Éducation

Mobilisation citoyenne pour « défendre » l’éducation

MONTRÉAL — Le système d’éducation québécois est « attaqué » et doit être « défendu » pour retrouver sa mission d’instruire et d’éduquer, selon un regroupement qui appelle à la mobilisation. Debout pour l’école ! estime que ce rôle est pour le moment dévié vers « une approche très marchande ».

Le collectif de 200 citoyens, essentiellement des enseignements, croit également que les conditions de travail de ceux qui œuvrent dans le secteur de l’éducation doivent être substantiellement améliorées.

La porte-parole et coordonnatrice du collectif, Suzanne-G. Chartrand, n’y va pas par quatre chemins. « Tout le monde est à bout de souffle, a-t-elle lancé en entrevue. Tout le monde est épuisé. »

« Il y a eu des compressions énormes de 1,5 milliard $ 2010 à 2016 juste pour l’école primaire et secondaire au Québec, a-t-elle affirmé à La Presse canadienne. Ces compressions, ça veut dire moins de locaux, moins de personnel, moins de services. »

Mme Chartrand, une didacticienne qui consacre sa vie à l’éducation depuis plus de 50 ans, plaide pour un réinvestissement massif, « pas que réinjecter quelques millions par-ci par-là ».

Et pas question de comprimer d’autres dépenses. Elle soutient que Québec devrait augmenter ses revenus « en allant chercher l’argent là où il est » pour l’investir dans « le bien commun ».

Le gouvernement devrait « couper en haut », dit-elle, en empêchant l’évitement fiscal et en cessant de dépenser des milliards de dollars « en pure perte ou essentiellement pour aider de grandes corporations ».

Mobilisation citoyenne

Debout pour l’école ! souhaite que la population s’exprime par tous les moyens possibles, notamment en signant une pétition sur son site web, en se rendant dans les comités de parents, en parlant à ses élus et en se réunissant avec d’autres personnes pour discuter enjeux relatifs à l’éducation.

« On veut que les gens sentent qu’il y a un groupe qui va recueillir leur parole, qui va discuter avec eux pour qu’on comprenne mieux quels sont les problèmes, les enjeux et les solutions », a expliqué Suzanne-G. Chartrand.

Le regroupement formé il y a un an a rassemblé plusieurs revendications et se donne pour mandat d’impulser une discussion sur l’éducation au cours des prochains mois.

Il estime qu’il y a un manque de volonté politique du gouvernement du Québec de faire en sorte que l’éducation occupe une place importante.

Mme Chartrand accuse le gouvernement libéral d’être responsable de la situation actuelle « déplorable ».

Elle constate que « tous les rapports 1/8du Conseil supérieur de l’éducation3/8 depuis au moins 20 ans sonnent la sonnette d’alarme sur tous les aspects qui vont mal dans l’éducation », mais qu’ils sont ignorés par les ministres qui se succèdent.

Le livre du présent ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, est selon Mme Chartrand un « ramassis de lieux communs que n’importe qui peut dire ». « Quand il y a des solutions concrètes, c’est les pires solutions, a-t-elle lancé. C’est comme si qu’il n’a lu aucun rapport du Conseil supérieur de l’éducation, aucune étude sérieuse, y compris de ses propres fonctionnaires. Alors, il parle à travers son chapeau puis il sourit. »

Mme Chartrand croit qu’il ne faut plus attendre que les gouvernements « redressent la barre ». Rien ne changera si chacun ne se sent pas concerné et ne décide pas de faire une petite action, seul ou avec d’autres, a-t-elle résumé.

Pour se faire entendre, « des milliers et des milliers » de Québécois devront, selon elle, dire que « ce n’est pas le genre d’éducation qu’on veut, ce n’est pas le genre de politique éducative qu’on veut ».

Éducation

Déplacement à prévoir pour 350 élèves de Gatineau

L’ouverture de l’école primaire 036 dans le Plateau est officiellement retardée à 2020, ce qui pourrait forcer le déplacement de 350 élèves à l’extérieur du quartier.

