Le ministère de l’Éducation du Québec a annoncé mardi qu’il laisse tomber la règle de distanciation et que 48 élèves pourront prendre place dans les autobus jaunes.
Le ministère de l’Éducation du Québec a annoncé mardi qu’il laisse tomber la règle de distanciation et que 48 élèves pourront prendre place dans les autobus jaunes.

Assouplissements pour le transport scolaire: demi-soulagement en Outaouais

Comme probablement plusieurs parents, les centres scolaires de services de l’Outaouais poussent un soupir de soulagement face à l’allègement par la Direction de la santé publique des consignes liées au transport scolaire lors de la prochaine rentrée en septembre. Mais on aurait tort de croire que tout est réglé pour autant.

Après avoir d’abord indiqué il y a deux semaines qu’une distanciation physique d’un mètre devrait être respectée à l’intérieur des autobus scolaires et qu’il ne pourrait y avoir qu’un seul élève par banc, soit un total de 24 par véhicule; le ministère de l’Éducation du Québec a annoncé mardi qu’il laisse tomber la règle de distanciation et que 48 élèves pourront prendre place dans les autobus jaunes.

Question d’identifier plus facilement les personnes ayant été en contact étroit avec un élève potentiellement infecté par la COVID-19, les écoliers devront toutefois s’asseoir toujours sur la même banquette dans le véhicule. La fratrie sera donc privilégiée.

De plus, dans la lettre acheminée par le sous-ministre Éric Blackburn, on indique avoir pris la décision que le port du masque sera «fortement recommandé» pour les élèves du préscolaire et du primaire, tandis qu’il sera obligatoire pour ceux du secondaire.

Face à ce casse-tête dont la complexité vient de diminuer, la directrice générale du Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSSPO), Nadine Peterson, est à demi soulagée.


« Si 100% des gens qui avaient droit à l’autobus reprennent l’autobus, on a encore un problème. »
Nadine Peterson, directrice générale du CSSPO

«C’était une contrainte majeure [24 élèves par autobus] pour l’organisation scolaire, c’était quasi impossible de revenir à l’école avec toute la clientèle avec cette restriction. Cependant, pour nous, il y a encore un problème, car en étant pas à capacité maximale pour le transport, il faudra encore compter sur les parents pour venir soulager le retour à l’école. On va favoriser le transport actif. Même s’ils ont droit au transport scolaire, il y en a qui sont à distance de marche, qui ne sont pas tellement loin. Ce sera l’occasion de développer de saines habitudes de vie, on peut se rendre à l’école à pied, à vélo, en trottinette. Toutes les options sont bonnes. Sinon, on demande la collaboration des parents pour transporter leur enfant en voiture. Idéalement, il y aurait beaucoup moins de monde dans les autobus, même si on sait qu’il y en a qui doivent absolument le prendre», note-t-elle.

La directrice générale du CSSPO, Nadine Peterson

photo autobus

Au primaire, rappelons-le, jusqu’à 72 élèves pouvaient dans certains cas être transportés par autobus, une capacité qui a donc été réduite de 33%.

Même s’il s’agit de l’un des scénarios sur la table dépendant du niveau de collaboration des parents, la modification des horaires des écoles ou des critères d’admissibilité au transport scolaire n’est pas encore envisagée au CSSPO, affirme Mme Peterson.

«Si on se rend compte que plus de parents veulent l’avoir, qu’il y a une grande demande, on va devoir réajuster nos règles. Si 100% des gens qui avaient droit à l’autobus reprennent l’autobus, on a encore un problème», lance-t-elle.

Chose certaine, le portrait de la demande en transport scolaire devra se préciser dès les prochains jours pour que la planification puisse être ficelée à temps pour la rentrée des classes dans deux mois. Le CSSPO a par exemple acheminé un court sondage pour tâter le pouls des parents sur la question.

«Il n’y a pas eu un grand taux de répondants pour l’instant, mais même avec 50%, ça nous donne déjà un portrait intéressant de la situation. Ce n’est par contre pas encore suffisant pour mettre en place l’organisation scolaire de façon officielle. Il va falloir qu’on communique de nouveau avec les parents pour connaître leurs intentions, car s’il faut qu’on change des horaires d’école, ça ne peut pas se faire le 15 août», explique-t-elle.

Au Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), où à titre d’exemple 4400 élèves uniquement du primaire (39%) étaient transportés par autobus lors de la dernière année scolaire (avant la pandémie), on mentionne être satisfait des allègements annoncés par la santé publique.

«Que la rentrée scolaire puisse se dérouler en toute sécurité, c’est la priorité. On va se conformer aux nouvelles mesures demandées», indique-t-on.

Le ministère de l’Éducation souligne dans sa missive que du gel antiseptique pourra être mis à la disposition des élèves à l’entrée de chaque autobus scolaire et que les véhicules devront être nettoyés entre chaque transport d’un groupe d’écoliers.