Le ministre de la Famille Luc Fortin a annoncé 26 M $ pour mettre en place différentes mesures visant à améliorer le passage des tout-petits à l’école. L’annonce a été faite au CPE Le P’tit Gadu.

26 M $ pour favoriser la transition vers le primaire

Un « dossier éducatif de l’enfant » sera mis en place à compter de juin 2019 pour les tout-petits de quatre ans qui s’apprêtent à entrer à l’école. Québec investira 26 M$ sur cinq ans afin de faciliter la transition vers l’école, notamment en faisant découvrir aux enfants leur nouveau milieu et en organisant différentes activités d’échange entre les parents, les services de garde et le milieu scolaire.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a annoncé lundi un investissement de 25 M$ pour les mesures facilitant la transition, et 1 M$ pour la création du dossier éducatif de l’enfant. Celui-ci sera obligatoire dans tous les services de garde, subventionnés ou non.

« Cela découle d’une annonce que nous avons faite en début d’année (de 1,4 milliard sur 5 ans) venant de notre stratégie pour les 0-8. On décline au fur et à mesure que les semaines passent les différentes mesures (...) Ces montants sont inclus et budgétés. Ils étaient dans le dernier budget, mais des sommes ont été ajoutées dans la dernière mise à jour économique du mois de novembre », a précisé le député de Sherbrooke.

Le dossier de l’enfant sera remis aux parents. Il tracera un portrait du développement de l’enfant qui pourra servir à son enseignant à son arrivée en milieu scolaire. Un des objectifs est de mieux détecter ses difficultés et de favoriser la transmission de l’information si les parents le désirent.

On ne parle pas de dossier informatisé. « On ne cherche pas à évaluer des aptitudes académiques. On n’est pas dans la scolarisation précoce. Ce qu’on souhaite, c’est d’observer les enfants dans leur développement et déceler s’il y a des retards dans le développement et si des choses peuvent être acheminées à l’école. Ça sera le même dossier pour l’ensemble des services de garde à travers le Québec. On aura un document uniforme. Au cours des prochains mois, il y aura du travail de fait avec les associations nationales qui vont participer à l’élaboration de ce dossier-là. Il y aura aussi un guide qui sera fait à l’attention des éducateurs et des éducatrices pour qu’ils puissent s’approprier le dossier. »

Il existe déjà des mesures en place dans certains CPE. C’est le cas notamment au P’tit Gadu, où un plan d’action sur la transition scolaire a été élaboré pour les enfants de quatre et cinq ans, explique la directrice générale du P’tit Gadu, Judith Laflamme. Les enfants pourront par exemple partir en autobus avec leur sac à dos. « On voudrait faire un aménagement extérieur qui serait un lieu symbolique de la grande école, dans lequel nos groupes de quatre ans pourraient vivre des expériences en lien avec l’école », note-t-elle.

« On ne peut pas être contre un réinvestissement en petite enfance. Les dernières années ont été difficiles. Pour nous, c’est une bonne nouvelle de voir que la transition scolaire a été prise en compte, parce que c’est quelque chose auquel on croit (...) Entrer à l’école, c’est un grand changement pour un enfant », note Mme Laflamme, qui ne sait pas encore exactement combien son CPE de 125 enfants recevra. Celui-ci accueille des enfants qui fréquenteront des écoles primaires très variées, disséminées un peu partout sur le territoire : des Aventuriers (secteur St-Élie), Desjardins, La Passerelle de Waterville.

L’établissement a travaillé en collaboration avec le Regroupement des centres de la petite enfance des Cantons-de-l’Est (RCPECE), qui a mis sur pied des formations et des activités en lien avec la transition à l’école primaire. La formation a permis de rencontrer quelque 80 éducatrices en vue de mieux les outiller, note la directrice du RCPECE, Lucie Therriault.  

L’annonce concerne 35 000 enfants à travers la province.

Par ailleurs, le ministre Fortin a confirmé que son investiture sera le 7 avril.