L’ouverture de l’école primaire 036 dans le Plateau est officiellement retardée à 2020, ce qui pourrait forcer le déplacement de 350 élèves à l’extérieur du quartier.

La direction générale de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) a informé les commissaires, mercredi soir, que « l’échéancier très serré » qui aurait pu permettre que la nouvelle école ouvre ses portes à l’automne 2019 « ne pouvait plus être respecté ».

La CSPO rappelle, dans un communiqué, que des négociations avaient permis la signature d’une promesse d’achat pour le terrain devant accueillir l’école 036, près de l’intersection des boulevards du Plateau et d’Amsterdam. « À la suite de cette promesse, la CSPO et le promoteur sont parvenus à s’entendre sur la dimension du terrain requise pour les besoins de l’école », poursuit le communiqué.

Or, les négociations avec le promoteur « ont nécessité quelques semaines de plus que prévu », de sorte que le promoteur « n’a pu déposer les documents nécessaires afin d’obtenir l’aval de la Ville de Gatineau pour ce projet ». Toujours selon la CSPO, le ministère de l’Environnement « ne devrait émettre le permis pour la construction de la rue et de l’école que vers la fin novembre 2018 ».

En raison des coûts plus élevés qui découleraient de travaux pendant l’hiver, la CSPO indique donc que la construction ne pourra commencer qu’au printemps prochain. Le président de la CSPO, Mario Crevier, a fait savoir que la facture aurait bondi d’au moins 35 % avec une construction en période hivernale.

En mars dernier, l’ancienne présidente de la CSPO, Johanne Légaré, avait indiqué au Droit que l’impossibilité d’ouvrir l’école 036 en 2019 causerait un déficit d’environ 440 places. La CSPO prévoyait à l’époque « agrandir par en dedans » pour réussir à accueillir une centaine d’élèves de plus dans ses quatre écoles du secteur (du Marais, de l’Amérique-Française, des Deux-Ruisseaux et du Plateau). La conversion de locaux de musique en classes était entre autres envisagée.

« On va déborder »

Un tel plan de match est encore envisagé, a indiqué M. Crevier en entrevue. 

Même si les estimations sont difficiles à faire en raison de la construction domiciliaire qui se poursuit dans l’ouest du Plateau, le président de la CSPO estime qu’environ 350 élèves devront être déplacés à l’automne 2019. « Je suis convaincu qu’on va déborder le Plateau », a-t-il fait savoir en précisant que les élèves des bassins des écoles du Marais et de l’Amérique-Française « vont être les plus touchés ».

Selon M. Crevier, une bonne partie des transferts pourrait se faire vers l’école des Rapides-Deschênes. 

Dans son communiqué diffusé jeudi, la CSPO souligne que le conseil des commissaires « tient à rassurer les parents », puisqu’une analyse est faite sur « la question de la gestion des surplus d’élèves afin de bien répondre aux besoins de tous ».

La révision des bassins nécessaire en prévision de l’ouverture de l’école en 2020 fera l’objet d’une consultation publique à l’hiver 2019, indique la CSPO. 

La gestion des nombreux surplus générés par le retard de l’ouverture de l’école 036 se fera en fonction de ces nouveaux bassins.

Éducation

C’est la collation des grades à La Cité

C’est jour de collation des grades mardi et mercredi à La Cité, alors que 2000 finissants du collège enfileront la symbolique toge et recevront leur tant attendu diplôme de fin d’études.

Lors des quatre cérémonies distinctes, qui se tiennent au gymnase du campus principal à Ottawa, des conférenciers invités viendront s’adresser aux finissants. 

Il s’agit de la femme d’affaires et communicatrice Sabine Daniel, de la consultante en mieux-être Élaine Poulin, de la Caporale Caroline Letang, chef d’équipe de l’Équipe intégrée patrouilles frontalières à la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que du cofondateur et vice-président des ventes de l’Académie 20/80, Étienne Chartrand. 

Rappelons que la dernière année scolaire, qui s’est achevée le 27 avril, a été marquée par une grève historique de cinq semaines des professeurs des 24 collèges publics de l’Ontario. 

