« Il y a 15 ans, tu pouvais entrer dans un CLSC, demander à voir un psychologue et tu avais un rendez-vous dans les jours qui suivaient. Aujourd'hui, c'est 18 mois d'attente. Un an et demi d'attente pour voir un psychologue. Celui qui en a vraiment besoin ne se rendra pas là. Il va sombrer. Tomber en crise et finir à l'urgence où on va le bourrer de pilules. »

Droit-Accès Outaouais dresse un bilan positif

Droit-Accès Outaouais a rendu public hier son rapport sur le projet pilote de campement pour personnes itinérantes, près du ruisseau de la Brasserie.
L'organisme de défense des droits des personnes marginalisées dresse un portrait relativement positif de la situation. Certains débordements ont eu lieu, la consommation de drogues fait toujours partie du quotidien sur le site, mais les choses se sont mieux passées qu'à l'été 2013, peut-on lire dans le rapport.
«Les personnes qui sont là ne sont pas parfaites. C'est que si on voulait que ça se passe comme dans le salon de thé du premier ministre, c'est un échec», illustre le directeur de Droit-Accès Outaouais, Daniel St-Jean.
Ce dernier estime qu'il faut d'abord et avant tout se réjouir d'observer une réduction des méfaits. Dans le rapport de son organisme, on souligne que les campeurs ont priorisé la survie du projet et mis de côté certaines habitudes inappropriées.
Par exemple, le choc craint entre le campement et la «taverne de Moe» n'a pas eu lieu. Bien avant que des sans-abri décident de s'installer près du ruisseau de la Brasserie, la «taverne de Moe» avait pris forme.
Il s'agit d'un surnom donné à ce lieu de rassemblement - entre le jardin communautaire et le Gîte Ami -, une forme de club social pour personnes marginalisées où drogue et alcool étaient consommés. Les intervenants craignaient des affrontements entre les campeurs, qui sont loin d'être tous des consommateurs de drogues. Or, cette crainte ne s'est pas concrétisée.
«Contrairement à ce que nous aurions pu croire, ces deux groupes ont rapidement su s'adapter l'un à l'autre. [...] Les usagers de la taverne ont vite compris qu'ils avaient avantage à modérer leurs transports après 23h, ainsi qu'à ne pas entraver la sécurité et la bonne marche de leurs voisins du boisé», peut-on lire dans le rapport.
Selon M. St-Jean, les résultats obtenus démontrent que l'initiative du campement mérite une deuxième chance. La Ville de Gatineau doit prendre une décision sur la question au printemps 2015.