La rue Poplar, dans Gatineau Mills, aujourd’hui mieux connu comme le Quartier-du-Moulin, le 2 novembre 1927.
La rue Poplar, dans Gatineau Mills, aujourd’hui mieux connu comme le Quartier-du-Moulin, le 2 novembre 1927.

De «Gatineau Mills» au Quartier-du-Moulin

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
D'HIER À AUJOURD'HUI / Comment appelait-on Gatineau avant la fondation de la Ville en 1946 ? Chapeau à ceux qui ont répondu « Gatineau Mills », village érigé en même temps que l’usine de la Canadian International Paper (CIP) à Templeton. Cette semaine, la chronique D’hier à aujourd’hui replonge dans cette époque qui a fait naître la trentaine de maisons patrimoniales des dirigeants de la CIP.

C’est en 1925 que la municipalité de Templeton-Ouest a autorisé la filiale canadienne de la société International Paper à acheter 1000 kilomètres carrés de terres agricoles.

La province a donné son feu vert à la transaction — à condition que la compagnie construise une importante papetière dans la région.

Presque en même temps que la compagnie érigeait son usine, elle a construit des maisons pour son personnel ainsi qu’une trentaine de résidences plus cossues pour ses dirigeants.

La rue Poplar, dans le Quartier-du-Moulin à Gatineau, en 2020.

La rue Poplar faisait partie des endroits où habitaient les hauts gradés de la CIP. La petite avenue verdoyante se démarquait nettement des autres quartiers de l’époque avec ses demeures coquettes, dont le style rappelle celui de la Nouvelle-Angleterre.

L’attribution des maisons à leur résident suivait la hiérarchie à la CIP : celle du directeur, plus imposante que les autres, se situait à l’intersection des rues Poplar et James-Murray et offrait une vue plongeante sur les autres demeures, de façon à ce qu’il puisse voir quand ses cadres et ses contremaîtres sortaient et rentraient chez eux. Ces maisons ont appartenu à la CIP jusque dans les années 1970 avant d’être vendues à des propriétaires privés.

En 1996, l’ancienne Ville de Gatineau leur a accordé un statut patrimonial — qui protège également les arbres, dont les plus gros ont été plantés en 1927.

En 2002, la Société d’histoire de l’Outaouais a inclus les rues Poplar et James-Murray parmi ses dix coups de cœur.

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