À La Cité, 341 étudiants s’étaient prévalus du droit au remboursement complet des frais de scolarité pour leur session automnale.

Éducation

Le SPUQO envoie une mise en demeure à la ministre David

Irrité par la composition « irrégulière » du conseil d’administration de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), le Syndicat des professeurs (SPUQO) met en demeure la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, de respecter « dans les plus brefs délais » les dispositions législatives sur la durée maximale des mandats.

Le SPUQO souligne dans un communiqué que la Loi sur l’Université du Québec prévoit que les personnes nommées au conseil d’administration par le gouvernement le sont pour trois ans, et qu’un tel mandat « ne peut être renouvelé qu’une seule fois ». « Or, quatre membres du conseil d’administration ayant complété leur deuxième mandat continuent pourtant de siéger, dénonce le SPUQO. Parmi ceux-ci, Lisette Blouin Monfils et Claude J. Chénier ont terminé leur deuxième mandat en septembre 2013. » 

Le syndicat dit avoir envoyé une lettre à la ministre David en avril dernier pour l’informer de la situation. Le SPUQO y soulignant notamment « que cinq personnes sur sept représentant les milieux socio-économiques, les diplômés et les collèges sont des personnes retraitées et qu’il serait opportun d’amener du sang neuf au sein de cette institution ».

Cette requête étant restée « lettre morte », le SPUQO s’est tourné vers une mise en demeure, dans l’espoir d’inciter « la ministre à agir pour faire respecter la Loi à l’UQO ».

Selon la Loi sur l’Université du Québec, « les membres du conseil d’administration continuent d’en faire partie jusqu’à la nomination de leurs successeurs nonobstant la fin de la période pour laquelle ils sont nommés ».

Affaires

Un syndicat d’enseignants met ses propres employés en lock-out

MONTRÉAL - Un fait inusité vient de se produire à Granby où un syndicat... a mis en lock-out ses propres employés syndiqués.

C’est le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, qui est affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui, comme employeur, a décrété un lock-out de ses employés, lundi.

Le tout petit syndicat des employés n’a plus que deux secrétaires comme membres. Il fait partie d’un regroupement indépendant de petits syndicats dont les employeurs sont soit des syndicats, soit des associations étudiantes: le Syndicat des employés de syndicats et des organismes collectifs du Québec (SEESOCQ).

Décréter un lock-out, pour un syndicat employeur, «c’est très inhabituel; je vous le confirme», a admis au cours d’une entrevue, jeudi, Éric Bédard, président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, à Granby.

Sa décision d’imposer un lock-out à ses deux secrétaires n’est pas une décision strictement personnelle; elle a été entérinée par l’assemblée générale des membres, même, a-t-il souligné.

«On veut bien se comporter; on veut être un bon employeur; on pense qu’on est un bon employeur. On admet que c’est particulier qu’un syndicat employeur mette ses employés en lock-out. L’admission de ça, on la fait. Mais, on est rendu au point où vraiment, les positions sont campées, chacun des deux côtés», a justifié M. Bédard.

M. Bédard affirme ne pas avoir eu d’autre choix parce qu’en 2011, le syndicat employeur a signé une convention collective trop généreuse avec ses employés. Et, aujourd’hui, il affirme qu’il lui faut demander des concessions, au chapitre des salaires et des congés. Et la question des mesures disciplinaires est aussi en litige. De même, le syndicat a «un plancher d’emploi» de quatre personnes, souligne-t-il, alors qu’il n’y a plus que deux secrétaires.

Syndicat estomaqué

Du côté du syndicat des employés, on se dit estomaqué du lock-out. «On trouve ça aberrant. C’est complètement aller à l’encontre des valeurs syndicales à notre avis», a déploré Eugénie Paradis-Charette, vice-présidente au secrétariat et aux communications du SEESOCQ.

Elle rappelle qu’un employeur qui a recours au lock-out, souvent, le fait parce qu’il y a menace de grève. Or, «on n’est pas en grève. On n’a pas l’intention d’aller en grève et on n’a pas de mandat de grève pour cette unité-là. On ne comprend pas vraiment pourquoi ils prennent, dans le fond, un si gros moyen pour essayer de nous écraser», a riposté Mme Paradis-Charette.

