Deux conseillers proposent une alternative

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
Moins d'autobus et plus de voies ferrées font partie de l'alternative proposée par deux conseillers municipaux faisant équipe pour élever leur voix contrer le projet de train léger de la Ville d'Ottawa.
Moins d'autobus et plus de voies ferrées font partie de l'alternative proposée par deux conseillers municipaux faisant équipe pour élever leur voix contrer le projet de train léger de la Ville d'Ottawa.
Près de 200 personnes ont assisté, hier, au dévoilement du projet des conseillers Clive Doucet et Christine Leadman, au Théâtre Gladstone dans la Petite Italie.
Le plan du duo se voulant moins coûteux que celui de la Ville — 5,2 milliards $ contre 7,2 milliards $ — s'axe sur l'ajout de rails plutôt que de circuits d'autobus, comme le propose selon eux le projet des fonctionnaires municipaux.
« La Ville ne propose l'ajout d'aucun mètre de nouveaux rails dans les six premières années de la mise en oeuvre de son projet et aucune de ses communautés ne sera desservie dans les 10 premières années. C'est irresponsable », déplore le conseiller Doucet.
Comme solution de rechange, les deux élus proposent un plan devant desservir par train tous les secteurs de la Ville situés dans la ceinture de verdure après cinq ans et toutes les banlieues situées à l'extérieur de la ceinture après 10 ans.
Ils proposent notamment de prolonger le train diesel O-Train jusqu'aux terrasses de la Chaudière à Gatineau en traversant la rivière des Outaouais en utilisant l'ancien pont ferroviaire interprovincial Prince de Galles.
Train léger sur Carling
Les deux élus s'opposent aussi à l'installation d'un corridor de train léger vers l'ouest empruntant la promenade des Outaouais, qui appartient à la Commission de la capitale nationale (CCN) et dont la Ville cherche à obtenir un droit de passage.
Les deux élus militent plutôt en faveur d'un train léger partant à l'ouest de la station Lincoln Fields, circulant ensuite sur l'avenue Carling à une vitesse de 40 km/h et s'arrêtant à sept stations sur cette artère commerciale.
Le train léger poursuivrait ainsi sa route jusqu'à la station Blair à l'est et Leitrim, au sud, en passant par les stations Heron et South Keys.
Selon l'expert embauché par les conseillers, Morrison Renfrew, la construction d'un train léger sur l'avenue Carling coûterait 378 millions $.
L'option de la Ville misant sur la promenade des Outaouais est pour sa part évaluée à 130 millions $.
Réactions mitigées
Le projet suscite l'enthousiasme de la conseillère Diane Deans. « Ce que j'aime de la proposition de mes collègues, c'est qu'elle vise à desservir tous les secteurs de la Ville, alors que le plan de la Ville en exclut plusieurs. »
La première mise en oeuvre du plan de la Ville prévoit la construction d'un train léger dans le corridor est-ouest, au coût de 1,7 milliard $ d'ici 2017, allant de Blair au Pré Tunney en passant par un tunnel au centre-ville.
Le conseiller et président du comité de transport en commun, Alex Cullen, croit plutôt que le projet de ses confrères ne tient pas la route.
« C'est un projet voué à l'échec, lance-t-il d'emblée. Aller sur l'avenue Carling plutôt que sur la promenade des Outaouais est trois fois plus coûteux. Et ce n'est pas crédible de penser avoir des rails d'ici cinq ans. »
Le projet sera présenté demain au comité municipal de transport en commun.