Deux vidéos ont été mises en ligne par l'équipe de chercheurs. La première aborde la famille, et la deuxième, l'amitié.

Des parents gais, une banalité pour les enfants

Les enfants n'ont que faire que leurs parents soient deux femmes ou deux hommes.
C'est l'une des conclusions formulées par une professeure du Département de travail social de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Isabel Côté, qui a mené son équipe de chercheurs à s'adresser directement aux principaux intéressés : les enfants.
« Les chercheurs s'adressent souvent aux parents, dit-elle. Notre approche va dans l'autre sens. Nous avons voulu savoir comment les enfants percevaient leur famille, comment ils vivaient avec deux papas ou deux mamans. »
La professeure a été frappée « la banalité » avec laquelle les enfants sondés parlaient de leur famille dite atypique.
« Pour eux, grandir dans une famille comme celle-là ne soulève pas d'enjeux particuliers. Leur définition de famille, ce sont "des gens dans une même maison, et qui s'aiment". »
L'équipe de l'UQO a rencontré des parents une première fois en 2009.
Les enfants n'étaient pas encore nés, ou encore étaient des nourrissons.
Les chercheurs ont rencontré les enfants à partir de 2013. « Je souhaite pouvoir garder contact avec eux, pour connaître leur évolution lorsqu'ils seront adolescents », explique Mme Côté.
Avec les amis, les enfants de familles lesboparentales ou homoparentales ne se cachent pas. « Ils vont leur répondre comme n'importe quelle autre question, et les amis vont assimiler cela très rapidement. Comme un enfant qui explique que la conjointe de son père divorcé n'est pas sa mère. C'est aussi normal que cela. Même que, parfois, les enfants racontent des choses avec une attitude bien plus grave, comme le fait qu'il n'est pas normal qu'un ami puisse manger de la crème glacée la semaine, alors que lui en est interdit ! C'est à travers ces exemples que l'enfant ne se sent pas comme tout le monde ! »
La professeure sourit lorsqu'elle observe un enfant s'adresser à « maman » ou à « maman ». Semble-t-il que l'enfant qui s'adresse à l'une ou l'autre, par exemple, n'utilise pas le même ton.
« L'enfant dit "maman" de façon à ce que l'adulte reconnaisse à laquelle des deux il s'adresse ! »
L'équipe de l'UQO a parlé à une dizaine de familles lesboparentales ou homoparentales, un peu partout au Québec, en ville comme en campagne. Une vingtaine d'enfants ont été consultés.
« Plus tard, à la garderie, les jeunes enfants verront que la majorité de leurs amis ont un père et une mère. Ils vont poser des questions, dont les réponses seront rapidement assimilées. Plus vieux, ajoute la professeure, les questions sur leur conception viendront. C'est à ce moment que les parents vont approfondir les notions de mère porteuse, de donneur, ou d'adoption.
Vidéos
Deux vidéos ont été mises en ligne sur la chaîne YouTube par l'équipe de chercheurs. La première aborde la famille, et la deuxième, l'amitié.
Dans les deux cas, elles résument la pensée des enfants rencontrés.
Les vidéos, faites sous forme de s'adressent au grand public. Une main y dessine l'environnement des enfants, vu par les enfants.