La formation donne lieu à certains exercices ludiques.

Devenir créateur plutôt que consommateur

Le premier atelier d’une série de formations en compétences numériques destinées aux enseignants avait lieu samedi, à Ottawa.

Près de 80 enseignants de l’élémentaire et du secondaire anglophones se sont réunis dans une grande salle du Musée des sciences et de la technologie d’Ottawa pour découvrir ensemble les principes de base de la pensée computationnelle.

La quoi? La pensée computationnelle. 

Non, il ne s’agit pas là de former de nouveaux informaticiens, mais bien d’inculquer aux professeurs les schèmes de la pensée logique du monde numérique. 

Bref, pendant une journée complète, on enseigne aux enseignants comment mieux enseigner aux enfants... Voilà.

À travers différents exercices pratiques et souvent ludiques, sur ordinateur, les profs découvrent des logiciels leur permettant de développer la créativité de leur classe, peu importe ce qu’ils enseignent: la géographie, les langues, les arts...

«Nous, on veut tous les autres profs... pas ceux de sciences ou d’informatique qui sont déjà plus avancés là-dedans. Nous, on veut que les profs puissent développer des outils pour intégrer la programmation (informatique) dans leur curriculum», explique au Droit Kate Arthur, fondatrice et directrice de l’organisme Kids Code Jeunesse (KCJ).

«On voit le potentiel éducatif immense de la programmation; c’est comme une troisième langue pour l’enfant», renchérit Meggie Carrier, instructrice chez KCJ.

Atteindre 70 000 enfants

Vingt-cinq autres ateliers semblables seront offerts à travers le pays, d’ici Noël. 

Cette initiative, financée par le gouvernement fédéral, devrait rejoindre 2000 enseignants qui, à leur tour, inculqueront leurs nouvelles connaissances à près de 70 000 enfants.

La découverte du code de programmation informatique, de sa logique et de ses immenses possibilités correspond à ce que l’on pourrait appeler l’alphabétisation numérique, l’ABC de la pensée logique et de la créativité. 

Posséder ces outils abstraits de base ouvrirait des portes vers l’infini.

On veut donc utiliser l’ordinateur pour créer des choses plutôt qu’en être un simple usager, un consommateur complètement colonisé par la technologie.

«L’ordinateur est une boîte vide, sans cerveau; on doit l’aider à comprendre ce qu’on veut lui faire faire», explique la jeune Meggie.

Kate Arthur reprend la balle au bond. «L’ordinateur devient un instrument d’apprentissage. Tout est basé sur la pensée computationnelle. C’est une façon de régler les problèmes, de créer.»

Loin de vouloir être rébarbatif, ce langage informatique logique est déjà enseigné à des adolescents connaissant des troubles de comportement et à des enfants avec des problèmes de santé mentale. Il s’agit d’ajuster le niveau de difficulté des concepts théoriques au public cible auquel ils sont destinés.

Prochaines formations: samedi prochain, au même endroit, alors qu'on s’adressera aux enseignants francophones de la région de la capitale fédérale. Puis, ce sera au tour de Québec, le 28 avril, pour la prochaine formation en français.

Les ateliers sont gratuits.