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Mathieu Brûlé et Arianne Dulac ont été embauchés comme travailleurs de rang pour la région de l’Outaouais. Leur mandat est de venir en aide aux agriculteurs ayant besoin de soutien psychosocial.
Mathieu Brûlé et Arianne Dulac ont été embauchés comme travailleurs de rang pour la région de l’Outaouais. Leur mandat est de venir en aide aux agriculteurs ayant besoin de soutien psychosocial.

Détresse psychologique: des travailleurs de rang à la rescousse des agriculteurs [VIDÉO]

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
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Les producteurs agricoles de l’Outaouais ont maintenant accès à un service de première ligne d’accompagnement s’ils vivent de la détresse psychologique. L’organisme Écoute agricole a récemment procédé au recrutement de deux travailleurs de rang bilingues qui ont comme mandat de venir en aide aux agriculteurs de la région ayant besoin de soutien psychosocial.

Fondé en 2015 dans les Laurentides, Écoute agricole a été l’un des premiers organismes dans la province de Québec à offrir un service de « travailleurs de rang », dans le but de prévenir la détresse psychologique auprès des personnes œuvrant dans le domaine agricole.

Un travailleur de rang, c’est essentiellement un intervenant psychosocial de terrain qui va à la rencontre des producteurs, des travailleurs de ferme ou des membres de leur famille qui vivent des difficultés. La personne qui appelle le travailleur de rang peut être celle qui vit des difficultés ou un proche qui s’inquiète pour la santé d’autrui.

« La différence avec la ligne 8-1-1, c’est que nos travailleurs de rang, ils se déplacent sur les fermes et vont rencontrer les agriculteurs. C’est un service de première ligne. Ce sont des gens qui connaissent bien le milieu agricole et qui sont spécialisés », précise la directrice générale d’Écoute agricole, Magali Noiseux-Laurin.

Surcharge de travail, stress financier, conflits intrafamiliaux au sein des entreprises, interdépendance à la météo, les facteurs qui peuvent influencer la santé mentale des agriculteurs sont nombreux, note cette dernière.

« On parle de gens qui travaillent sept jours par semaine. Le stress financier revient souvent dans les facteurs qui peuvent causer de la détresse, mais il y a aussi la fatigue, l’imprévisibilité du marché et la météo qui sont d’autres facteurs de stress importants. Comme ce sont souvent des fermes familiales, les conflits entre conjoints ou parents sont aussi très fréquents. On parle vraiment d’une accumulation de choses variées qui font que ce métier rend les gens qui le pratiquent plus à risque de vivre de la détresse. »

Un service devenu nécessaire en Outaouais

Dans les dernières années, les travailleurs d’Écoute agricole des Laurentides répondaient à l’occasion à des appels en provenance de l’Outaouais. Cependant, des événements tragiques sont survenus en 2019 et 2020. Plusieurs agriculteurs se sont enlevé la vie, ce qui a convaincu les bailleurs de fonds à embarquer dans le projet pour recruter deux intervenants dans la région, affirme la directrice générale d’Écoute agricole.

Arianne Dulac

C’est grâce au financement du Fonds québécois d’initiatives sociales, dans le cadre des Alliances pour la solidarité, en collaboration avec le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qu’Écoute agricole a maintenant un pied par terre en Outaouais.

« Ç’a créé une onde de choc dans la communauté. Ç’a mis de l’avant que ce n’était pas juste dans les études scientifiques que la détresse psychologique était élevée, mais que ça se passait sur le terrain. Ç’a démontré que le besoin était là », raconte Mme Noiseux-Laurin.

L’impact de la COVID-19

L’année 2020, marquée par la pandémie de COVID-19, a été particulièrement éreintante pour les producteurs, non seulement en Outaouais, mais partout au Québec. La dernière année a été marquée par une sécheresse historique en mai et juin et le contexte sanitaire a occasionné une multitude d’embûches pour les producteurs.

Rien pour l’instant ne laisse présager que la prochaine saison sera plus facile à gérer dans les champs. Les travailleurs de rang risquent donc d’être en forte demande, croit Mme Noiseux-Laurin.

« Le temps des sucres s’en vient. On ne sait pas si les cabanes à sucre vont pouvoir rouvrir. C’est un nouveau stress. L’année dernière, la pandémie a eu un énorme impact sur les maraîchers qui ont eu de la difficulté avec les travailleurs étrangers et la question de la frontière. On espère que ça ira mieux, mais on se doute que ce sera une autre année particulière », mentionne cette dernière.

Selon le dernier rapport annuel d’Écoute agricole, entre avril 2019 et mars 2020, la travailleuse de rang de l’organisme aidé 117 personnes dans les Laurentides. « Durant cette période, 473 interventions ont été effectuées auprès des bénéficiaires, ce qui comprend les rencontres pour de nouvelles demandes et pour tous les suivis effectués ».

Mathieu Brûlé

Besoin d’aide ou de soutien ?

Arianne Dulac, infirmière clinicienne de formation spécialisée en santé mentale et copropriétaire d’un centre d’équitation thérapeutique, est la travailleuse de rang responsable de répondre aux appels d’aide provenant des MRC de Papineau et de la Vallée-de-la-Gatineau. On peut la joindre du lundi au vendredi, entre 9 h et 17 h, au 873-455-5592 ou par le biais de Facebook.

Mathieu Brûlé, ancien travailleur du domaine de la construction qui est par la suite devenu intervenant social au sein d’un organisme communautaire de l’Outaouais en aidant les hommes en difficulté, est travailleur de rang pour les MRC de Pontiac et de la Vallée-de-la-Gatineau, de même que pour le territoire de la ville de Gatineau. Il peut être joint, du lundi au vendredi, entre 9 h et 17 h, au 873-455-5707, ou par le biais de Facebook.

Si vous ou l’un de vos proches avez besoin d’aide, n’hésitez pas à contacter le 1-866-APPELLE (277-3553) ou la ligne 8-1-1 (option 2), en tout temps.