L'Outaouais a reçu la note D dans le bulletin du Collectif régional de lutte à l'itinérance, soit un léger recul par rapport à l'an dernier.

Dure lutte à l'itinérance

Avec près d'un millier de personnes ayant eu recours à de l'hébergement d'urgence et plus de 138 000 repas servis par des organismes d'aide alimentaire en 2016, l'Outaouais obtient un D dans le plus récent bulletin Noir sur blanc du Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO).
La 9e édition de ce bulletin dénote un «recul léger» de la situation, estime le CRIO, qui avait accordé la pire note - un E - en 2015. L'organisme déplore notamment un manque de financement, de même qu'un alourdissement du processus de reddition de compte envers les instances gouvernementales.
«Les mesures d'austérité et le désengagement des différents paliers gouvernementaux, ça affecte l'engrenage où les personnes qui vivent une situation de fragilité ou de marginalité finissent par tomber entre les mailles du filet, a souligner le coordonnateur du CRIO, Alexandre Ranger. À force de défaire le filet social, il y a de plus en plus de gros trous. [...] C'est difficile d'aider des personnes qui sont en grand besoin quand nous-mêmes on a de la misère à avoir une équipe qui peut se concentrer sur son travail.»
Les statistiques présentées par le CRIO sont peu reluisantes. Les ressources d'hébergement d'urgence de la région ont accueilli 937 personnes en 2016. 
Au chapitre de l'aide alimentaire, 138 052 repas ont été servis, une hausse de 17 % par rapport à 2015. Et le Centre alimentaire d'Aylmer «a été obligé de cesser de service des repas depuis le 31 mars 2016 faute de financement suffisante», déplore le CRIO en précisant que «la demande y était toujours».
Des problèmes d'arrimage entre le réseau public et les organismes sont aussi observés, affirme le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais, Yves Séguin. Ce peut être le cas lorsque des personnes sortent de détention ou d'une unité de soins psychiatriques, a-t-il donné en exemple. Les organismes sont alors surchargés et ne peuvent répondre aux besoins de personnes dans l'immédiat, dénonce M. Séguin.