Le syndicat a reçu des appuis d’autres syndicats de salariés, provenant notamment de syndicats affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), du Syndicat des employés professionnels et de bureau (affilié à la FTQ) et de l’Alliance de la fonction publique du Canada (affiliée à la FTQ au Québec).

Éducation

Élèves avec troubles d’apprentissage: il y a urgence d’agir

MONTRÉAL — Devant le triste constat que 40 pour cent des élèves handicapés ou avec des troubles d’apprentissage quittent l’école secondaire sans diplôme en poche, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) lance un cri d’alarme et demande au gouvernement d’agir.

La Commission a tiré toutes sortes de conclusions dans sa plus récente étude de 180 pages, dévoilée mercredi. Celle-ci, faite à sa propre initiative - après avoir vu une augmentation des plaintes pour discrimination concernant ces élèves - porte notamment sur les services qui leur sont offerts.

Si l’embauche de plus de spécialistes comme des orthopédagogues et des psychologues est évidemment souhaitée, la Commission croit qu’il faut d’abord et avant tout que ces élèves fassent réellement l’objet d’une approche individualisée.

Cette obligation est prévue dans la loi, précise-t-elle, mais sur le terrain, elle n’est pas suffisamment appliquée.

On voit beaucoup de mesures appliquées au mur-à-mur, peu importe les caractéristiques de l’enfant, a déploré en conférence de presse à Montréal le président par intérim de la Commission, Philippe-André Tessier.

Par exemple, des élèves avec un trouble d’apprentissage se font presque automatiquement accorder le tiers du temps de plus pour réussir leurs examens alors que ce n’est peut-être pas la mesure qui va le plus les aider. Un logiciel spécial pourrait être plus efficace pour certains d’entre eux.

Aussi, ces élèves aux besoins particuliers sont mal évalués - ou tardivement, vu le manque de professionnels.

«La plupart des professionnels sont à temps partiel, souvent dans deux, trois ou même quatre écoles. Ça crée nécessairement des listes d’attente pour des évaluations et des suivis», témoigne un orthophoniste dans le rapport.

Pourtant, cette évaluation est nécessaire pour obtenir l’argent du gouvernement pour offrir des services à ces élèves.

Et l’attente peut durer de deux à trois ans avant que l’évaluation soit faite, est-il relevé.

Les parents vont alors au privé - pour ceux qui peuvent se le permettre. Un parent témoigne avoir dépensé 6000 $ en un an et demi pour l’observation de son fils, les tests à passer, le diagnostic et les séances de thérapie aux deux semaines. «On a fini par l’avoir son fameux code 34 du ministère qui lui permet d’avoir des vrais services, mais pendant ce temps-là, il a accumulé beaucoup de retard.»

Et même lorsque le bon diagnostic a été posé, les élèves souffrent souvent d’un suivi insuffisant.

Par exemple, une élève a obtenu un interprète en langage des signes dans ses cours, mais pas au service de garde ni lors des sorties éducatives. «Parce que cela n’avait pas été planifié», a dit Johanne Magloire, l’une des auteurs de l’étude. Une lacune qui nuit à l’intégration complète de cette élève.

Et puis, certains programmes, notamment dans l’éducation aux adultes, leur sont tout simplement inaccessibles vu le manque de ressources spécialisées.

Il y a 200 000 élèves HDAA (élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage) au Québec, c’est-à-dire un élève sur cinq. C’est le double d’il y a 20 ans, note la Commission. Près de 90 pour cent des commissions scolaires ont connu une hausse de leur effectif HDAA, est-il rapporté.

Et ils sont 40 pour cent à quitter l’école sans diplôme, contre seulement 8,7 des élèves dits «réguliers».

«D’importants changements sont nécessaires pour assurer le respect du droit à l’égalité des élèves HDAA tel que garanti par la Charte des droits et libertés de la personne», a déclaré M. Tessier.

Sinon, ce sont les jeunes qui en paient le prix, tranche-t-il.

