Le maire de Gatineau a fait un plaidoyer pour la liberté d’expression et s’est dressé contre la censure dans une déclaration écrite portant sur la controverse entourant l’usage du mot «n*gre» par une chargée de cours de l’Université d’Ottawa dans un contexte académique, une situation qui lui a valu une suspension.
Le maire de Gatineau a fait un plaidoyer pour la liberté d’expression et s’est dressé contre la censure dans une déclaration écrite portant sur la controverse entourant l’usage du mot «n*gre» par une chargée de cours de l’Université d’Ottawa dans un contexte académique, une situation qui lui a valu une suspension.

Controverse à l’Université d’Ottawa: Maxime Pedneaud-Jobin ne reconnaît plus son alma mater

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Le maire de Gatineau a fait un plaidoyer pour la liberté d’expression et s’est dressé contre la censure dans une déclaration écrite portant sur la controverse entourant l’usage du mot «n*gre» par une chargée de cours de l’Université d’Ottawa dans un contexte académique, une situation qui lui a valu une suspension.

«Je ne reconnais pas l’Université d’Ottawa», a déploré mercredi Maxime Pedneaud-Jobin sur sa page Facebook, lui qui fut président de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), en 1990-1991.

«Je ne peux pas concevoir qu’en 2020, nous devions nous mobiliser pour défendre la liberté d’expression dans une université respectable, dans une classe où une prof fait exactement ce qu’elle doit faire : stimuler la réflexion de ses élèves sur des enjeux importants. Je croyais que nous avions compris que la liberté d’expression, donc l’absence de censure, doit être protégée parce qu’elle est un fondement de la démocratie», a notamment analysé M. Pedneaud-Jobin.

La professeure Verushka Lieutenant-Duval, de la Faculté des arts, a présenté ses excuses, mais elle a néanmoins subi un procès sur les réseaux sociaux de la part d’internautes qui lui ont reproché une insulte raciste. 


« Les étudiant(e)s qui attaquent cette prof s’attaquent eux-mêmes. Ils veulent que le monde change, que les mots changent, c’est par la parole que nous y arriverons, pas par la censure, même avec de bonnes intentions. »
Maxime Pedneaud-Jobin

Mme Lieutenant-Duval a aussi reçu une tonne de messages de solidarité. Néanmoins, elle n’a pas obtenu l’appui du recteur Jacques Frémont qui a affirmé que «plusieurs ont tenté de réduire la question à une simple question de liberté d’expression et/ou de liberté académique».

«Les membres des groupes dominants n’ont tout simplement pas la légitimité pour décider ce qui constitue une microagression», a aussi écrit M. Frémont.

«Cette phrase, venant du recteur de l’Université d’Ottawa, me donne des frissons dans le dos», a réagi M. Pedneaud-Jobin.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneau-Jobin

«Un recteur cautionne l’idée qu’une opinion puisse être jugée non pas en fonction de son contenu, mais en fonction du groupe d’appartenance de la personne qui parle… Dans ce principe, il y a l’idée que l’on juge un propos en fonction de la couleur de la peau de la personne qui s’exprime. C’est une attaque contre la citoyenneté, contre la démocratie, contre les Lumières, contre les principes mêmes de l’éducation», a-t-il continué.

«Les étudiant(e)s qui attaquent cette prof s’attaquent eux-mêmes. Ils veulent que le monde change, que les mots changent, c’est par la parole que nous y arriverons, pas par la censure, même avec de bonnes intentions», a aussi noté le maire de Gatineau.

Mme Lieutenant-Duval a recommencé à donner ses cours.