Stéphane Dion
Stéphane Dion

Des politologues estiment que Dion doit partir

Louis Lafortune
Louis Lafortune
Le Droit
Pour bien des observateurs de la scène fédérale, la question n'est pas tant de savoir si le chef libéral Stéphane Dion doit partir, mais quand et de quelle façon.
Christian Rouillard, politologue de l'Université d'Ottawa, est peu surpris de voir un gouvernement minoritaire conservateur, mais il n'avait pas anticipé une telle glissade des libéraux de 103 à 76 députés.
C'est bien pour M. Dion de dire qu'il accepte avec honneur la responsabilité que les Canadiens lui ont confié comme chef de l'opposition, mais cela ne fait pas vraiment partie des choix qui s'offre à lui, estime M. Rouillard.
«Les choix sont de deux ordres. C'est d'assurer une transition la plus constructive possible et pour M. Dion de préparer sa sortie de la manière la plus élégante. Ou, demeurer chef de plein droit et d'être prêt à jouer des coudes.»
Comme tout parti politique, les libéraux n'ont pas intérêt à se déchirer entre eux en public, rappelle Christian Rouillard, surtout que Stéphane Dion n'avait reçu l'appui initiale que de seulement 12 % des militants lors de la première ronde des votes au congrès du leadership libéral en décembre 2006.
Le Parti libéral du Canada doit maintenant amorcer sa reconstruction, et cela commence par un changement de chef, dit-il.
Luc Juillet, directeur de l'École des affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, se demande pour sa part si les libéraux peuvent se permettre d'attendre jusqu'à leur congrès biennal, en mai 2009, pour remplacer Stéphane Dion. Les libéraux ont intérêt à être prêt le plus rapidement possible, surtout face à un autre gouvernement minoritaire.
«C'est un creux pour le Parti libéral et ce creux est clairement associé à M. Dion. Il a eu de la difficulté à connecter avec les Canadiens. Il a connu une meilleure deuxième moitié de campagne, mais le résultat final est mauvais. Il est clair qu'il est dans une position de grande faiblesse, et le parti voudra sûrement faire des changements.»
D'autre part, Christian Rouillard déplore le taux de participation, l'un des plus bas de l'histoire avec 57,5 %.
«C'est problématique pour un État démocratique quand plus de 40 % de la population refuse, pour différentes raisons, d'exercer son droit de vote. Il y a un malaise collectif. Les élus devraient reconnaître le problème et s'y adresser.»
MM. Rouillard et Juillet s'entendent pour dire que le principal défi du prochain Parlement sera de gérer la situation économique. Stephen Harper a d'ailleurs annoncé, mercredi, qu'il rappellera le parlement dès cet automne.