À la résidence du Bel Âge, dans le secteur Buckingham, comme dans bien d'autres résidences pour aînés, le drame de L'Isle-Verte a frappé l'imaginaire.

Drame à L'Isle-Verte: onde de choc chez les aînés

La tragédie de L'Isle-Verte cause une onde de choc chez les aînés, même ceux qui vivent dans des résidences dotées des plus récents équipements de protection contre les incendies.
C'est le cas à la résidence du Bel Âge, dans le secteur Buckingham, à Gatineau, un édifice comportant une section pour les personnes autonomes et une autre pour celles qui ont perdu une partie de leur autonomie. Ouverte en juin dernier, la résidence est équipée de dizaines de gicleurs, de murs coupe-feu et de nombreuses sorties de secours.
Lorsqu'il a entendu parler de l'incendie de L'Isle-Verte, Henri Lajoie, 82 ans, n'a pu s'empêcher de penser à ce qu'il ferait en cas d'incendie. «Je vis au quatrième étage, et je regardais mon balcon en me disant que ça m'obligerait à sauter de haut, s'il fallait que je m'échappe de mon appartement. Il y a de la neige au sol, mais je ne crois pas que ce soit suffisant pour amortir ma chute.»
Une autre résidente s'inquiète pour certains de ses voisins qui vivent aux deuxième, troisième et quatrième étages, et qui ne sont plus très mobiles. En cas d'incendie, ils n'auraient pas le temps de fuir et de descendre les escaliers, croit-elle, car les ascenseurs cessent de fonctionner lorsqu'un incendie se déclare. «J'ai une amie dont la mère habite au 21e étage d'un édifice, à Montréal. Si le feu prend et que les ascenseurs sont bloqués, elle ne pourra pas faire grand-chose», avance Judith Larocque.
Pour sa part, Margot Lajeunesse croit que chacun suit son destin. «Je ne suis pas inquiète, car quand ton heure est arrivée, tu ne peux pas y échapper, dit-elle. À L'Isle-Verte, il y a des gens qui s'en sont quand même tirés et d'autres qui sont morts.»
Claude Beaudin, lui, a fait le tour de l'édifice jeudi pour s'assurer que tous les équipements d'urgence étaient en place. «C'est neuf ici et tout est conforme aux normes, mais c'était plus fort que moi. Après avoir appris la nouvelle de l'incendie de L'Isle-Verte, j'ai tout vérifié. Après, nous avions une réunion du conseil d'administration où nous avons longuement discuté du plan d'urgence.»
La résidence du Bel Âge a un plan d'évacuation et les responsables doivent sous peu organiser un exercice d'évacuation. «Nous ne l'avons pas encore fait, car la résidence a moins d'un an, mais nous en discutions justement vendredi et nous prévoyons tenir cet exercice au cours des prochaines semaines», explique Clément Naud, un résident de 77 ans qui veille au bien-être de ses voisins en patrouillant dans les deux sections de l'édifice.