Cinq jours après la tragédie, la famille de la fillette décédée mardi dernier a retiré les quelque 1700 peluches déposées devant la maison où le drame s’est produit.

Drame à Granby: 1700 preuves d'amour pour la fillette décédée

Le lieu de commémoration érigé en mémoire de la fillette décédée mardi dernier, à Granby, est chose du passé. Cinq jours après la tragédie, la famille a décidé de prendre les quelque 1700 peluches déposées devant la maison où le drame s’est produit, et de les remettre à une fondation dont le choix final n’était pas encore arrêté, dimanche soir.

« On va les donner à des enfants malades. On n’est pas encore décidé si on les envoie au CHUS, à Enfant Soleil ou à Sainte-Justine », note l’oncle de la fillette.

À la suite d’un commun accord entre la famille et les voisins, les peluches ont été retirées dimanche soir. « Ils veulent retrouver leur vie tranquille. C’est dur pour eux tout le trafic dans le quartier. Je les comprends et je ne leur en veux pas », tient à préciser l’oncle.

De nombreux visiteurs

Les visiteurs étaient encore nombreux, dimanche matin, à venir se recueillir devant le mémorial improvisé dans ce quartier tranquille de Granby.

« Sorel, Repentigny... il y a eu des gens de partout qui sont venus se recueillir ici cette semaine », témoigne l’un des copropriétaires de la maison où le drame s’est produit. L’homme qui peine à cacher son émotion est demeuré sur les lieux depuis mardi.

« Samedi, je suis resté devant la maison de 7 h à 11 h 30 le soir », confie-t-il.

Au passage de La Voix de l’Est, peu avant 11 h dimanche, encore une dizaine de personnes se tenaient respectueusement en silence près de la tente installée sur le site par un voisin afin de protéger les peluches et les fleurs offertes par compassion.

« C’était plus fort que moi, je devais venir ici pour me recueillir », confie Nicole, une résidente de Longueuil qui a fait le chemin avec son conjoint pour l’occasion.

Comme bien des citoyens sur place, Nicole est impatiente d’obtenir des réponses à ses interrogations. « C’est terrible à dire, mais j’espère que cet ange-là n’est pas mort pour rien et que ce drame fera bouger les choses », ajoute-t-elle sans détourner les yeux de l’amas de toutous.

À quelques pas, Aimé et Denise Fecteau s’apprêtaient à quitter les lieux pour une troisième et dernière fois. « Nous sommes venus mercredi matin aussitôt que nous avons trouvé l’emplacement. Je suis arrière-grand-père et ça vient me toucher particulièrement », explique M. Fecteau.

« À chaque fois, l’émotion est là. Au moins, on sent que les gens se sont mobilisés », ajoute sa conjointe.