Avec une indemnité avoisinant les 50 $ par jour pour ses membres, le Syndicat du personnel scolaire de La Cité ne cache pas que la grève générale illimitée ne pourra s’éterniser.

50 $ par jour pour les grévistes de La Cité

Avec une indemnité avoisinant les 50$ par jour pour ses membres, le Syndicat du personnel scolaire de La Cité ne cache pas que la grève générale illimitée ne pourra s’éterniser.

«Les gens sont en train de faire des sacrifices, ça va devenir difficile de payer les hypothèques à un moment donné. On espère vraiment que ça se termine plus tôt que tard. J’ai l’impression que l’employeur attend que ça fasse assez mal au portefeuille des employés et que ceux-ci rentrent au travail à reculons, en acceptant une offre qui ne leur plaît pas», affirme la présidente du syndicat, Mona Chevalier. 

Pour recevoir leur indemnité de grève, les syndiqués doivent être sur les lignes de piquetage un minimum de quatre heures par jour ou de 20 heures par semaine. À cette indemnité s’ajoute, dans certains cas dont celui de La Cité, un montant provenant d’un fonds de grève de la section locale du SEFPO. 

«Ce n’est rien de faramineux, certaines sections d’autres collèges de la province ont déjà épuisé cette somme durant la première semaine. [...] C’est dur pour tout le monde, il y a même des couples où les deux conjoints sont en grève, l’un à La Cité et l’autre à Algonquin, par exemple. Mais ce que je trouve honorable, c’est que les gens ne sont pas là pour se plaindre, ils veulent changer les choses», note-t-elle, s’avouant incapable de prédire quand le fonds de grève sera à sec. 

Alors que la deuxième semaine de grève s’est amorcée lundi dans les 24 collèges publics ontariens et les négociations sont toujours au point mort entre le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) et le Conseil des employeurs des collèges. 

«Ça ne va nulle part présentement, il va falloir qu’il y ait du mouvement cette semaine. Il est temps qu’ils se réveillent s’ils ne veulent pas que les étudiants perdent leur session», s’impatiente Mme Chavalier.

Cette dernière soutient que lors du dernier conflit de travail, qui remonte à 2006, le personnel avait réussi un tour de force en faisant des heures supplémentaires afin d’éviter que le trimestre ne se prolonge. 

Les étudiants induits en erreur, dit La Cité

Rappelant qu’aucun collégien ontarien n’a perdu sa session en raison d’une grève dans le passé, La Cité réplique en disant que le syndicat est en train de créer un mouvement de panique inutile.

«Il (le SEFPO) n’a pas la responsabilité de décider si et quand le semestre pourrait être compromis. La décision revient aux dirigeants des collèges. Le syndicat a induit en erreur les étudiants et l’ensemble de la communauté en parlant de sessions compromises alors que le conflit de travail en est au tout début de la deuxième semaine», de dire la porte-parole de La Cité, Pascale Montminy. 

Disant que l’employeur reste optimiste et qu’il s’engage à ce que les étudiants complètent leurs cours dans des délais raisonnables, elle ajoute que les pourparlers n’ont pas repris, car un c’est un médiateur qui est chargé de déterminer quand les deux parties pourront retourner à la table des négociations.