Boycott des profs: le Cégep forcé d'annuler ses portes ouvertes

Les enseignants du Cégep de l'Outaouais ont choisi de hausser la pression d'un cran, dans leurs efforts pour faire reconnaître la valeur réelle de leur travail.
Ils ont annoncé jeudi qu'ils s'abstiendraient, jusqu'à nouvel ordre, de participer à toutes «activités professionnelles qui ne relèvent pas de la préparation de cours, de la prestation de cours et de l'évaluation».
Conséquence de cette nouvelle position adoptée en assemblée générale, les membres du Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l'Outaouais (SEECO) boycotteront la journée portes ouvertes prévue dimanche, pour les futurs étudiants.
Le directeur du Cégep a tôt fait d'annuler l'événement, jeudi midi, estimant ne pas pouvoir atteindre ses objectifs sans la présence des enseignants.
«Plusieurs étudiants veulent rencontrer les professeurs de leur programme et poser des questions. Vous comprendrez que sans aucun prof, ça devient difficile de donner le meilleur des services», a expliqué le directeur général du Cégep, Frédéric Poulin.
Ce plus récent moyen de pression au Cégep de l'Outaouais survient quelques jours après que la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) eut annoncé être de retour à la case départ avec le Conseil du Trésor dans ses négociations sur la rémunération des enseignants du collégial.
La FNEEQ est depuis longtemps en négociations avec Québec dans le but de faire reconnaître les réalités de travail de ses 33 000 membres, qui représentent 85 % des professeurs au collégial.
«Le Conseil du Trésor ne reconnaît pas les tâches qu'on exécute en dehors de l'enseignement. Il dit que ce n'est que quelques heures, ici et là, mais ça représente un tiers de notre travail», explique la présidente du SEECO, Carole Connolly.
Historiquement, les enseignants des cégeps ont toujours gagné le même salaire que les enseignants du primaire et du secondaire, en plus d'ajustements liés aux différents diplômes détenus par les employés.
Mais la dernière proposition du Conseil du Trésor, explique la FNEEQ, suggère dorénavant un traitement inférieur à celui des enseignants du primaire et du secondaire, en plus de reculs sur la reconnaissance des maîtrises et des doctorats.
«On a déjà montré les dents par le passé, avec des courriels de protestation, des manifestations sporadiques, mais là on boycotte tout ce qui n'est pas de l'enseignement. Le temps des paroles est fini», poursuit Mme Connolly.
À terme, elle et ses membres espèrent démontrer à Québec que la situation est intenable sans l'implication des enseignants.
Une opinion partagée par la direction du Cégep de l'Outaouais, via la Fédération des cégeps du Québec. «J'espère que le syndicat et le Conseil du Trésor se rassoiront rapidement pour dénouer l'impasse», a affirmé M. Poulin.
Ce n'est pas la première fois que les enseignants se font entendre. Un piquet de grève symbolique a été organisé le 21 novembre dernier.
Le SEECO, à l'instar des autres regroupements syndicaux dans les cégeps de la province, souhaite que les négociations reprennent.
«On veut la garantie qu'il fera de bonne foi l'exercice d'évaluation de notre métier», dit Carole Connolly.