Don Boudria
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«Dion doit rester, point», dit Boudria

Louis Lafortune
Louis Lafortune
Le Droit
Les couteaux sont sortis et son leadership est remis en question, mais le chef libéral Stéphane Dion doit demeurer en poste, selon Don Boudria, ex-ministre et militant de longue date du parti.
Les rumeurs de démission se sont intensifiées au cours des derniers jours, mais elles ont été jusqu'à maintenant démenties. Les médias de la Colline parlementaire ont toutefois reçu, vendredi après-midi, une convocation pour une conférence de presse de M. Dion, lundi.
Don Boudria, qui a présidé la campagne au leadership de Stéphane Dion, croit que le chef libéral n'a pas à partir.
«Stéphane Dion est un candidat de taille à la chefferie du Parti libéral. On n'a pas gagné, et ce n'est pas la première qu'on ne gagne pas. Je ne vois pas pourquoi on changerait de chef.»
Il rappelle que John Turner a subi une cuisante défaite face au conservateur Brian Mulroney en 1984. Le nombre de sièges des libéraux aux Communes est passé de 157 à 40.
«J'ai été élu en 1984, en même temps que mon chef John Turner, qui a perdu le trois quart de ses sièges. Et il est resté six ans après cela. Donc, si M. Turner a pu rester après avoir perdu le trois quart des comtés, je demande rhétoriquement, 'Pourquoi Stéphane Dion doit-il se prononcer sur son avenir, six minutes après avoir un quart de ses comtés?' C'est absurde. Il en perdu un quart et l'autre en a perdu trois quart.»
Selon Don Boudria, les seuls gestes à prendre pour M. Dion est de demeurer à la direction, discuter avec ses députés, et assigner les rôles de critiques.
Les militants risquent-ils de s'entre-déchirer si M. Dion reste ? «Pas moi, en tout cas, répond M. Boudria. La solution n'est pas pour un chef de partir au cas où il y aurait des couteaux qui sortent. S'il y a des gens avec des couteaux, qu'ils aillent ailleurs. M. Dion doit rester, point.»
Déçu pour son fils
D'autre part, M. Boudria s'est dit déçu pour son fils Dan, qui a tenté en vain de se faire élire, tout comme son père, dans la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell. Dan Boudria a perdu contre le conservateur sortant, Pierre Lemieux.
Don Boudria attribue la défaite de son fils au Tournant vert. Il souligne que les libéraux n'ont gagné aucune nouvelle circonscription agricole au pays. «Le Tournant vert a très mal passé en milieu rural. Par exemple, Dan a gagné haut la main dans Hawkesbury et Rockland. Mais en milieu rural, ç'a été un désastre.»
Pierre Lemieux a tapé sur le même clou auprès des nombreux agriculteurs de l'Est ontarien en leur parlant de l'impact du plan vert sur le prix du diesel et de l'essence.
Selon Don Boudria, les conservateurs ont ainsi réussi à convaincre la population que ce programme environnemental se résumait une augmentation taxe. «Bien sûr, ç'a n'a pas d'allure. Le Parti conservateur qui s'acharnait à appeler ça une taxe sur le carbone. L'élection est passée et le dommage est fait.»