Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Danièle Fournier demeure dans la commune de Saint-Genis-Pouilly, un village situé à quelques kilomètres à peine de la frontière suisse. Une frontière que la Bedfordoise d’origine traverse chaque jour pour se rendre au travail, elle qui exerce le métier de pharmacienne, en plus de travailler dans le secteur administratif d’un hôpital.
Danièle Fournier demeure dans la commune de Saint-Genis-Pouilly, un village situé à quelques kilomètres à peine de la frontière suisse. Une frontière que la Bedfordoise d’origine traverse chaque jour pour se rendre au travail, elle qui exerce le métier de pharmacienne, en plus de travailler dans le secteur administratif d’un hôpital.

Deux pays, une réalité

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
NOËL CHEZ NOS EXPATS / Danièle Fournier demeure dans la commune française de Saint-Genis-Pouilly, un village situé à quelques kilomètres à peine de la frontière suisse. Frontière que la Bedfordoise d’origine, établie sur le Vieux Continent depuis 34 ans, traverse chaque jour pour se rendre au travail, elle qui exerce le métier de pharmacienne, en plus de travailler dans le secteur administratif d’un hôpital.

«Il faut constamment demeurer au fait de l’actualité et des mesures sanitaires dans les deux pays», explique la Française d’adoption.

Car autant la France a été soumise à des règles strictes, autant il n’y a pas eu de confinement en Suisse. «En France, il fallait à tout prix rester chez soi ou se déplacer avec une attestation en main, raconte Mme Fournier. Et jusqu’à tout récemment, on n’avait le droit de se déplacer que dans un rayon de un kilomètre de chez nous. En Suisse, beaucoup plus de commerces et d’institutions sont ouverts.»

L’achalandage à la frontière franco-suisse est en chute libre avec la pandémie. «Il n’y a même plus de douanier là où je passe!, illustre Mme Fournier. Depuis la première vague, plus personne n’avait le droit de passer, sauf les travailleurs du domaine de la santé ou ceux qui avaient en main une autorisation leur permettant de traverser. Il y a des jours où je vais au travail et où je ne croise personne sur mon chemin.»
Une situation qui s'est depuis rétablie.

Là-bas comme ici, «les gens ont vécu et vivent encore une grande angoisse» provoquée par la pandémie, observe la travailleuse de la santé. «C’est un stress immense, dit-elle. À un certain moment de la pandémie, les pharmacies étaient quasiment les seuls commerces encore ouverts. J’ai des clients qui se sont présentés pour qui c’était leur première sortie en huit semaines.»

L’aéroport international de Genève, à proximité, est désert. Un grand contraste avec son activité habituelle alors que l’endroit bourdonne normalement de voyageurs.

Les deux pays voisins ont été touchés de plein fouet par la pandémie, dont la deuxième vague a connu son apogée à la mi-novembre, après une accalmie cet été. «Au plus fort de la COVID, on a connu un pic à l’hôpital de Genève avec plus de 600 personnes hospitalisées, sur un bassin de population d’environ deux millions de personnes», relate la pharmacienne.

D’ailleurs, même si on en a peut-être moins entendu parler au Québec, la Suisse n’est pas moins atteinte par le virus que d’autres pays européens, où une hécatombe semble s’être abattue au cours des derniers mois. «Il faut en prendre et en laisser, estime Danièle Fournier. L’image que le monde a de la France est aussi différente de la réalité. Quand on voit la France à la télé, c’est souvent pendant des manifestations et des rassemblements, mais ce n’est pas comme ça actuellement. Au contraire, — et ça m’a étonnée! —, les Français respectent très bien les consignes sanitaires.»

Là où vit Mme Fournier, le mouvement complotiste et anti-masque est quasi inexistant, témoigne-t-elle d’ailleurs. «Les hommes ont démontré plus de réticences à porter le masque que les femmes, mais ils le font, note-t-elle. On n’est pas témoins de grande opposition aux mesures sanitaires.»


« «C’est un stress immense, dit-elle. À un certain moment de la pandémie, les pharmacies étaient quasiment les seuls commerces encore ouverts. J’ai des clients qui se sont présentés pour qui c’était leur première sortie en huit semaines.» »
Danièle Fournier, Bedfordoise d'origine établie près de la frontière franco-suisse

Assouplissement des Fêtes

À compter du 15 décembre, de nouvelles consignes mises en place pour les Fêtes entreront en vigueur en France. Les déplacements interrégions seront permis. «Nous devrons toutefois, comme partout ailleurs, renoncer aux grandes réunions de famille et aux déplacements en avion, qui sont compliqués», précise Mme Fournier.

Elle ne verra donc probablement ses enfants — une fille en Colombie-Britannique et un fils aux États-Unis — que de manière virtuelle cette année.

Mme Fournier sera de garde à sa pharmacie le 25 décembre prochain, avant de parcourir les 500 kilomètres de route qui la séparent de son conjoint pour passer quelques jours avec lui durant les Fêtes. Comme peu de commerces seront ouverts, elle s’attend à un achalandage raisonnable. «On a toujours des gens qui ont besoin de venir en urgence, ou qui ont oublié leur traitement. Ou la belle-mère en visite et qui a oublié son traitement», illustre-t-elle.

Un couvre-feu quotidien sera également instauré à compter de 21h, à l’exception du 24 et du 31 décembre. «Ça permettra aux gens de bouger un peu, même si tout sera fermé», croit-elle.

«Je pense que les gens vont se permettre de bons et généreux repas pour Noël, parce qu’ils n’ont pas voyagé ni trop dépensé, poursuit-elle. D’habitude, les gens ici quittent pour le soleil à Noël : Maroc, Thaïlande, Zanzibar, le Cap-Vert... Je dirais que cette année, c’est facile de se faire remplacer au besoin durant les Fêtes!»