Inquiétudes du syndicat

Même si elles sont invitées à surveiller de près leurs symptômes, il n’est donc pas question d’imposer une quarantaine aux nombreuses personnes qui ont voyagé durant la semaine de relâche qui s’est achevée le 8 mars, par exemple. Une mesure qui, si elle avait été mise de l’avant, allait s’avérer un énorme casse-tête pour les écoles, nous dit-on. Elles auraient été forcées par exemple de trouver de nombreux remplaçants pour prendre la relève dans les salles de classe. 

D’ailleurs, avant que Québec n’envoie son plan de match, tout le monde était tenu dans l’ignorance et c’était le branle-bas de combat dans certaines écoles, selon nos informations. Plusieurs membres du personnel avaient déjà été renvoyés à la maison par mesure préventive. À titre d’exemple, environ 25 enseignants avaient été retirés de leur milieu de travail à l’école polyvalente Nicolas-Gatineau, a indiqué le Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO). 

Précisons par contre que la CSPO, qui avait en premier lieu permis à une enseignante de l’école secondaire de l’Île de retourner en classe même si elle avait voyagé en Italie durant la relâche, a finalement changé son fusil d’épaule à la suite des inquiétudes soulevées par plusieurs personnes. Une lettre a été envoyée aux parents. En mi-journée jeudi, la commission scolaire indiquait que la personne en question travaillait de la maison jusqu’à nouvel ordre et que cette décision, qualifiée de «malhabile» par le syndicat, allait être «réévaluée en tenant compte de l’évolution de la situation». 

Affirmant qu’il aurait salué la décision d’exiger une quarantaine pour les gens ayant voyagé à l’étranger durant la relâche scolaire afin d’apaiser les craintes, le SEO s’étonne de la décision de Québec. 

«On reçoit beaucoup de messages. On a plusieurs enseignants qui sont inquiets, car ils savent bien que des enfants et d’autres collègues ont voyagé et transité par des aéroports pendant cette période et ils ne sont pas placés en isolement. Tout le monde reste au travail. Ils se questionnent sur la décision de fixer la date au 12 mars. Il faut savoir que ces enseignants-là sont aussi des parents, certains ont des bébés, d’autres sont des proches aidants pour des gens jugés vulnérables», lance la présidente Suzanne Tremblay. 

La remise de bulletins est également retardée dans certains cas. De plus, les services d’entretien ménager seront bonifiés dans établissements.

Avec Justine Mercier