Dans le but d'agrandir la portion du Centre Asticou réservée depuis un an et demi à l'école secondaire Mont-Bleu, <em>Le Droit</em> a appris que de sérieux pourparlers sont actuellement en cours entre le Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), le ministère de l'Éducation du Québec et Services publics et Approvisionnement Canada.
Dans le but d'agrandir la portion du Centre Asticou réservée depuis un an et demi à l'école secondaire Mont-Bleu, <em>Le Droit</em> a appris que de sérieux pourparlers sont actuellement en cours entre le Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), le ministère de l'Éducation du Québec et Services publics et Approvisionnement Canada.

Centre Asticou: le CSSPO discute avec le fédéral pour avoir plus d'espace

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Dans le but d'agrandir la portion du Centre Asticou réservée depuis un an et demi à l'école secondaire Mont-Bleu, Le Droit a appris que de sérieux pourparlers sont actuellement en cours entre le Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), le ministère de l'Éducation du Québec et Services publics et Approvisionnement Canada.

Si entente est conclue entre les deux parties, les quelque 400 élèves de quatrième et cinquième secondaire de cet établissement pourront aller à l'école à temps complet lors de la prochaine année scolaire, plutôt qu'à mi-temps tel que le plan actuel le prévoit en raison du manque d'espace généré par les nouvelles règles de santé publique liées à la COVID-19.

L'école a besoin de 10 locaux additionnels pour combler ses besoins et ainsi pouvoir accueillir les élèves de ces niveaux à 100% en mode présentiel, comme le réclament de nombreux parents (voir autre texte) depuis que le CSSPO a annoncé, au début juillet, les détails de son plan pour la prochaine rentrée des classes. 

La directrice générale Nadine Peterson confirme que des discussions sont en cours afin de remédier à cette problématique à court terme, mais que rien n'est coulé dans le béton.

«La collaboration est excellente avec nos partenaires du fédéral et les discussions ont lieu comme il le faut pour tenter de trouver une solution. Le dossier semble bien avancer. On envisage des possibles solutions. Reste à savoir si ça va convenir pour accueillir toute la clientèle. [...] On travaille sur le dossier même en vacances. En fait, c'est depuis l'annonce du ministre (Roberge). Nous n'avons pas attendu la réaction des parents avant de trouver d'autres options. Les discussions vont bon train, on est en attente de voir la faisabilité (du projet) des deux côtés, car les locaux doivent être transformables en salles de classe», affirme-t-elle, se disant confiante pour la suite des choses.

La directrice générale du CSSPO, Nadine Peterson

Elle concède que le télétravail chez les fonctionnaires fédéraux aide indirectement la situation à Mont-Bleu.

«On regarde les options pour avoir accès à d'autres sections. Les locaux qu'on zieute sont les mêmes qu'à l'époque de la tornade, mais à ce moment-là c'était impossible. On regardait alors pour des aires communes supplémentaires. Là, ça (le télétravail) change la donne, ça nous avantage», lance Mme Peterson.

En cas d'accord entre les parties, le CSSPO devra recevoir un financement de la part du ministère de l'Éducation du Québec pour aller de l'avant, tient à préciser la gestionnaire.

«Il faut que le ministère me donne son autorisation. Je suis en attente d'une réponse», explique-t-elle.

Cette dernière précise qu'elle est en accord avec la revendications des parents mais que les scénarios possibles sont très limités, les «meilleures options» étant d'occuper une plus grande superficie (à Asticou) ou de faire de l'enseignement à distance à 50%.

«Je les comprends tout à fait. La volonté du CSSPO, c'est d'avoir tous les élèves à temps plein en septembre. On entend les parents, nous sommes d'accord avec eux. Notre but premier, c'est que tout le monde puisse revenir. [...] Mais une fois que j'ai dit cela, nous sommes organisés pour faire de l'éducation à distance, même si pour le parent ça peut paraître inquiétant. Je veux être rassurante: si jamais nous ne sommes pas capables de trouver des locaux, je ne suis pas inquiète, la qualité des services éducatifs et le professionnalisme du personnel seront au rendez-vous. Les jeunes ne seront pas laissés pour compte à 50%. On s'est quand même pratiqué de mars à juin, nous sommes meilleurs qu'au printemps», dit-elle.

Rappelons que Québec autorise les centres de services scolaires, en fonction de la réalité de chacune des écoles secondaires, à offrir un enseignement à distance un jour sur deux aux écoliers de quatrième et cinquième secondaire.


« La volonté du CSSPO, c'est d'avoir tous les élèves à temps plein en septembre. »
Nadine Peterson

«Pas de marge de manoeuvre»

Conscient que les élèves de Mont-Bleu ont été durement éprouvés depuis deux ans avec l'incendie causé par la tornade, la cohabitation avec les élèves de l'école secondaire de l'Île et l'arrivée dans leurs locaux temporaires , le CSSPO affirme que la pandémie apporte maintenant son lot de contraintes dans un endroit déjà restreint comme Asticou.

«Avec les nouvelles règles, on doit limiter le nombre de groupes que l'on fait, on doit faire faire de plus en plus des groupes fermés. C'est facile à faire en secondaire 1 ou 2, par exemple, car les élèves suivent souvent les mêmes cours, sauf qu'en secondaire 4 et 5, il y a des cours à option, alors ça devient plus complexe parce que les groupes sont éclatés. Quand on regarde d'autres écoles, nous sommes capables de transformer d'autres locaux en salles de classe, par exemple des laboratoires informatiques. Mais on n'a pas cette marge de manoeuvre au Centre Asticou, où on est déjà à court de locaux. On roule au minimum», de dire Mme Peterson.

Au sujet d'autres alternatives suggérées par des parents, comme d'accueillir les élèves à temps plein sur deux sites différents, elle répond que de «séparer» une école secondaire nécessite énormément de temps de planification et aurait aussi fait des mécontents, citant l'exemple de l'école secondaire Grande-Rivière, dont les élèves de première secondaire seront accueillis temporairement à l'école primaire des Tournesols en raison de la surpopulation.

Quant à l'acquisition et l'installation de classes modulaires, le CSSPO indique qu'il s'agit d'une option «devenue plus compliquée» ces dernières années en raison de la forte demande de la part de toutes les régions en croissance. 

«On aurait eu des doutes que ça arrive à temps et c'est très dispendieux, mais la plus grande contrainte, c'est le raccordement vers la bâtisse. Ce n'est pas une école, nous sommes locataires, alors c'est super compliqué et le terrain ne le permet pas nécessairement», dit Nadine Peterson.

Pas l'idéal, concède la députée Gaudreault

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, affirme suivre le dossier sur une base quotidienne et ajoute que «même si le ministre approuve l'école à mi-temps, ce n'est pas l'idéal»

«Ce n'est pas l'idéal surtout pour les élèves qui ont besoin d'un accompagnement plus soutenu. Ça va faire deux ans qu'élèves et parents de Mont-Bleu doivent faire des sacrifices, alors là ce sont des éléments qui mettent d'autres bâtons dans les roues. Je suis en constante communication avec Mme Peterson. On va demander aux parents d'être patients et de nous faire confiance. On travaille très fort et il reste un mois avant la rentrée», lance l'élue.

Invité à commenter, Services publics et Approvisionnement Canada n'avait pas encore fourni une réponse en fin de journée mardi.