Des stages bloqués par les moyens de pression des paramédics

Les moyens de pression des paramédics de l’Outaouais représentent un certain casse-tête pour des étudiants du cégep, qui ne peuvent réaliser dans la région le stage nécessaire à l’obtention de leur diplôme en soins préhospitaliers d’urgence.

Les 14 étudiants de l’actuelle cohorte de finissants du programme de soins préhospitaliers d’urgence du Cégep de l’Outaouais doivent effectuer un stage de 300 heures dans le cadre de leur dernière session afin de pouvoir décrocher leur diplôme. Les moyens de pression actuels de la Fraternité des paramédics de l’Outaouais prévoient toutefois un refus d’accepter des étudiants en stage.

La directrice des études du Cégep de l’Outaouais, Jacqueline LaCasse, a fait savoir que des démarches sont en cours afin de permettre aux 14 finissants du programme d’effectuer leur stage en dehors de la région, là où des places sont disponibles.

Certains étudiants sont «prêts à se déplacer» et ont même déjà trouvé un lieu de stage, a indiqué Mme LaCasse, tandis que d’autres sont encore en réflexion. Ces derniers pourraient décider de retarder leur stage jusqu’au moment où les paramédics de la région accepteront de les accueillir.

Les paramédics de l’Outaouais sont syndiqués avec la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), qui n’a pas encore pu s’entendre avec la partie patronale pour le renouvellement de convention collective. La suspension des stages fait partie de leurs moyens de pression.

La situation est particulière en Outaouais, car exception faite du secteur de Mont-Laurier, il n’y a qu’une seule entreprise ambulancière sur le territoire. Ailleurs, les étudiants à la recherche d’un stage peuvent se rabattre sur d’autres entreprises, puisque celles dont les employés sont syndiqués avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont récemment obtenu une entente de principe et n’observent donc plus de moyens de pression.

«Aux dernières nouvelles, nous sommes le seul cégep dans cette situation-là», a mentionné Mme LaCasse.

La directrice des études du Cégep de l’Outaouais a entamé des discussions avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour vérifier si un soutien financier peut être offert aux étudiants choisissant de faire leur stage hors de la région. Certains hésitent à faire ce choix pour des raisons financières, reconnaît Mme LaCasse.

À la Fédération des coopératives des paramédics du Québec, le directeur des affaires publiques, Paul Levesque, rappelle que la suspension des stages fait partie des moyens de pression ayant été acceptés par le Tribunal administratif du travail. «C’est plate pour les stagiaires, mais nous, on ne peut pas se positionner par rapport à ça», a mentionné M. Levesque en ajoutant que son organisation «a hâte de négocier» avec la FPHQ.