Montebello, dans la Petite-Nation, est au premier rang des municipalités au Québec pour ce qui est de l’indice d’intensité des déversements d’eaux usées par habitant, selon le triste palmarès provincial réalisé par la Fondation Rivières.
Montebello, dans la Petite-Nation, est au premier rang des municipalités au Québec pour ce qui est de l’indice d’intensité des déversements d’eaux usées par habitant, selon le triste palmarès provincial réalisé par la Fondation Rivières.

Déversement des eaux usées: Montebello, l’enfant terrible 

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Montebello, dans la Petite-Nation, est au premier rang des municipalités au Québec pour ce qui est de l’indice d’intensité des déversements d’eaux usées par habitant, selon le triste palmarès provincial réalisé par la Fondation Rivières.

La municipalité a obtenu un score de 234,6 selon l’indicateur développé par la Fondation Rivières qui s’appuie sur la taille des ouvrages du réseau qui ont débordé, le nombre de déversements d’eaux usées et leur durée. 

À titre comparatif, Longueuil, cinquième plus grande ville au Québec, obtient un indice de 43,7, ce qui est près de cinq fois moins que Montebello. Longueuil se hisse au 11e rang de ce classement. La municipalité de Brigham en Montérégie, à 106,1, est la deuxième municipalité listée dans ce top 50 dressé par la Fondation. 

Joint par Le Droit, le maire de Montebello, Martin Deschênes, a expliqué que le piètre score de sa municipalité était dû à la présence d’un ponceau défectueux qui traverse la route 148. En décrépitude, le ponceau de la rue Saint-Dominique n’arrive plus à récolter toutes les eaux de pluie provenant du village et des montagnes situées à l’arrière de celui-ci.

« Nous avons payé pour des études de biologistes et d’ingénieurs qui ont démontré que selon les crues printanières, j’ai entre 80 % et 100 % de l’écoulement de ce ponceau qui prend le conduit d’eaux usées plutôt que de se rendre à la rivière comme de l’eau de pluie. Quand cette eau prend le conduit d’eaux usées, on sature notre réseau. Lorsque le réseau est saturé, il y a des valves qui sont déclenchées et ça refoule dans la rivière », explique le maire Deschênes.


« Nous avons tout fourni au gouvernement pour avoir une subvention et nous sommes toujours en attente d’une réponse de leur part. »
Martin Deschênes

Le tuyau en béton, qui était jusqu’à tout récemment sur le point de s’effondrer sous la route 148, fait présentement l’objet de travaux de remplacement au coût d’environ un million de dollars. La municipalité, qui a déboursé les frais pour remplacer le conduit défectueux, attend toujours une aide financière du gouvernement, souligne d’ailleurs M. Deschênes.

« Ça fait 24 mois que nous sommes en négociations avec le ministère des Affaires municipales dans ce dossier-là. Nous avons tout fourni au gouvernement pour avoir une subvention et nous sommes toujours en attente d’une réponse de leur part», affirme le premier magistrat.

Le chantier devrait être terminé d’ici quelques semaines. Le maire Deschênes a bon espoir qu’une fois l’infrastructure remplacée, les surverses dans la rivière des Outaouais réduiront de façon considérable.