L'Hôpital de Gatineau a une fois de plus été le théâtre de <em>sit-in</em> en raison de la pénurie de personnel.
L'Hôpital de Gatineau a une fois de plus été le théâtre de <em>sit-in</em> en raison de la pénurie de personnel.

Deux autres sit-in à l'Hôpital de Gatineau

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Deux autres sit-in du personnel infirmier ont bousculé les activités à l'Hôpital de Gatineau vendredi matin, à l'urgence et à l'unité des soins intensifs.

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), Patrick Guay, a indiqué que l'équipe du quart de travail de jour à l'urgence n'a pas voulu prendre la relève de l'équipe de nuit comme prévu à 8h, puisqu'il manquait six personnes.

Trois personnes ont pu être trouvées, dont une agente du SPSO à qui une libération syndicale a été annulée et une monitrice clinique qui a dû se rendre en renfort «sur le plancher». Le quart de travail a pu commencer vers 8h40, alors que l'équipe comptait quand même trois personnes de moins que ce qui est normalement requis, a fait savoir M. Guay.

Pendant ce temps, aux soins intensifs, deux infirmières ont aussi refusé d'entamer leur quart de travail de jour, puisqu'elles doivent normalement être trois.

«Il y avait des cas hyper lourds et des patients sous respirateur, a souligné M. Guay. […] Elles étaient deux et il y avait plusieurs examens à faire, mais si une infirmière quitte les soins intensifs avec un patient [pour des examens], ça laisse l'autre toute seule.»

La situation aux soins intensifs s'est réglée vers 9h20, avec l'arrivée d'un gestionnaire et d'un infirmier provenant d'un autre centre d'activités.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) n'a pas voulu réagir à ces deux sit-in, qui sont survenus moins de 48 heures après un autre événement similaire à l'urgence de l'Hôpital de Gatineau.


« La fin de semaine qui s'en vient n'est pas belle, mais pas juste à l'Hôpital de Gatineau. Elle n'est pas belle partout. »
Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais

Jeudi, le CISSSO avait admis avoir de la misère «à combler les quarts de travail à l'urgence de Gatineau».

«Nous déployons des ressources supplémentaires en termes de personnel, une réorganisation du travail est effectuée pour mieux répondre aux besoins [et] nous avons mis en place une unité de débordement», avait ajouté l'organisation, qui s'efforce aussi d'augmenter la réorientation des cas non urgents vers d'autres ressources.

Le SPSO souligne de son côté qu'il n'y a pas qu'à l'urgence où la situation est précaire.

«La fin de semaine qui s'en vient n'est pas belle, mais pas juste à l'Hôpital de Gatineau. Elle n'est pas belle partout», a mentionné M. Guay en donnant l'exemple d'un quart de travail de jour à l'Hôpital de Gatineau pour lequel il n'y avait encore aucune infirmière à l'horaire, vendredi midi.

Même si le SPSO estime que la direction du CISSSO prend la situation «au sérieux», Patrick Guay attend encore la mise en place de solutions durables.