Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Émilie Parisé
Émilie Parisé

Écouter son cœur

CHRONIQUE / Qu’est-ce qui te pousse à faire ça, Émilie ?

« Mon cœur. Des fois, il faut écouter son cœur », répond-elle.

Jadis — donc avant que cette pandémie nous tombe dessus — Émilie Parisé, 34 ans, était en affaires.

Son entreprise établie à Masson-Angers fabriquait des uniformes sur mesure pour les danseurs de compétition.

Tout allait bien jusqu’à ce que la menace du coronavirus stoppe net ses activités. En même temps qu’une bonne partie de l’économie mondiale…

« Des activités ont été annulées, puis les studios de danse ont fermé les uns après les autres, soupire-t-elle. Mon équipe au complet est sur le stand-by. Treize personnes en attente, en plein durant la haute saison ! »

« Comme la femme d’affaires en moi ne pouvait vaquer à ses activités habituelles, je me suis demandé ce que je pouvais faire pour aider les autres. »

Alors elle a fondé un groupe d’entraide. Ils sont huit. Des gens d’affaires, des retraités, des parents des secteurs Masson-Angers et Buckingham. Tous prêts à donner de leur temps de manière bénévole pour aider les gens isolés à la maison par le virus.

Son groupe vise particulièrement les personnes âgées, affaiblies par la maladie, anxieuses ou même atteintes par la COVID-19. Les gens isolés, qui n’ont pas souvent de la visite et qui souffrent de la solitude.

« Dans le fond, on se voit comme un service d’accompagnement. Nous offrons d’aller chercher l’épicerie, de faire les courses, ou même de discuter avec eux au téléphone. On veut leur montrer qu’ils ne sont pas seuls, que nous sommes là pour eux. »

« Oh, et on fait tout cela sans frais… et sans contact physique ! », tient-elle à préciser.

Si vous tombez sur quelqu’un en détresse ? Qui a besoin d’aide psychologique ou même médicale ?

« C’est une très bonne question. Nous en avons discuté entre nous. Notre façon de procéder, ce sera de les relayer à la bonne ressource et de s’assurer qu’on fasse un suivi avec cette personne-là », poursuit Émilie.

La jeune femme a contacté des épiciers et des pharmaciens du secteur de Masson-Angers et Buckingham.

Elle s’affaire à monter une base de données avec toutes les informations pertinentes pour sa clientèle.

« Notre objectif, en ce moment précis, c’est que tout soit en place si le virus frappe fort ».

Son initiative, qu’elle a publicisée via les médias sociaux, suscite un certain intérêt.

« Des gens nous écrivent d’Aylmer, Cantley et Hull pour participer à notre effort. C’est vraiment beau à voir. Si notre initiative peut juste convaincre des gens de regarder autour d’eux, de les inciter à vérifier si un voisin ne peut pas se déplacer à l’épicerie, ce sera déjà ça ! »

Pour l’instant le groupe d’entraide s’appelle comme ça : groupe d’entraide.

Il est possible de le joindre via la paroisse de l’Ange-Gardien au 819 986-3219 ou secretariat@paroisseangegardien.com

Puisqu’on parle de livraison de sacs d’épicerie…

Une dame du secteur Aylmer, Marie Brodeur, revient d’une croisière de trois semaines avec son mari. Bien au fait des consignes, le couple s’est placé en quarantaine dès son retour. Jusqu’à maintenant, tout va bien, ils n’ont pas de symptômes de la COVID-19.

« J’ai cependant une petite suggestion pour vous, m’écrit-elle. Est-ce que ce serait possible de dire à vos fidèles lecteurs qui peuvent encore sortir de ne pas se prévaloir de l’épicerie en ligne? Pour nous, c’est vital. J’ai commandé mercredi et je ne recevrai mon épicerie que lundi. Et encore, il manquera probablement des articles. Si on ne laisse pas ce service aux gens isolés, ceux-ci vont sortir et possiblement transmettre le virus. »

Voilà, avis à tous !