Afin de pallier à la perte de services, les opérations pour le secteur du nord de la Lièvre seront maintenant centralisées à la succursale de Val-des-Bois où un nouveau guichet moderne sera aménagé et où les heures d’ouverture de ce comptoir seront augmentées.

Desjardins ferme un autre guichet

Après Ripon, dans la Petite-Nation, ce sera bientôt au tour de la municipalité de Notre-Dame-de-la-Salette, dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, de perdre son guichet automatique et son comptoir caissier.

La Caisse Desjardins du Cœur-des-vallées procédera à la fin du mois d’août prochain au démantèlement du guichet automatique et à la fermeture du point de service de la municipalité, a confirmé au Droit le directeur général de la coopérative, Philippe Harkins.

Le centre de services de Notre-Dame-de-la-Salette est désuet et enregistre depuis quatre ans une baisse moyenne du volume de transaction de 10 %, selon M. Harkins, ce qui représente une perte annuelle de 45 000 $ pour l’institution qui compte dans ses rangs un peu plus de 23 500 sociétaires. L’appareil devait être remplacé ou retiré. Après une analyse exhaustive de la situation, le conseil d’administration a pris la décision de mettre la clé sous la porte.

« Les gens de Notre-Dame-de-la-Salette ont Internet et peuvent faire des transactions par Internet. Environ 50 % de la population est âgée de moins de 44 ans et 80 % des gens possèdent un téléphone intelligent et font leurs transactions sur leur appareil. On a environ 32 utilisateurs exclusifs du guichet et du comptoir de la caisse au niveau de Notre-Dame-de-la-Salette. Ce que ça veut dire en termes clairs, c’est que le guichet est ouvert pour 32 personnes », explique le directeur de la Caisse Desjardins du Cœur-des-vallées.

Afin de pallier à la perte de services, les opérations pour le secteur du nord de la Lièvre seront maintenant centralisées à la succursale de Val-des-Bois où un nouveau guichet moderne sera aménagé et où les heures d’ouverture de ce comptoir seront augmentées. L’établissement de Val-des-Bois sera désormais ouvert à temps plein et la gamme de services caissiers sera bonifiée. Un système de navette afin d’accommoder les personnes aînées et les gens à mobilité réduite de Notre-Dame-de-la-Salette sera aussi mis en place, comme mesure d’atténuation, précise M. Harkins.

La hausse fulgurante des transactions par le numérique et le changement de comportement des usagers forcent les administrateurs à repenser le réseau de distribution, fait valoir M. Harkins.

« La caisse a des enjeux majeurs de rentabilité. On doit assurer la pérennité de la caisse. On ne peut pas dire que l’on continue sans faire de changements. Il faut faire des actions. Le marché a changé et il faut s’adapter. On ne quitte pas la région. Nous sommes à 15 kilomètres au Nord (à Val-des-Bois) et à 28 kilomètres au sud (à Buckingham) », dit-il.

Pour le maire de Notre-Dame-de-la-Salette, Denis Légaré, la pilule ne passe pas du tout. Celui-ci soutient que toutes les avenues seront envisagées afin d’éviter la fermeture du point de services. « Desjardins est censée aider les petites municipalités et les endroits où il n’y a pas beaucoup de population. C’est effrayant ce qu’on nous fait. Je n’ai pas de mots. C’est certain qu’on va se défendre et qu’on ne baissera pas les bras », a-t-il commenté.

L’avenir des guichets automatiques en milieu rural en prend pour son rhume depuis quelque temps en Outaouais et un peu partout au Québec. Le retrait plus tôt en janvier du guichet automatique à Ripon par la Caisse Desjardins de la Petite-Nation a suscité un véritable mouvement de contestation dans le village et les environs. Une signature noircie par 414 membres de la coopérative d’épargnes et demandant la tenue d’une assemblée générale extraordinaire afin de ramener le service a été acheminée plus tôt cette semaine aux gestionnaires de cette caisse qui compte quelque 12 000 membres.