En rencontre éditoriale avec Le Droit, jeudi, le recteur de l’UQO, Denis Harrisson, a confié que l’année de formation préparatoire en médecine que doivent suivre les étudiants collégiaux pourrait avoir lieu en français, dans les murs de l’université outaouaise.

Année préparatoire de médecine en français: l’UQO se prépare pour 2020

L’année de formation préparatoire que doivent suivre les cégépiens qui étudieront à la future faculté satellite de médecine de l’Université McGill de Gatineau pourrait être offerte en français à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) dès 2020, a appris Le Droit.

Si ce projet se concrétise, seuls les finissants actuels du cégep qui feront leur entrée dans la faculté satellite lors de son ouverture en 2020 devront aller suivre leur année préparatoire en anglais, sur le campus montréalais de McGill.

Dès qu’il avait été révélé dans nos pages que l’année préparatoire devait se faire en anglais dans la métropole, l’automne dernier, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, s’était montré préoccupé par le dossier.

«Ça n’a aucun bon sens qu’on soit obligé de faire une année préparatoire de médecine en anglais à Montréal», avait déclaré M. Lacombe le mois dernier, en précisant que la solution n’était toutefois «vraiment pas simple» à trouver.

Les choses semblent maintenant avoir bougé plus rapidement que prévu. Le recteur de l’UQO, Denis Harrisson, a confié lors d’une rencontre éditoriale avec Le Droit qu’un groupe de travail a été formé avec McGill et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour régler ce dossier. «Le ministère est engagé et trouve que c’est important qu’on fasse ça ici dans la région», a-t-il souligné.

Si tout se déroule rondement, «on sera en mesure d’offrir cette formation-là en français, sur le campus de l’UQO, en 2020», a affirmé le recteur.

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Le groupe de travail se penche notamment sur la notion d’équivalence entre certains cours déjà offerts par l’UQO et les dix qui composent l’année préparatoire à la formation médicale, offerts par la faculté des sciences de McGill.

Selon M. Harrisson, sept cours existant à l’UQO pourraient correspondre aux besoins de l’année préparatoire des futurs étudiants de la faculté satellite de médecine de McGill. Pour les trois autres cours, il faudrait «en créer ou prendre les cours de McGill et les enseigner en français, ici en Outaouais, avec nos enseignants», a fait savoir le recteur.

La «formule d’enseignement» différera assurément de celle offerte à McGill, où les futurs étudiants en médecine qui sortent du cégep s’intègrent à de gros groupes de la faculté des sciences. Sur les 24 étudiants de chaque cohorte de la faculté satellite de médecine de l’Outaouais, McGill estime qu’ils seront entre 12 et 20 à provenir du cégep.

Malgré le petit nombre d’étudiants concernés, le projet actuel prévoit que les enseignants seront physiquement sur le campus de l’UQO, a indiqué le recteur, ce qui n’empêche pas que «certaines sécances» puissent être données à distance.

Investissement

L’analyse du dossier n’a pas encore permis d’établir les sommes nécessaires pour que le tout se concrétise. Il faudra bien sûr rémunérer les enseignants, mais aussi procéder à l’aménagement de laboratoires.

Afin que l’UQO soit en mesure de préparer le processus d’admission pour l’automne 2020, M. Harrisson estime que le gouvernement devra livrer une réponse positive d’ici «la fin de 2019».

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, confirme pour sa part que «le dossier progresse bien» et souhaite un dénouement «le plus rapidement possible».

Il ne veut toutefois pas s’avancer sur le montant que le gouvernement est prêt à investir, en soulignant que cette décision reviendra à son collègue ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, lorsque le projet sera officiellement présenté.