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Le réaménagment du campus de l'UQO en sol gatinois faisait partie de la liste des projets d'infrastructure dont Québec souhaitait accélérer la concrétisation avec le projet de loi 66 adopté en décembre dernier.
Le réaménagment du campus de l'UQO en sol gatinois faisait partie de la liste des projets d'infrastructure dont Québec souhaitait accélérer la concrétisation avec le projet de loi 66 adopté en décembre dernier.

Campus unifié: l'UQO obtient une enveloppe de près de 61 M$

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Dans les cartons depuis plus d'une décennie, le projet d'unification du campus de Gatineau de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) vient de franchir une étape cruciale pour sa concrétisation alors que le gouvernement provincial alloue à l'institution une enveloppe de près de 61 millions $. Une première pelletée de terre pourrait avoir lieu dès le printemps 2022.

C'est du moins le souhait de la rectrice Murielle Laberge, qui cachait difficilement son enthousiasme vendredi. 

«C'est une étape importante, un grand jour pour l'UQO. C'est une chose d'entendre parler du projet, de travailler sur le projet, mais là c'est concret car on un montant d'argent qui y est associé. Il ne s'agit plus que de faire entrer les gens pour la construction. [...] Avec la situation actuelle (la pandémie), ça aurait pu arriver qu'une décision soit prise de retarder le projet de quelques années, mais finalement ça avance. Si jamais le début des travaux n'a pas lieu l'an prochain, c'est simplement parce que tout le processus administratif est plus long et non pas parce que le projet est compromis. C'est très stimulant. Ce sont d'excellentes nouvelles après l'annonce cette semaine du lancement de l'unité mixte de recherche sur la cybersécurité», lance-t-elle. 

Il s'agit d'une révision à la hausse pour le coût du projet d'unifier les activités d'enseignement et de recherche au campus Alexandre-Taché de l'UQO, qui surpassera aisément la barre des 100 millions $. L'enveloppe de 60,5 millions $ était quant à elle incluse dans le budget présenté jeudi par le ministre des Finances Éric Girard.

Le réaménagment du campus de l'UQO en sol gatinois faisait partie, comme huit autres dossiers en Outaouais, de la liste des projets d'infrastructure dont Québec souhaitait accélérer la concrétisation avec le projet de loi 66 adopté en décembre dernier.

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La prochaine étape au calendrier sera l'élaboration des plans et devis. Trois différentes options seront scrutées à la loupe dans les semaines à venir quant à l'emplacement d'un nouveau pavillon et à la manière de développer le nouveau campus unifié, indique la rectrice.

«Il n'y a pas encore un choix définitif. Il faut faire l'analyse et choisir l'option qui va convenir et qui respectera toutes les normes. Le travail appartient au ministère (de l'Enseignement supérieur) et à la Société québécoise des infrastructures», note-t-elle.

La rectrice de l'Université du Québec en Outaouais, Murielle Laberge

Sans trop s'avancer plus en détails, Mme Laberge estime qu'un échéancier en 2024 comme avancé à quelques reprises par son prédécesseur Denis Harrisson est encore réaliste, mais admet «qu'il faut accélérer un peu». 

«Ça va prendre quelques années, mais j'ai très hâte qu'on commence à voir les travaux de construction, malgré les inconvénients que ça va créer pour l'ensemble de la communauté. [...] Réunir tout le monde (au même endroit) est très excitant comme projet. Ça va créer une vie encore plus stimulante dans le quartier. Pour les étudiants, c'est très important d'avoir une vie universitaire, ça marque une transition dans leur vie. Il faut offrir un milieu avec l'expérience la plus enrichissante possible. C'est emballant. Le fait d'avoir deux campus, oui ça existe partout, mais à Lucien-Brault (deuxième pavillon), en tout respect, on n'a pas l'impression en entrant que nous sommes dans un milieu universitaire», explique-t-elle.

Comme annoncé en 2018, l'édifice qui abrite le campus Lucien-Brault sera entièrement cédé au Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO) une fois que l'UQO aura complété son projet d'unification. Il y offre d'ailleurs déjà des services d'éducation aux adultes.


« Il y a 41 programmes de grade à l'UQO, comparativement à 67 à l'UQTR (Trois-Rivières). De l'autre côté de la rivière, on en compte environ 400 »
Murielle Laberge, rectrice de l'UQO

Rattrapage à faire

En plus de permettre à long terme de hausser le nombre d'étudiants (5500 actuellement à Gatineau), le projet de campus unifié vise non seulement à «créer un environnement d’innovation sous le signe de l’interdisciplinarité, de la synergie d’expertises, de la recherche-action, du transfert des connaissances et du développement durable», mais aussi à bonifier considérablement l'offre de programmes. 

Le développement de programmes en santé, par exemple en kinésiologie, mais également en droit, en cybersécurité et en génie sont dans la mire de l'UQO. 

«Nous sommes continuellement à l'oeuvre pour avoir une offre plus grande, plus diversifiée. On vient d'obtenir aussi l'approbation pour un doctorat en sciences de la famille. Il y a plusieurs programmes sur notre planche à dessin, sauf que c'est toujours très long comme processus. Développer un programme, ça prend trois ou quatre ans, alors il faut toujours être actif. On n'attend pas la réponse de l'un pour commencer l'autre. C'est une boucle continue de développement. On a beaucoup de rattrapage à faire. Il y a 41 programmes de grade à l'UQO, comparativement à 67 à l'UQTR (Trois-Rivières), par exemple. De l'autre côté de la rivière, on en compte environ 400», affirme la rectrice Laberge.

La principale intéressée tient à souligner que le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, a été «d'un appui indéfectible» dans ce dossier, tandis que le maire Maxime Pednaud-Jobin a toujours été un fidèle allié et «ne rate pas une occasion de parler de l'UQO». 

«À force de répéter le message, on finit par se faire entendre», s'exclame-t-elle avec joie.