Des parents revendiquent que les changements antérieurs soient considérés dans la révision des bassins, afin d’éviter un nouveau transfert aux élèves des rues ayant déjà été touchées à une ou plusieurs reprises.

Changements d'école: «On essaye de faire notre possible», dit la CSPO

La commissaire scolaire Nathalie Villeneuve n’ose faire aucune promesse aux parents. «Tant et aussi longtemps qu’il va y avoir de la construction dans le Plateau», il sera «difficile» de stabiliser les bassins des écoles primaires qui s’y trouvent.

Comme c’est le cas depuis plusieurs années déjà, la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) doit revoir ses bassins primaires dans le Plateau, cette fois afin de définir le territoire d’où proviendront les élèves qui fréquenteront la future école 036, dont l’ouverture est prévue en septembre 2020 à l’angle des boulevards du Plateau et d’Amsterdam.

Plusieurs parents appréhendent un changement d’école pour leurs enfants.

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La commissaire du secteur, Nathalie Villeneuve, souligne que les déplacements d’élèves «dérangent énormément» les élus de la CSPO, mais précise qu’il n’y a pas de solution miracle en raison de la construction qui n’arrête pas.

Des parents revendiquent que les changements antérieurs soient considérés dans la révision des bassins, afin d’éviter un nouveau transfert aux élèves des rues ayant déjà été touchées à une ou plusieurs reprises. Le président de la CSPO, Mario Crevier, a indiqué au Droit qu’il est «difficile» de prendre en considération l’historique de chaque rue en raison de la forte croissance démographique que connaît le Plateau.

«Si on avait la fin du puzzle du Plateau, on pourrait peut-être, dit-il. Mais on ne sait pas la fin, on ne sait pas ce qui s’en vient, quelle sera la densité.»

Même pour les enfants qui devront changer d’école en 2020 en raison des nouveaux bassins, la CSPO ne peut assurer qu’ils ne vivront pas de transfert ultérieurement. «Il faut prendre conscience qu’avec une résidence dans un endroit où c’est en pleine croissance, on peut être appelé à changer d’école, expose M. Crevier. C’est une situation qui est difficile pour les personnes, on essaye de faire notre possible. On l’a, le côté humain.»

La CSPO organise une consultation publique le 9 avril prochain sur la création du bassin de l’école 036 et les modifications proposées aux bassins des quatre écoles des environs.

Mario Crevier assure que la CSPO «est à l’écoute des parents» et qu’il ne s’agira pas d’une soirée où les vainqueurs seront ceux qui tireront le plus fort sur leur bord de la couverture.

«On a une ébauche, une suggestion, parce qu’on ne peut pas faire une consultation sans plan, [mais] ça ne veut pas dire qu’on ne va pas revenir à la table et changer quelque chose», ajoute Mme Villeneuve, qui invite les parents à présenter des solutions lors de la consultation.

En parallèle, la CSPO pourrait revoir, l’an prochain, sa politique de gestion des surplus d’élèves. Si des changements surviennent, M. Crevier note qu’ils risquent de ne pas entrer en vigueur avant l’automne 2021, soit l’année après l’ouverture de l’école 036.

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Encore des surplus prévus

Même après l’ouverture de l’école primaire 036 dans le Plateau, les écoles du Marais et de l’Amérique-Française continueront de déborder.

Selon le document préparé par la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) en vue de la soirée de consultation du 9 avril prochain, le scénario de redécoupage des bassins qui est proposé ne soulagera pas pour longtemps les écoles les plus à l’ouest du Plateau.

En fonction des projections actuelles — qui se basent sur les données du ministère de l’Éducation —, l’école de l’Amérique-Française compterait 70 élèves en surplus dès 2021-2022, puis 118 l’année suivante. Dans le cas de l’école du Marais, le déficit serait de 135 places lors de l’ouverture de l’école 036, en septembre 2020. Il manquerait 205 places l’année suivante, puis 286 places en 2022-2023. 

« Bien que les projections de développement résidentiel soient connues, ces données ne sont pas toujours probantes et ne respectent pas fidèlement la réalité une fois les projets réalisés », précise toutefois la CSPO.  

La commission scolaire a déjà présenté une demande pour une nouvelle école au ministère de l’Éducation. Selon le président de la CSPO, Mario Crevier, l’établissement irait à l’ouest du chemin Vanier. Une ouverture d’école à cet endroit toucherait inévitablement les bassins de l’ouest du Plateau. 

« Considérant les projets résidentiels à venir ainsi que le besoin d’ajouts d’espace dans la partie ouest du secteur centre, il devient impossible de stabiliser à long terme les bassins de population de l’école de l’Amérique-Française, de l’école du Marais et de la future école 036 », souligne d’ailleurs la CSPO.

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Des surplus depuis des années

Des dizaines d’élèves du quartier du Plateau doivent chaque année fréquenter une école primaire autre que celle de leur bassin.

Un document de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) obtenu par Le Droit montre que depuis 2015-2016, entre 58 et 100 élèves du Plateau ont été déplacés vers une école primaire qui ne correspond pas à celle normalement associée à leur adresse. La CSPO précise que ces données ne reflètent pas avec exactitude la surpopulation du secteur.

«Afin de diminuer les impacts sur le nombre d’élèves transférés, des locaux qui ne sont pas normalement dédiés à des salles de classe sont utilisés pour garder davantage d’élèves dans leur école de quartier», explique l’organisation.

Depuis quatre ans, l’école du Plateau est celle qui doit déplacer le plus d’élèves, soit entre 33 et 52 par année. Pour la présente année scolaire, 28 des 52 élèves de l’école du Plateau ayant été déplacés sont en maternelle.

Vingt ont été envoyés à l’école des Deux-Ruisseaux, quatre vont à l’école du Marais et quatre autres à l’école des Rapides-Deschênes.