Adapter l’éducation à la «vraie vie»

VANCOUVER — Se lever le matin pour aller à l’école ne sera pas la seule réalité à laquelle devront faire face les élèves de la Colombie-Britannique qui entament cet automne le deuxième cycle de leurs études secondaires alors que se poursuit l’implantation du nouveau programme scolaire de la province visant à rapprocher davantage les apprentissages faits dans la classe aux décisions prises dans la vraie vie.

Selon le ministère britanno-colombien de l’Éducation, le nouveau programme, qui a été implanté de la maternelle à la neuvième année en 2016, a été conçu pour laisser plus de place à la pensée critique, à la collaboration et à la communication dans l’application des notions apprises à l’école à des situations du quotidien.

Les changements mis en place plus tôt cette année signifient que les élèves de 10e année n’auront pas à passer l’examen de mathématiques provincial, mais devront plutôt compléter une évaluation de numératie qui intègre des notions relevant de différentes matières. L’évaluation peut être effectuée n’importe quand entre la 10e et la 12e année.

Le ministère a fourni un exemple d’évaluation qui comprenait un reportage fictif sur l’explosion de la consommation d’eau dans neuf villes de la Colombie-Britannique, un graphique illustrant cette consommation et d’autres renseignements. Les élèves devraient répondre à 12 questions, notamment sur la manière dont une famille pourrait réduire sa consommation d’eau hebdomadaire.

Certaines questions sont basées sur un type d’habitation circulaire utilisé par les Premières Nations, la maison semi-souterraine, exigeant des élèves qu’ils en estiment la hauteur et la superficie habitable, et qu’ils évaluent les dimensions du trou dans le toit faisant office de cheminée.

L’examen d’anglais provincial sera aussi supprimé l’an prochain pour les élèves de 12e année afin d’être remplacé par une évaluation en littératie qui est encore en cours de développement.

Les examens provinciaux de mathématiques et d’anglais en 12e année sont en place depuis 1984.

« Plusieurs provinces se tournent vers un programme fondé sur les compétences et la Colombie-Britannique est l’un des chefs de file dans ce domaine », a affirmé le ministère de l’Éducation dans un communiqué.

« Les résultats des évaluations ne pourront être confondus avec les notes obtenues en classe parce qu’ils ne seront pas liés à un cours en particulier », a-t-il précisé, ajoutant que les résultats seront transposés à une échelle de compétence sur quatre points qui figurera dans le bulletin des élèves.

Le ministre de l’Éducation, Rob Fleming, a affirmé que moderniser le programme de formation et d’accession au diplôme permettra de s’assurer que les élèves possèdent les connaissances et les habiletés requises pour réussir, et ce, qu’ils décident d’aller à l’université ou d’apprendre un métier.

« Le monde change et c’est notre devoir de nous assurer que les jeunes sont prêts à réussir dans ce monde en constante évolution », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Teri Mooring, la vice-présidente de la fédération des syndicats d’enseignants de la Colombie-Britannique, a indiqué que le syndicat avait bien accueilli les changements proposés au programme, mais avait des inquiétudes concernant l’échéancier et les ressources.

« Plusieurs de nos membres ont le sentiment de ne pas avoir eu suffisamment de soutien par le biais de journées pédagogiques pour s’informer sur les changements et s’y préparer », a souligné Mme Mooring. « Nos membres ont besoin de ressources d’apprentissage à jour afin de pouvoir enseigner », a-t-elle prévenu, précisant que les élèves utilisaient toujours les anciens manuels.

Les enseignants veulent aussi avoir accès à des ressources locales pour intégrer du contenu sur les Autochtones à toutes les matières ainsi que du matériel pour donner les nouveaux cours sur la santé sexuelle, a ajouté Teri Mooring.

Le ministère a révélé qu’il travaillait à trouver des ressources et du soutien additionnels pour aider les enseignants.