La bonne volonté des intervenants du milieu scolaire est évidente, relève M. Tessier, qui note par contre leur essoufflement généralisé par rapport à leurs obligations face aux élèves HDAA, notamment les enseignants. Le témoignage de celle-ci, qui enseigne en 4e année du primaire, a été transcrit dans le rapport. Elle souhaite recevoir de la formation pour mieux les épauler.

«Juste cette année, j’ai deux élèves dyslexiques, un TDAH, un élève avec trouble d’opposition, un élève autiste, une élève qui sort tout juste d’une classe d’accueil, un autre dont les parents se sont séparés récemment, et au moins deux ou trois élèves qui connaissent des difficultés relativement importantes, mais qui n’ont pas de diagnostic. Tout ça, dans une classe de 21 élèves! C’est presque la moitié de ma classe qui nécessite une attention particulière!»

L’étude se termine sur une liste de 22 recommandations adressées au ministère de l’Éducation, aux commissions scolaires et aux directions d’écoles.

L’une d’entre elles propose au ministère de définir un seuil de ressources spécialisées qui doit être suffisant pour évaluer les besoins des élèves, la mise en oeuvre des mesures et le soutien nécessaire aux enseignants dans chaque commission scolaire. Des formations supplémentaires pour les enseignants sont aussi recommandées.

Réactions

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, n’avait pas pris connaissance en profondeur du rapport de la commission, mais il juge «inacceptable» le taux de 40 pour cent de non-diplomation de ces élèves.

Il estime toutefois que plusieurs choses ont déjà été entreprises pour améliorer leur situation, notamment par l’attribution de nouvelles ressources, dont un plancher qui s’établit pour chacune des régions, une mesure demandée par la Commission, souligne-t-il.

«C’est en lien avec ce que nous faisons et avec ce qu’on veut faire», a-t-il déclaré au sujet de l’étude.

Le ministre a aussi indiqué son intention de revoir - dans un prochain mandat - la politique d’adaptation scolaire.

La Coalition avenir Québec (CAQ) voit dans ce rapport de la CDPDJ un constat d’échec pour le gouvernement libéral. La formation dit appuyer plusieurs de ses recommandations, dont celle portant sur un plancher de services professionnels dans toutes les écoles du Québec. La CAQ dit s’engager à le mettre en place, ainsi qu’à créer un Protecteur de l’élève national, indépendant et accessible à tous.

Les fédérations du réseau scolaire de la CSQ et l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) disent avoir pris sommairement connaissance du rapport et notent que plusieurs de ses recommandations vont dans le sens de ce que le personnel de l’éducation réclame depuis plusieurs années.

Elles voient d’un très bon oeil la majorité des recommandations de la CDPDJ, notamment le besoin de définir des seuils de services et de ressources spécialisées pour évaluer et répondre aux besoins des élèves HDAA, et de revoir les critères d’admission aux programmes particuliers de manière à ce qu’ils soient les plus inclusifs possible.

Éducation

Négligence dans des garderies: le ministre Fortin se fait rassurant

QUÉBEC — Le ministre de la Famille, Luc Fortin, s’est fait rassurant, mardi, après avoir été informé de cas de négligence survenus dans des garderies privées non régies par Québec.

Il a fait valoir que la loi 143, adoptée l’automne dernier, visait précisément à imposer de nouvelles obligations aux services de garde non régis par l’État.

Selon lui, la loi prévoit déjà toutes les balises nécessaires pour éviter des situations déplorables.

Pourtant, le quotidien Le Devoir rapportait mardi une dizaine de cas de garderies familiales subventionnées qui sont passées au privé après avoir perdu leur permis, échappant ainsi aux règles de qualité, notamment d’hygiène et de sécurité, fixées par Québec.

Par exemple, le journal cite le cas d’une de ces garderies qui avait fait l’objet d’une inspection gouvernementale ayant mené à la découverte d’excréments d’animaux sur les lieux. La garderie a perdu son permis, mais la responsable a pu continuer à fonctionner en toute impunité, sans règles ni comptes à rendre, en transformant sa garderie en établissement privé.

