L'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario a reçu en février des dizaines de plaintes du public contre des médecins qui militent publiquement pour un contrôle accru des armes à feu.

Des plaintes contre des médecins qui militent pour un contrôle des armes à feu

TORONTO - L'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario a reçu en février des dizaines de plaintes du public contre des médecins qui militent publiquement pour un contrôle accru des armes à feu.

L'organisme réglementaire ne peut confirmer le contenu des quelque 70 plaintes reçues ni l'identité des médecins visés. Mais un groupe de médecins qui réclament une interdiction complète des armes de poing et d'assaut au Canada affirme que c'est l'une de ses leaders qui est la cible principale de ces plaintes du public.

Le groupe Médecins pour la protection contre les armes à feu soutient que la plupart, sinon toutes ces plaintes visent la docteure Najma Ahmed, une chirurgienne traumatologue qui avait soigné des victimes de la fusillade mortelle survenue dans le quartier grec de Toronto l'été dernier.

Une autre organisation, la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu, presse ses partisans de porter plainte contre la docteure Ahmed auprès de l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario, au motif que les médecins ne devraient pas prendre de position politique.

Sur son compte Twitter, le mois dernier, une membre du personnel de la Coalition a expliqué qu'elle déposait une plainte à l'Ordre parce qu'il était «immoral» pour une médecin d'utiliser son influence à des fins politiques.

L'Ordre, quant à lui, a précisé vendredi qu'un comité examinait toutes les plaintes comme il se doit et qu'il déterminerait s'il y a lieu de poursuivre l'enquête ou de les classer comme «frivoles et vexatoires».

«Le processus de traitement des plaintes de l'Ordre, très réglementé, se penche habituellement sur les soins cliniques ou le comportement professionnel» d'un médecin, a rappelé la registraire, Nancy Whitmore, dans un communiqué. «Le rôle de l'Ordre n'est pas de trancher des désaccords politiques, si les soins ou la conduite professionnelle ne sont pas en cause. Nous reconnaissons le rôle important que peuvent jouer les médecins pour militer en faveur de changements d'une manière socialement responsable.»

Mme Whitmore craint par ailleurs que ces plaintes ne détournent de précieuses ressources de l'examen des plaintes relatives aux soins cliniques proprement dits.