Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Écoles: les tests de ventilation plus poussés sont commencés en Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Article réservé aux abonnés
La deuxième série de tests de ventilation, qui doit être complétée d'ici le 22 mars, à la demande de Québec, a commencé ces derniers jours dans les classes des écoles de l'Outaouais. Les résultats de l'exercice, qui vise l'ensemble des immeubles et s'étalera sur environ huit semaines, sont attendus avec impatience par certains.

L'opération doit se dérouler selon des critères très précis établis par le ministère de l'Éducation. Pour chaque immeuble, des mesures de dioxyde de carbone (CO2) doivent être prises dans quatre à dix classes. Ces dernières doivent être représentatives de l'ensemble des lieux (différents niveaux scolaires, étages, orientations par rapport au vent, etc) et l'échantillonnage doit dans la mesure du possible être effectué en matinée ainsi qu'en après-midi.

Pour les locaux ventilés mécaniquement, il est exigé qu'une première mesure soit prise avant le début des cours, alors qu'il n'y a aucun occupant dans la classe; alors que la deuxième doit être prise au plus tôt 20 minutes après le début des cours ou idéalement au milieu de la période. Quant à la troisième mesure, elle doit être prise cinq minutes avant la fin du cours.

Dans le cas des écoles ou locaux ventilés naturellement, la procédure est la même pour la première et la seconde mesure, mais le ministère indique que si les fenêtres étaient fermées au moment de la deuxième lecture, il faut alors les ouvrir et patienter 20 minutes avant d'effectuer la troisième mesure, qui doit aussi être réalisée avant la fin du cours. Si les conditions extérieures empêchent l'ouverture des fenêtres, une lecture du taux de CO2, de l'humidité relative et de la température ambiante est quand même exigée.

Rappelons que le seuil maximal établi par Québec pour la concentration de CO2 dans l'air des locaux est de 1000 parties par million (ppm).

Dans la région, le Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO) prévoit avoir complété d'ici la fin de la semaine les tests dans 12 de ses édifices, dont la moitié sont dotés d'un système de ventilation naturelle. Il prévoit par la suite en effectuer dans 20 autres au cours du mois de février, avant de compléter l'opération d'ici le 15 mars avec les dix bâtiments restants. Quatre locaux par établissement seront analysés, dit-on.

Au CSSPO, 98% des échantillons prélevés lors de la première série de tests en décembre ont révélé une concentration de CO2 inférieure à la norme de 1000 parties par million (ppm). Les mesures variaient alors entre 400 et 1196 ppm.

Du côté du Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), l'échantillonnage s'est amorcé le 20 janvier. La qualité de l'air de quatre à six classes sera testée dans les écoles primaires, alors que l'objectif est de dix locaux pour les écoles secondaires et de six pour les écoles pour adultes. 

«Nous vous rappelons l’importance, pour les établissements qui sont ventilés naturellement, d’ouvrir plusieurs fenêtres et les portes de classe régulièrement, et ce, dès maintenant», a indiqué le Service des ressources matérielles dans une note de service acheminée aux directions d'école.

Pour cette organisation, 77% des échantillons prélevés lors de la première vague de tests ont révélé une concentration de CO2 inférieure à la norme de 1000 parties par million (ppm). Les mesures variaient alors entre 407 et 1611 ppm. Ce taux, mesuré à l'école polyvalente de l'Érablière, nécessitait des correctifs rapides.

L'exercice a débuté le 19 janvier au Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV) et de deux à quatre édifices feront l'objet d'analyses chaque semaine jusqu'à la mi-mars, mais on précise que l'échéancier pourrait être devancé.

L'école secondaire Louis-Joseph-Papineau

«Les locaux qui risquent d’être plus problématiques sont ciblés (locaux sans fenêtre ou ventilation naturelle difficile), et nous débutons par les écoles où se trouvent ces locaux. L’ordre dans lequel les autres écoles ont été placées a été établi en fonction du niveau de risque de dépasser le seuil de 1000 ppm (facilité à ventiler les locaux naturellement, âge du bâtiment, milieu urbain ou rural, usage de l’école, emplacement géographique de l’établissement)», écrit la directrice du Service des ressources matérielles, Annie Damphousse.

Au nombre des écoles où des locaux plus problématiques pourraient se retrouver, notons les écoles Saint-Coeur-de-Marie (Ripon), Monseigneur-Charbonneau (Gatineau), Ste-Famille / aux Trois-Chemins (Thurso), Louis-Joseph Papineau (Papineauville), Saint-Laurent (Gatineau) et du Boisé (Gatineau).

À l'automne, 86% des tests effectués au CSSCV respectaient la norme provinciale.

De leur côté, les établissements privés effectueront aussi ces tests. Par exemple, le Collège Saint-Alexandre de la Gatineau indique qu'une firme spécialisée a été embauchée pour effectuer cet examen dans les semaines à venir.

À l'échelle provinciale, l'automne dernier, 1369 classes avaient été scrutées à la loupe dans 330 écoles. Le taux moyen de CO2 détecté lors de ces analyses était de 804 ppm, un résultat que le gouvernement juge satisfaisant. Selon les exigences établies par le ministère, les correctifs doivent être faits dans les meilleurs délais lorsque le taux varie entre 1000 et 1500 ppm, alors qu'ils doivent être mis en place rapidement (un mois) si la taux se situe entre 1500 et 2000 ppm. S'il excède le cap des 2000 ppm, les correctifs doivent être immédiats (dans la semaine qui suit) et les élèves pourraient être déplacés.

La semaine dernière, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), à laquelle est entre autres affiliée le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO), a qualifié le plan de Québec «d'incohérent et insuffisant», ajoutant que l'échéancier doit être accéléré pour la réalisation des tests et que le seuil critique de concentration de CO2 dans l'air des classes doit être revu à la baisse.

Le SEO a précisé au Droit qu'il souhaite que les centres de services scolaires fassent preuve d'ouverture et de souplesse afin d'effectuer des tests dans des locaux qui n'ont pas nécessairement été ciblés au départ, question de rassurer les gens qui y travaillent au quotidien.