«Ces situations sont inacceptables, sont préoccupantes», a commenté le ministre, lors d’une mêlée de presse, insistant pour dire que la loi 143 visait précisément à «aider à contrer ce phénomène-là».

Les propriétaires de services de garde non régis ont aussi des obligations légales, a-t-il ajouté. Ils font l’objet, notamment, d’une vérification de leurs antécédents judiciaires, doivent suivre un cours de secourisme (RCR) et se procurer une police d’assurance responsabilité civile.

Les propriétaires qui adoptent des comportements répréhensibles ou se livrent «à des pratiques humiliantes, dégradantes ou abusives» envers les enfants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 75 000 $, a rappelé le ministre.

L’opposition péquiste a déposé en Chambre une motion demandant au gouvernement de fournir un état de situation sur la qualité des services dans les garderies non régies et de fermer celles qui menacent la sécurité des enfants. Le gouvernement a refusé d’y donner suite.

La députée péquiste Véronique Hivon a demandé au ministre pourquoi il refusait d’exercer «un contrôle minimal» sur ces services de garde privés. Elle a noté au passage que les parents qui fréquentent ces garderies ont droit à de généreux crédits d’impôt.

Le ministre a répliqué pour dire que son ministère faisait des vérifications au besoin, mais uniquement lorsqu’une plainte était déposée.

Le premier ministre Philippe Couillard a commenté le dossier en disant que «la question de la qualité, elle est cruciale» quand on parle de services de garde.

«On va sûrement vouloir vérifier cette situation-là», a-t-il ajouté, lors d’une mêlée de presse, sans prendre d’engagement précis.

De son côté, le député solidaire de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, a jugé que le ministre Fortin avait «capitulé devant les pressions de la CAQ et des garderies privées. Les familles du Québec vont s’en rappeler le 1er octobre».

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), qui représente environ 14 000 éducatrices, soit en CPE ou en garderie familiale, a pris connaissance «avec dégoût» des cas de négligence dans les garderies privées exposés par Le Devoir. Dans un communiqué, elle a dit estimer que ces cas auraient pu être évités si le gouvernement avait eu davantage de courage politique au moment de l’adoption de la loi 143.

Éducation

Projet Lab-École: un établissement du secteur Hull retenu

C’était un jour de fête mardi à la Pierre Elliott Trudeau Elementary School (PETES) du secteur Hull qui a reçu deux bonnes nouvelles plutôt qu’une durant une visite de la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

À plusieurs reprises, les élèves rassemblés dans le gymnase de l’établissement hullois de la Commission scolaire Western Quebec (CSWQ) ont bruyamment manifesté leur enthousiasme. Après la conférence de presse, des membres du personnel se donnaient également des accolades.

C’est d’abord et avant tout l’annonce de l’agrandissement de l’école qui réjouit le personnel et les élèves de la PETES, selon le président de la CSWQ, Jim Shea. Il souligne qu’on est de plus en plus à l’étroit dans cet établissement qui accueille maintenant près de 600 élèves. L’espace est devenu un enjeu au point où la cafétéria et des classes spécialisées ont été fermées pour faire de la place aux classes régulières.

« La population a plus que doublé, affirme M. Shea. Il y avait un risque de devoir déplacer des élèves. Pour nous, le grand défi, c’est de maintenir la communauté anglophone de Hull. La communauté nous l’a demandé: “Gardez-nous ensemble”. C’est pour ça qu’on a fait un grand projet avec le ministère. »

Tout le monde à la PETES pourra « mieux respirer », ajoute Jim Shea. Le projet d’agrandissement de l’établissement — évalué à plus de 5,5 millions $ — prévoit notamment la construction d’un second gymnase, la revitalisation de la bibliothèque, l’agrandissement de quatre classes et l’aménagement d’espaces pour les élèves en adaptation scolaire, poursuit le président de la CSWQ.

Le projet Lab-École

En plus du financement pour la construction de nouveaux locaux, la PETES a aussi appris mardi matin qu’elle est l’une des sept écoles du Québec choisies dans le cadre du programme Lab-École. Cette nomination est accompagnée d’un financement de 2 millions $ pour le développement de projets innovants de l’établissement.

