Les Québécois fuient les urgences. En ce début de pandémie de COVID-19, le taux d’occupation dépasse la barre des 100% dans une poignée d’hôpitaux seulement.
Les Québécois fuient les urgences. En ce début de pandémie de COVID-19, le taux d’occupation dépasse la barre des 100% dans une poignée d’hôpitaux seulement.

Du répit dans les urgences du Québec

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Les Québécois fuient les urgences. En ce début de pandémie de COVID-19, le taux d’occupation dépasse la barre des 100% dans une poignée d’hôpitaux seulement.

Les données du ministère de la Santé sont révélatrices. En date de vendredi, à midi, le taux d’occupation des civières était supérieur à 100% dans à peine cinq des 116 salles d’urgence de la province, un scénario exceptionnel.

Les cinq urgences où le taux dépassait 100% sont situées à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal (102%), à l’Hôtel-Dieu de Québec (107%), à l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie à Shawinigan (111%), à l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal (125%) et à l’Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield (141%).

Au même moment, la zone des civières était complètement vide dans quinze urgences de la province. C’était par exemple le cas du Centre hospitalier du Haut-Saint-Maurice (sept civières), à l’Hôpital de Baie-Saint-Paul (huit civières), et à l’Hôpital du Pontiac (quatre civières).

Avant le début de la crise de la COVID-19, il n’était pas rare de voir le taux d’occupation des civières frôler ou même dépasser les 200% dans certaines urgences. Ce fut entre autres le cas il y a quelques semaines seulement à l’Hôpital de Hull.

Au ministère de la Santé, on indique qu’«il est évident que la consigne de rester à la maison le plus possible et de retarder tout ce qui n’est pas urgent dans nos vies est bien suivie par les Québécois pour le moment». «Cette petite bouffée d’air frais aux urgences permet évidemment au personnel médical (nos anges gardiens comme disait le premier ministre) de mettre l’essentiel de ses énergies sur le combat contre la COVID-19, a indiqué un porte-parole du ministère, Robert Maranda. Il ne faut par contre pas baisser les bras et nous demandons aux Québécois de continuer leur excellente collaboration.»

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie, on souligne que la baisse de l’achalandage peut aussi s’expliquer «par la mobilisation de l’ensemble des médecins du réseau, à l’hôpital et dans les cliniques, pour soutenir les personnes qui sont en isolement et qui ont des besoins médicaux semi-urgents».

AMBULANCES

Un scénario similaire est observé du côté de la demande pour des transports en ambulance.

La Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ), qui couvre notamment le territoire de la Capitale-Nationale et le Saguenay, rapporte une diminution de nombre d’appels depuis mardi.

Le directeur régional de la CTAQ pour le Saguenay, Éric Fortin, constate une baisse significative. Il y a normalement de 45 à 50 appels sur une base quotidienne, un nombre qui se situe entre 25 et 30 depuis quelques jours. Cette situation s’explique notamment par la diminution du nombre d’accidents sur la route ou en contexte sportif, conséquence directe des mesures gouvernementales visant à limiter la propagation de la COVID-19.

Tout en soulignant qu’«il serait hasardeux de tirer une conclusion à ce moment-ci», le directeur des communications de la CTAQ, David Lemelin, estime que la baisse observée démontre «que les gens suivent fort bien les consignes du gouvernement».

Du côté de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO), les interventions sont aussi moins nombreuses. Pour la journée du 18 mars, la CPO a répondu à 68 appels, ce qui représente une baisse de 48% par rapport au nombre moyen de 129 appels pour un mercredi.

L’entreprise Dessercom, présente dans plusieurs régions du Québec, estime pour sa part qu’il y a une baisse globale de 10 à 15% de la demande.

Avec la collaboration du Soleil, de La Tribune, de La Voix de l’Est et du Quotidien.