La ministre Stéphanie Vallée et le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin ont fait le point, jeudi.

D'importantes précipitations en vue

Alors que « les prévisions pour les prochains jours ne sont absolument pas positives », le gouvernement du Québec a conclu une entente avec la Croix-Rouge pour assurer la prise en charge des évacués au-delà de la période habituelle de 72 heures, soit jusqu'à ce qu'ils puissent réintégrer leur domicile.
La journée de jeudi aura donné un certain répit aux équipes municipales sur le territoire gatinois, du moins au niveau du rythme. « Ça a été en quelque sorte une bonne journée parce que les niveaux sont restés stables, ce qui nous a permis de gérer la situation de façon graduelle, a indiqué en fin de journée le maire, Maxime Pedneaud-Jobin. [...] Ça, c'était l'aspect positif, par contre les prévisions pour les prochains jours ne sont absolument pas positives. On s'attend à entre 50 et 70 millimètres de précipitations, ce qui va avoir un impact direct sur les niveaux de l'eau, donc on pense qu'il y a de nouveaux secteurs qui pourraient être affectés, je pense à Aylmer, le long de la rivière. »
Les prévisions de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais évoquent une pointe du niveau de l'eau pour lundi à Gatineau. À la hauteur de la marina de Hull, le niveau de la rivière des Outaouais pourrait grimper de 39 centimètres, d'ici lundi, par rapport à celui enregistré jeudi après-midi. Il faudra attendre « des jours ou même des semaines » avant que l'eau ne se retire complètement, a indiqué le maire de Gatineau. Jeudi après-midi, 240 personnes avaient été évacuées sur une base volontaire. Du lot, 176 sinistrés ont été pris en charge par la Croix-Rouge. « On a une dizaine de rues qui sont maintenant fermées, même aux véhicules d'urgence », a fait savoir M. Pedneaud-Jobin.
La Ville « n'exclut pas du tout » la possibilité de déclarer l'état d'urgence, mais ce n'est pas le plan actuel, a précisé le maire.
Présente au bilan présenté jeudi par les autorités municipales, la ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, a annoncé que les évacués auront désormais droit à une plus longue période de prise en charge que les 72 heures habituelles.
« La prise en charge interviendra à partir du jour 1 - c'est-à-dire à partir du moment où on quitte la maison - jusqu'à ce qu'on revienne à la maison, a expliqué la ministre. [...] C'est pour aider au niveau des nécessités de base, donc on parle de l'hébergement, de la nourriture et des effets comme l'habillement. »
Bien que les évacuations demeurent volontaires pour l'instant, Mme Vallée a demandé aux citoyens concernés de considérer sérieusement cette possibilité. 
« La prise en charge, elle est là, elle est totale, alors à partir du moment où vous résidez dans un secteur qui est gravement touché, ne vous acharnez pas, sortez de la maison. C'est pour votre sécurité, c'est pour votre bien. »
Les bras supplémentaires sont par ailleurs désormais les bienvenus dans les zones sinistrées pour aider à remplir des sacs de sable, a indiqué le maire Pedneaud-Jobin. Les personnes qui souhaitent offrir de leur temps doivent s'inscrire en composant le 3-1-1. 
« Si on procède comme ça, c'est parce qu'on ne veut pas un afflux de bénévoles, à un endroit ou un autre, qu'on n'est pas capable d'encadrer. »
Une diminution de la «production d'eaux usées» est également demandée près des zones inondées - par exemple en prenant une douche plutôt qu'un bain - afin de limiter les débordements qui commencent à apparaître.