Le choix des écoles a été dévoilé mardi dans une école de Québec par le premier ministre, Philippe Couillard, et le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. Le Lab-École, fondé en novembre 2017 par l’architecte Pierre Thibault, le promoteur de sport Pierre Lavoie et le chef cuisinier Ricardo Larrivée, est chargé de repenser l’école de demain.

Aucun des dignitaires présents à Québec n’a pu décrire les projets retenus, les raisons pour lesquelles ils ont été choisis, ni donner d’échéance précise, car les discussions sont encore en cours avec les comités-écoles, ont-ils dit.

À Gatineau, Mme Gaudreault n’a pas donné beaucoup plus de détails. Elle a toutefois évoqué des projets pour l’intégration des enfants autochtones — qui représentent une « forte proportion » des élèves de la PETES —, des cours de cuisine, l’intégration d’outils multimédia et, possiblement, une serre pour la culture de fruits et de légumes.

Avec La Presse canadienne

Éducation

Les cégépiens revendiqueront un réinvestissement lors des élections

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) profitera de la campagne électorale qui s’enclenchera sous peu pour exiger un réinvestissement massif dans le réseau des cégeps.

Le nouveau président de la FECQ, Fred-William Mireault, promet de «faire la différence» lors du prochain scrutin provincial.

M. Mireault souligne que la Fédération a consulté ses 26 associations étudiantes membres afin d’identifier les priorités qui seront défendues au cours des prochains mois. Ainsi, elles ont déterminé que leurs principales revendications seraient un réinvestissement majeur dans le réseau, une amélioration des services aux étudiants, la lutte aux violences à caractère sexuel, et une plus grande accessibilité aux études.

«Cette année, on va envoyer un message clair : on veut être écouté et on prendra les moyens pour se faire entendre...les collégiens veulent être proactifs pour bâtir le Québec de demain», mentionne Fred-William Mireault.

Il ajoute que les 18-35 ans sont de plus en plus nombreux au Québec et qu’il se fera un devoir personnel de stimuler leur participation aux prochaines élections autour d’enjeux qui les préoccupent directement.

La Fédération étudiante collégiale du Québec représente près de 71 000 étudiants provenant de 26 cégeps.

Éducation

Matériel scolaire: les profs veulent avoir leur mot à dire

EXCLUSIF / Les enseignants craignent de ne plus avoir leur mot à dire quant au choix des cahiers et des crayons qui seront utilisés en classe ou des sorties éducatives qu’ils feront avec leurs élèves. La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) constate des «dérives importantes» dans la préparation des listes scolaires pour septembre prochain.

«Les enseignantes et enseignants subissent actuellement des pressions pour choisir du matériel pédagogique uniforme et le moins coûteux possible pour les parents, sans tenir compte de l’approche pédagogique privilégiée ou de la qualité du matériel», déplore la FSE dans une lettre transmise au ministre de l’Éducation Sébastien Proulx le 23 mai, et dont Le Soleil a obtenu copie.

Cosignée par l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec (APEQ), la lettre critique «cette année de confusion et d’absence de consignes claires» en ce qui a trait au matériel qui peut être facturé aux parents. 

«Il y a des exagérations. Certains se font dire de préparer leurs propres cahiers d’exercices au lieu d’en faire acheter. J’ai des enseignantes de maternelle qui doivent expliquer exactement les bricolages qu’elles vont faire avec une boîte de 120 bâtons de popsicle. À un moment donné, c’est un contrôle qui brime l’autonomie professionnelle des enseignants», exprime Sylvie Théberge, vice-présidente de la FSE, en entrevue.

Pour ce qui est des sorties éducatives, la FSE soutient que moins de pièces de théâtre, de classes neige ou de classes vertes de fin d’années seront au menu en 2018-2019. «Le message qui a été lancé par un bon nombre de commissions scolaires, ayant comme trame de fond un recours collectif, est un appel démesuré à la retenue quant aux frais exigés des parents, sans pourtant offrir de solution de rechange», écrit la FSE.