Des piquets de grève ont été tenus, cet automne, par les membres Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario oeuvrant dans les 24 collègues publics de la province, dont La Cité et le Collège Algonquin.

Bilan de l'année en l'éducation

Le Droit vous présente les faits marquants de l'année 2017 dans le monde de l'éducation.

Un personnage: les grévistes

Des piquets de grève ont été tenus, cet automne, par les membres Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario oeuvrant dans les 24 collègues publics de la province, dont La Cité et le Collège Algonquin. 

L’embauche de professeurs à temps plein, la précarité d’emploi des professeurs contractuels et la liberté académique étaient notamment au coeur du litige. 

Après cinq semaines de débrayage — la plus longue grève de l’histoire des collèges ontariens —-, les grévistes ont vu le gouvernement ontarien adopter une loi spéciale pour forcer leur retour au travail. 

Dans la région, quelque 25 000 étudiants fréquentant La Cité ou le Collège Algonquin ont été affectés par cette grève. 

Sur la rive québécoise, un débrayage est par ailleurs possible en début d’année 2018 du côté de l’Université du Québec en Outaouais, où les chargés de cours ont voté massivement, à l’automne, pour le déclenchement d’une grève. Le syndicat a toutefois indiqué qu’aucune grève générale illimitée ne serait déclenchée avant la fin de la session d’automne, afin de ne «pas nuire aux étudiants».

L’UQO espère toujours consolider ses activités en Outaouais au campus Alexandre-Taché.

Un lieu: l’Université du Québec en Outaouais

Le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, estime qu’il est «plausible» qu’un doctorat de premier cycle en pharmacie voie le jour dans son établissement en 2019 ou en 2020. 

L’UQO a accordé, au cours des derniers mois, deux contrat à des consultants pour l’élaboration d’un programme, une étape préliminaire au dépôt officiel d’une demande pour offrir cette nouvelle formation à Gatineau, sous la forme d’une «extension» du doctorat en pharmacie de l’Université Laval. 

Le doctorat, qui s’échelonne sur quatre ans, pourrait accueillir «de 24 à 30 étudiants» au sein d’une première cohorte, selon M. Harrisson. La question des infrastructures sera toutefois un enjeu pour l’implantation d’un programme en pharmacie à l’UQO, qui espère toujours consolider ses activités en Outaouais au campus Alexandre-Taché. 

L’établissement souhaite également mettre sur pied un programme de kinésiologie, possiblement dès l’automne 2019.

Un mot: sextage

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a lancé au printemps dernier un programme de prévention unique au Québec pour sensibiliser les adolescents aux conséquences du sextage, cette pratique qui consiste à utiliser un appareil mobile pour créer, échanger ou transmettre des messages textes à caractère sexuel. 

Le corps policier a choisi d’utiliser le langage des adolescents pour sa campagne. «Ta chatte», «tes boules», «ta queue», #gardecapourtoi, voilà le message lancé par le SPVG avec des affiches arborant des images en apparence banale - une chatte, des boules de billards et la queue d’un lézard. 

Les élèves de 1ère secondaire du territoire gatinois suivront aussi un atelier sur le sujet dans le cadre de ce programme, tandis que des outils seront proposés aux parents et au personnel scolaire. 

À cela s’ajoutera une vidéo qui sera notamment diffusée dans les cinémas, avant la projection des films, à compter de l’été prochain. 

Lors de l’annonce de cette campagne, le SPVG a indiqué avoir traité, depuis 2014, plus de 80 dossiers de pornographie juvénile liés au sextage. 

Les écoles secondaires du territoire gatinois sont partenaires du SPVG dans ce projet de trois ans, tout comme le Directeur des poursuites criminelles et pénales, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) de l’Outaouais et la Commission jeunesse de Gatineau. 

Le programme a permis au SPVG de remporter, à l’automne, le Prix d’excellence Intersection, remis par le Réseau Intersection et le ministère de la Sécurité publique du Québec, qui vise à reconnaître «les meilleures pratiques d’approche de police communautaire».

C’est en 2020 que la future université franco-ontarienne pourrait accueillir sa première cohorte d’étudiants

Une date: 2020

Si tout se déroule sans problème, c’est en 2020 que la future université franco-ontarienne pourrait accueillir sa première cohorte d’étudiants, selon le Conseil de planification de cette institution attendue depuis des années par la communauté francophone de l’Ontario. 

Le Conseil estime que l’établissement compterait au départ quelque 350 étudiants (en équivalent temps plein), un nombre qui pourrait être six fois plus grand dix ans après l’ouverture. Il est aussi recommandé que l’université partage ses locaux avec le Collège Boréal, qui cherche un site pour ériger un bâtiment flambant neuf dans la région de Toronto. 

Dans un projet de loi déposé à Queen’s Park en novembre, le gouvernement a statué que le nouvel établissement s’appellera l’Université de l’Ontario français et qu’il aura pour mission « de proposer une gamme de grades universitaires et de programmes d’études en français pour promouvoir le bien-être linguistique, culturel économique et social de ses étudiants et de la communauté francophone de l’Ontario ».

Une résolution : Un répit pour les contribuables

Après de nombreuses sorties publiques et plusieurs interventions auprès d’élus provinciaux, les commissions scolaires francophones de l’Outaouais ont poussé un soupir de soulagement, en novembre, lorsque le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé dans sa mise à jour économique que «certains ajustements s’avèrent nécessaires» dans le régime de la taxe scolaire. 

Les commissions scolaires francophones de la région réclamaient des changements depuis longtemps afin de mettre un terme à l’«iniquité» entre leurs contribuables et ceux de la commission scolaire Western Québec (CSWQ). 

Au cours des dernières années, quelque 20 000 contribuables sans enfant d’âge scolaire auraient migré vers la CSWQ, où le taux de taxation est inférieur. Le gouvernement a consulté les commissions scolaires de la province dans le but de leur proposer l’instauration d’un taux unique régional, sur la base du taux de taxation le plus bas. 

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a déposé au début décembre un projet de loi visant à ce que les modifications puissent entrer en vigueur pour 2018-2019. Si le projet de loi est adopté tel quel, les contribuables de la Commission scolaire des Draveurs sont ceux qui connaîtront, dans la région, la plus grosse baisse de leur facture (environ 500$ de moins en moyenne).