Les constructions de Dasken Enterprises en 1972

L'affaire Dasken

Certains se rappelleront d’un événement majeur qui, en 1970, est venu bouleverser la vie des résidents des Jardins Taché lorsque Dasken Enterprises a fait l’acquisition de terrains situés le long de la rue Saint-François.

La firme avait l’intention d’y construire, pas deux, pas trois, mais bien six tours (quatre de 10 étages et deux de 16 étages). Cependant, dans les années 1960, la Ville avait adopté, à la demande des résidents du quartier, un règlement de zonage interdisant les constructions en hauteur à cet endroit.

Une lutte juridique s’ensuivit et en 1971, un groupe de citoyens qui s’opposait au projet a eu gain de cause en Cour suprême. Le plus haut tribunal du pays jugeait que le règlement de zonage ne permettait pas la délivrance des permis accordés à Dasken et révoqua du même coup ces permis, en plus d’ordonner la démolition de ce qui avait été construit, et ce, aux frais du promoteur.

Un jugement que la Ville n’accepta pas. La Ville tentera de changer le zonage par elle-même, en vain, d’abord par un sondage populaire qui fut jugé illégal, puis par un référendum en 1972. Ce dernier a été remporté par les résidents. Le zonage du quartier n’allait pas être changé.

Dasken ayant déclaré faillite, ce sont finalement les membres de l’Association des propriétaires des Jardins Taché qui ont fait démolir les constructions, et ce, en partie à leurs frais.

Aujourd'hui, une oeuvre d'art intitulée Enfin le soleil a été aménagée sur les terrains du parc Sainte-Thérèse, soit là où se trouvaient les constructions démolies. L'oeuvre symbolise la victoire des résidents contre les promoteurs.

L'oeuvre «Enfin le soleil» de Luc Paris, au parc Sainte-Thérèse aujourd'hui

Écrivez-nous

Tous les lundis, Le Droit vous propose un clin d’œil sur l’histoire de notre magnifique région. Par la juxtaposition d’une image du passé et d’un cliché actuel, nous illustrerons le chemin parcouru et de quelle façon certains lieux bien connus ont évolué au fil des années. Nous vous invitons par ailleurs à contribuer à la série « D’hier à aujourd’hui ». Si vous détenez une relique qui sert de témoin de l’histoire d’un paysage ou d’un endroit important de la région, contactez-nous afin de partager cette image. Il peut s’agir d’à peu près n’importe quoi, une rue, un carrefour, un commerce ou encore un parc. Pourvu qu’il s’agisse d’une photo d’un lieu urbain qui a un certain âge.