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Selon le porte-parole Bryan St-Louis, la décision d’offrir les services éducatifs selon un mode hybride seulement aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaire a été prise «en raison du niveau d’autonomie plus élevé des élèves de ces niveaux».
Selon le porte-parole Bryan St-Louis, la décision d’offrir les services éducatifs selon un mode hybride seulement aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaire a été prise «en raison du niveau d’autonomie plus élevé des élèves de ces niveaux».

École à distance et demi-classes: Québec reste sur ses positions

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
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Le gouvernement Legault n’a pas l’intention de réduire la taille des classes, de rendre facultative l’école à distance ou encore d’étendre aux élèves de 1ère et 2e secondaire la formule hybride alternant enseignement à distance et enseignement en classe afin de diminuer le risque de transmission de la COVID-19 dans les écoles. Explications (partielles) du ministère de l’Éducation.

Au Québec, les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire des zones rouges sont en classe en alternance, soit un jour sur deux. Mais ils le sont en groupe complet et non en demi-groupe, comme le recommandaient l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Nous avons demandé au ministère de l’Éducation pourquoi la formule alliant enseignement en classe et enseignement à distance n’était pas offerte aux élèves de 1ère et 2e secondaire, qui ont fait l’école à la maison juste avant le congé des Fêtes et qui la font encore cette semaine.

Selon le porte-parole Bryan St-Louis, la décision d’offrir les services éducatifs selon un mode hybride seulement aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaire a été prise «en raison du niveau d’autonomie plus élevé des élèves de ces niveaux».

«Le retour en classe en présentiel revêt un caractère essentiel, car il permet de mieux rejoindre tous les élèves, particulièrement les plus vulnérables, pour leur offrir des services éducatifs, incluant des services complémentaires, répondant à leurs besoins», écrit M. St-Louis dans un courriel transmis au Soleil.

Le porte-parole du ministère ajoute que «la mission de l’école est non seulement d’instruire et de qualifier, mais également de “socialiser”, ce qui est plus efficient en présentiel».

Nous avons aussi demandé au ministère de l’Éducation pourquoi il ne permettait pas aux élèves qui le peuvent et le veulent de faire leurs apprentissages à distance, ce qui permettrait de diminuer le nombre d’élèves par classe et, partant, le risque de transmission du virus, mais nous n’avons pas eu de réponse.      


« La mission de l’école est non seulement d’instruire et de qualifier, mais également de “socialiser”, ce qui est plus efficient en présentiel »
Bryan St-Louis, porte-parole pour le ministère de l’Éducation


En Ontario, où on vient de prolonger la fermeture des écoles élémentaires et secondaires situées dans les zones chaudes au moins jusqu’au 10 février afin d’écraser la deuxième vague de COVID-19, la présence physique en classe est facultative en période de pandémie, les conseils scolaires fournissant une formation à distance à tous ceux qui restent à la maison.

Au Nouveau-Brunswick, les enseignants de la 9e à la 12e année livrent leurs cours à deux groupes d’élèves en même temps. La moitié de la classe est présente physiquement pendant que l’autre fait ses apprentissages à la maison, le tout en alternance.

En entrevue à Radio-Canada, cet automne, le directeur responsable de l’enfance et de l’adolescence à l’OMS, le Dr Anshu Banerjee, avait recommandé de limiter le nombre d’élèves par classe. «S’ils sont 30 élèves ensemble et que la salle est petite, ils seront encore à risque de s’infecter les uns les autres, et ça, on veut l’éviter», avait-il exposé.

Cette position endossée par l’INSPQ a été réitérée au Soleil mardi par le Dr Stéphane Perron, médecin-conseil pour l’organisme. «Ce serait mieux d’avoir dans les classes secondaires 15 étudiants une journée et 15 l’autre, plutôt que 30 une journée et 0 l’autre», a-t-il dit.

Le ministère de l’Éducation n’a pas été en mesure de nous expliquer cette semaine pourquoi les recommandations de l’INSPQ n’ont pas été suivies. 

En novembre, le premier ministre François Legault avait affirmé qu’il était «impossible» de réduire la taille des classes. «Si demain matin, on réduit la taille des classes de moitié, ça nous prend deux fois plus de classes et deux fois plus d’enseignants», avait-il expliqué aux partis de l’opposition qui critiquaient son gouvernement pour avoir fait fi des recommandations de l’INSPQ.

Où sont les 432 millions $?

Le Soleil a par ailleurs demandé lundi au ministère de l’Éducation comment il comptait dépenser les 432 M$ du fonds fédéral destinés à soutenir les écoles du Québec dans le contexte de la rentrée scolaire en temps de pandémie. Un premier versement a été fait à la rentrée, alors que le second était attendu pour le début de l’année 2021.

La seule réponse obtenue jusqu’à maintenant est celle-ci: «Le Québec utilise sa juste part de l’ensemble des fonds qui lui sont transférés pour appuyer ses propres priorités visant à maintenir un environnement sain et sécuritaire dans les écoles québécoises au cours de l’année scolaire 2020-2021, finançant ainsi des initiatives déjà planifiées ou de nouvelles initiatives. Le ministre a fait l’annonce le 26 septembre 2020 de nouvelles initiatives sont incontournables pour un montant total de 85 M$ pour répondre aux mesures sanitaires et soutenir la réussite des jeunes dans un contexte de retour en classe après un arrêt prolongé», écrit le porte-parole Bryan St-Louis.

M. St-Louis ajoute que «des sommes supplémentaires avaient aussi été annoncées au réseau pour les frais liés à la COVID-19, notamment pour assurer la cohérence des actions du réseau scolaire avec les recommandations de l’INSPQ».

Le Soleil attendait toujours vendredi des précisions sur le plan du ministère, sur la ventilation des dépenses qui ont été faites jusqu’à maintenant et sur celles qu’il prévoit faire.