Déversement des eaux usées: pas leur faute, mais leur responsabilité

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Patrick Nadeau, directeur de Garde-rivière Outaouais, rappelle que les problèmes de déversements d’eaux usées n’ont pas été causés par les politiciens d’aujourd’hui. Ils sont le résultat des erreurs faites il y a des décennies. 

«La responsabilité des élus d’aujourd’hui c’est de s’attaquer au problème et de réparer ces erreurs du passé», insiste-t-il.  

Ce n’est pas une seule solution qui permettra de réduire les déversements à Gatineau, note le directeur du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de Gatineau (CREDDO), Benoît Delage, mais plusieurs actions combinées de la Ville et de ses citoyens. La séparation des égouts combinés en est une, mais l’aménagement de stationnement plus perméable aux eaux de pluie, la plantation d’arbres et l’aménagement et la protection d’infrastructures vertes comme des bassins naturels de rétention doivent aussi faire partie du lot. Les citoyens peuvent aussi rediriger leur gouttière sur des surfaces qui absorbent l’eau plutôt que de l’envoyer directement dans les égouts pluviaux, note-t-il. 


« La responsabilité des élus d’aujourd’hui c’est de s’attaquer au problème et de réparer ces erreurs du passé »
Patrick Nadeau

Le président de Fondation Rivières, Alain Saladzius, rappelle que les villes doivent s’assurer d’avoir la capacité de traiter les eaux usées de tout nouveaux développements résidentiels avant d’en autoriser la construction. 

«Le problème c’est que les villes ont huit ans pour apporter les correctifs, dit-il. Les maisons se construisent, mais les correctifs viennent des années plus tard. Il y a eu 1459 incidents de déversements à Gatineau en 2019. On ne peut pas dire que le réseau a la capacité de traiter toutes ses eaux usées actuellement et celles de son développement à venir.»