Le capitaine Thomas McQueen était un pilote de talent qui avait terminé premier de sa cohorte.

Écrasement d'un CF-18 en 2016: erreur de pilotage

L’Aviation royale canadienne confirme que la mort d’un pilote de CF-18 du 401e Escadron d’appui tactique à la base albertaine de Cold Lake, le 28 novembre 2016, est due à une erreur de pilotage lors d’une manoeuvre à très basse altitude. Elle a donc modifié ses règles pour interdire l’entraînement au largage de bombes à moins de 1000 pieds.

Dans son rapport final rendu public vendredi, l’ARC révèle que son enquête a établi que l’appareil ne présentait pas de problème mécanique pouvant expliquer la tragédie qui a coûté la vie au capitaine Thomas McQueen, un pilote de 28 ans originaire d’Hamilton en Ontario. Il n’a pas été victime d’un malaise et n’était sous l’influence d’aucune drogue ou alcool.

Le capitaine McQueen, qui comptait 451 heures aux commandes d’un CF-18, s’entraînait à larguer des bombes inertes dans le polygone de tir situé au nord de la base de Cold Lake en compagnie d’un collègue, lorsqu’il a percuté le sol à près de 1000 kilomètres à l’heure.

Il venait tout juste de larguer une bombe à 420 pieds au-dessus du sol alors qu’il volait à près de 450 noeuds (835 km/h), et comme l’exigeait la manoeuvre, il devait dégager en faisant un virage à gauche à 90 degrés d’inclinaison comme s’il devait éviter d’être touché par les débris de la bombe. Son collègue qui le suivait deux miles derrière n’a pas vu la chute de l’avion, mais a aperçu une violente explosion avec sa vision périphérique. Il a tenté de joindre son collègue par radio puis a lancé un MAYDAY après avoir vu les débris fumants de l’aéronef.

Le CF-18 a été pulvérisé sous la force de l’impact et seules quelques pièces ont pu être récupérées. Une aile et une dérive de l’empennage étaient les plus gros morceaux.

Défaillance ?

Les enquêteurs ont entre autres étudié la possibilité qu’une défaillance des systèmes de contrôle de l’aéronef ait pu engendrer un roulis (virage) non désiré, comme cela était déjà survenu une fois en septembre 2009 en raison de mauvaises techniques de maintenance qui ont été corrigées depuis. Aucun autre incident n’étant survenu depuis lors, ils l’ont donc écartée.

Ils ont également songé que le pilote aurait pu être saisi d’un malaise (voile noir ou perte de conscience) en raison des forces gravitationnelles de 5G subies au moment du virage. À 5G, le pilote pèse cinq fois son poids et le sang quitte le cerveau pour descendre dans le bas du corps. Pour l’éviter, la combinaison anti-G comprime les cuisses et le bas du ventre et le pilote doit retenir son souffle et gonfler ses muscles inférieurs pour repousser le sang vers le haut. Mais les pilotes de CF-18 sont entraînés pour être capables de subir ces forces d’accélération et doivent d’ailleurs prouver leur capacité de le faire avant d’accéder au cockpit d’un chasseur.

Dans le cas du capitaine McQueen, qui devait se marier un mois après le drame, les données de vol ont prouvé qu’il n’était pas évanoui.

En fait, son virage à gauche a atteint 118 degrés au lieu de 90 et l’avion s’est alors mis à pointer vers le sol à un angle de 17 degrés. Le pilote a sans doute tenté de corriger la situation puisque l’avion a commencé à rouler vers la droite pour ramener son angle d’inclinaison à 30 degrés et son nez a commencé à remonter jusqu’à 10 degrés sous l’horizon, mais étant donné la vitesse de 445 noeuds et la proximité du sol à 420 pieds, il était déjà trop tard. Il ne s’est écoulé que sept secondes entre le début du virage vers la gauche et l’impact fatal.