Des résidents de la Petite-Nation se sont rassemblés dimanche à Saint-André-Avellin pour dénoncer des incidents répétés de racisme et de harcèlement dans la municipalité de l’Outaouais.

Des résidents de la Petite-Nation dénoncent le racisme à Saint-André-Avellin [PHOTOS]

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Des résidents de la Petite-Nation se sont rassemblés dimanche à Saint-André-Avellin pour dénoncer des incidents répétés de racisme et de harcèlement dans la municipalité de l’Outaouais.

Ils étaient plus de 150 personnes à s’être regroupés à l’angle de la rue Principale et du rang Sainte-Julie Est à 13 h dimanche pour afficher leur solidarité envers des résidents de la municipalité qui sont victimes de harcèlement. La manifestation est une initiative du Comité de solidarité citoyenne de la Petite-Nation.

« On veut se montrer solidaire envers Catherine et Ali », lance l’une des organisatrices de la manifestation, Josée Madéia. « On se dit que s’il y a plus de gens au courant de cette situation, ça les inciterait à se mobiliser eux aussi. »

La situation à laquelle Mme Madéia fait référence est celle de Catherine et Ali, ce couple arrivé de Montréal il y a deux ans et demi avec le rêve d’une vie paisible en campagne.


« S’ils veulent rester, tant mieux, mais le but n’est pas de changer leur décision si elle est prise. On veut surtout s’assurer que ça ne se reproduise pas. »
Josée Madéia

Comme le mentionnait Le Droit samedi, le couple de musiciens est propriétaire de la boutique de musique, Cali Calo, à Saint-André-Avellin. Depuis l’ouverture du commerce, le couple est victime d’intimidation, de harcèlement et de vandalisme en raison des traits arabes d’Ali.

« On veut montrer que Saint-André-Avellin est un endroit accueillant et inclusif. On veut montrer aux gens que ce genre de harcèlement n’est pas toléré », soutient Mme Madéia.

En raison de l’accumulation constante de ces actes de racisme et de harcèlement, Catherine et Ali ont décidé de quitter la municipalité.

« Je pense que c’est possible qu’ils restent, mais honnêtement, je me dis que si je vivais avec ce genre d’anxiété et de stress pour si longtemps, je ne sais pas ce que je ferais. S’ils veulent rester, tant mieux, mais le but n’est pas de changer leur décision si elle est prise. On veut surtout s’assurer que ça ne se reproduise pas. »

Une municipalité plus inclusive

Les manifestants exhortent le conseil municipal de se joindre à la Coalition des municipalités inclusives afin qu’elle signale qu’elle ne tolérera pas le racisme à l’intérieur de ses frontières.

« Nous demandons que le maire et les conseillers rencontrent Catherine et Ali et qu’ils adhèrent à la Coalition des municipalités inclusives. On croit que ce serait un bel outil qui nous permettrait d’avoir des conversations importantes et mettre des politiques en place pour s’assurer que notre municipalité est accueillante. »

Mme Madéia croit que l’inclusion de la municipalité dans cette coalition permettrait à des citoyens victimes d’actes haineux d’avoir des outils en place pour recevoir l’appui dont ils ont besoin.

« Il y a peut-être des gens à Saint-André-Avellin en ce moment qui se sentent isolés et qui vivent des incidents du genre dont on n’est pas au courant. On veut que ces gens-là voient qu’il y a des ressources s’ils ont besoin de soutien. »

Bien que plus de 150 personnes se soient jointes au mouvement dimanche, Mme Madéia s’attendait au départ à ce que seulement une cinquantaine de personnes se déplacent en raison de la pandémie.

« On sait qu’avec la COVID-19 il y a beaucoup de gens qui décident de ne pas participer à des rassemblements, mais on s’est dit que c’est un événement qui se veut un message de solidarité, de respect et de justice, donc on n’oblige pas les gens à rester longtemps s’ils ne sont pas à l’aise. Ce n’est pas une marche où les gens doivent être près l’un de l’autre. C’est pour ça qu’on a choisi de faire la manifestation sur un terrain vacant, c’est plus facile de garder la distanciation physique. »

Les participants à la manifestation étaient d’ailleurs encouragés à porter un masque et à garder une distance physique de 2 mètres pour respecter les consignes du gouvernement québécois.