Un groupe de catholiques du Cap-Breton défie l’évêque local qui veut fermer leur paroisse fondée il y a 200 ans.

Des paroissiens défient l’ordre de leur évêque de fermer leur église

ÎLE CHRISTMAS, N.-É. – Un groupe de catholiques du Cap-Breton défie l’évêque local qui veut fermer leur paroisse fondée il y a 200 ans.

En 2015, le diocèse d’Antigonish a décidé de fermer la paroisse de St Barra à cause du déclin démographique et des retombées d’un scandale d’agressions sexuelles qui s’est conclu par un règlement de 16 millions $ pour 125 victimes confirmées ou présumées.

« On nous a enlevé la paroisse pour payer des péchés de chair, déplore un des marguilliers, Rod Farrell. C’est absolument épouvantable. »

Les paroissiens en colère ont fait appel de la décision de leur évêque auprès des autorités romaines, au Vatican.

En attendant, ils ont même rouvert l’église pour des séances de lectures bibliques, des réunions ou des événements communautaires, malgré la désapprobation de l’évêque Brian Dunn.

Le diocèse veut que ces paroissiens se rendent plutôt à l’église de St Columba, à Iona, située à environ quatre kilomètres.

Les paroissiens n’en ont rien à cirer.

« Nous étions propriétaires de cette terre bien avant que la fondation du diocèse d’Antigonish, a dit M. Farrell. Comme nous possédons la terre, comme nous possédons l’église, alors c’est nous, et nous seuls, qui déciderons de ce qui va advenir de notre propriété. »

Les marguilliers ont présenté à l’évêque un acte datant de 1838 qui établissait la paroisse, l’une des plus anciennes de la Nouvelle-Écosse. À l’époque, les services étaient tenus en gaélique.

« Je ne pense pas que l’évêque puisse dire au Christ de ne pas venir avec nous », a dit M. Farrell.

Chaque dimanche, de 15 à 30 personnes se rassemblent à St Barra pour écouter les lectures. Mais ce qu’elles veulent, c’est de pouvoir participer à une messe régulière. Elles ne peuvent pas le faire sans la bénédiction de l’évêque.

Un porte-parole du diocèse d’Antigonish, le père Donald MacGillivray, a expliqué que la décision de supprimer la paroisse faisait partie d’un processus de rationalisation quinquennal comprenant des consultations publiques.

« La population est en déclin », a-t-il souligné en faisant état de la fermeture de 25 églises. Il a aussi parlé de la vente de biens immobiliers afin de rembourser un emprunt obtenu pour payer le règlement consécutif au scandale d’agressions sexuelles.

« Cela ne semblait pas raisonnable de garder deux endroits ouverts à une distance aussi courte l’un de l’autre. Je ne suis pas un démographe, mais on n’en a pas besoin de beaucoup de connaissances sur ce sujet pour comprendre que quelque chose doit changer. »

Il a dit que les autorités catholiques à Rome avaient rejeté les appels déposés par les paroissiens.

« L’autorité de l’évêque n’est pas absolue, a-t-il déclaré. Mais les autorités romaines ont convenu avec lui qu’il y avait des raisons suffisantes de faire ce qu’il a fait. »

Le père MacGillivray a affirmé que la Corporation épiscopale d’Antigonish a obtenu un avis juridique affirmant qu’elle était la propriétaire de l’église de St Barra. Il a dit comprendre que le processus de vente de l’église et de son terrain est un moment difficile pour la communauté qui avait amassé des fonds pour soutenir la paroisse.

« Les gens ont reçu la paroisse de leurs ancêtres. C’était leur mission de la transmettre à leurs enfants. En la perdant, ils sentent instinctivement qu’ils ont échoué. »