Le ministre du travail de l’Ontario, Kevin Flynn, était de passage à Ottawa mercredi.

Dix congés d’urgence personnelle par an

Dix jours de congé d’urgence personnelle par an dont deux rémunérés, voilà ce à quoi tous les travailleurs de l’Ontario auront droit si le projet de loi 148 du gouvernement Wynne est adopté d’ici l’hiver.

De passage à Ottawa mercredi, le ministre du Travail Kevin Flynn a indiqué qu’une telle initiative s’imposait car « les temps ont beaucoup changé », les réalités des travailleurs d’aujourd’hui n’étant plus les mêmes que dans les années 1990 ou auparavant. Selon les normes actuelles, les congés d’urgence personnelle ne s’appliquent qu’aux milieux de travail où l’on dénombre 50 employés ou plus. 

« Ces règles ont vraiment été écrites à une autre époque. En 2017, la réalité est assez différente. Quand on aborde les jeunes travailleurs, ils nous parlent de travail à temps partiel ou à contrat, d’emplois temporaires, etc. Ils nous parlent aussi de postuler de nouveau chaque année pour le même emploi. La sécurité que l’on avait pendant des générations, celle par exemple qui nous permettait de tout simplement aller à la banque et de contracter une hypothèque pour une maison, elle n’est plus la même en raison de la précarité de l’emploi », a lancé le ministre Flynn lors d’un point de presse tenu au Centre de santé communautaire Somerset Ouest.

Un autre volet de la Loi de 2017 pour l’équité en milieu de travail et de meilleurs emplois interdira aux employeurs d’exiger un certificat médical à quiconque souhaitera se prévaloir d’un tel congé. 

« La vaste majorité des employeurs sont décents et adhèrent au fait que si leurs employés sont engagés et en bonne santé, autant physique que mentale, c’est gagnant pour eux. [...] Mais on a aussi réalisé que des gens se sentent forcés de mentir à leurs patrons, par exemple en préférant dire qu’eux-mêmes sont malades plutôt que de dire qu’il s’agit de leur enfant. Si quelque chose de très important se passe dans leur famille, ils se trouvent d’autres excuses », a dit M. Flynn. 

Dans le même ordre d’idées, un travailleur aura la possibilité, sans crainte d’être congédié, de prendre jusqu’à quatre mois (17 semaines) de congé non payé si lui-même ou son enfant est victime de violence familiale ou sexuelle, ou encore est menacé d’en subir. 

Si les modifications législatives sont adoptées à Queen’s Park ; les néo-démocrates ayant déjà signifié qu’ils appuieraient le projet de loi ; elles entreront en vigueur dès le 1er janvier prochain.

Rappelons que l’Ontario prévoit aussi hausser le salaire minimum, le faisant passer à 14 $ l’heure en janvier prochain puis à 15 $ en 2019. Il sera ensuite augmenté chaque année selon le taux d’inflation.