Des oiseaux morts à Ottawa

Une dizaine d’oiseaux morts ou dans un très mauvais état, pour la plupart des goélands, ont été trouvés ces derniers jours par des passants aux abords de la rivière des Outaouais, à Ottawa, dans le secteur Britannia, à proximité de l’usine de filtration d’eau de la Ville.

Garde-rivière des Outaouais confirme être au courant du dossier. Le directeur général de l’organisme, Patrick Nadeau, a indiqué au Droit jeudi que des prélèvements ont été effectués par les autorités ontariennes afin de déterminer la cause de ces décès. Si la situation peut paraître « préoccupante » et « inhabituelle » aux yeux du public, M. Nadeau se veut toutefois rassurant quant à ce cas précis.

« On comprend que ça peut être inquiétant, mais souvent, des groupes d’oiseaux morts comme ça, ça s’explique par un phénomène naturel. Ça arrive parfois avec des populations d’oiseaux qui s’alimentent exactement au même endroit. Il y a des tests de toxicologie qui sont faits, mais pour le moment, il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter outre mesure par rapport à ce qui a été trouvé », explique le directeur général de Garde-rivière des Outaouais.

Il est très peu probable que cet épisode d’oiseaux morts soit par ailleurs relié aux événements des dernières semaines survenus dans la rivière du Lièvre, tout près de l’embouchure de la rivière des Outaouais, où des centaines de poissons ont été découverts morts échoués sur le rivage.

« Ce qui a été observé dans le secteur Britannia, c’est quand même à plus de 30 kilomètres à vol d’oiseau de l’embouchure de la rivière du Lièvre. Pour nous, ça fait en sorte que c’est très peu probable que ces deux événements soient liés. C’est normal que les gens puissent faire une association puisque c’est très médiatisé en ce moment, mais on n’a aucune donnée qui nous indique qu’il pourrait y avoir un lien quelconque », a expliqué M. Nadeau.

Le ministère de l'Environnement critiqué 

Par ailleurs, M. Nadeau a réagi jeudi aux informations voulant que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’ait pas procédé à des prélèvements d’eau à la suite des deux récentes vagues de poissons morts observées dans la rivière du Lièvre. Une porte-parole du ministère, Sophie Gauthier, a confirmé cette information à certains médias, dont Le Droit, plus tôt cette semaine.

« Lors des inspections les 9 et 19 juillet, le Ministère n’a pas procédé à l’échantillonnage considérant qu’aucun indice visuel ou olfactif de contamination n’a été observé (ex. coloration de l’eau, odeurs de produits chimiques, acidité de l’eau, pourcentage d’oxygène, etc.). Par ailleurs, comme la rivière du Lièvre possède un fort débit et donc, un important pouvoir de dilution, il est possible que lorsque le Ministère s’est rendu sur les lieux, les 9 et 19 juillet derniers, la source de la contamination n’était plus détectable à ce moment », avait indiqué la porte-parole, par voie d’une réponse écrite.

Le directeur général de Garde-rivière Outaouais remet sérieusement en question la façon de procéder du ministère dans ce dossier. « On est déçu de la décision de ne pas avoir pris d’échantillons, d’autant plus à la suite du deuxième signalement, parce qu’à notre avis, il y avait déjà-là un historique qui était établi, peu importe qu’il y avait ou pas d’éléments visuels ou olfactifs par rapport la colonne d’eau comme tel, il y avait des centaines de poissons morts sur place. [...] Prendre un échantillon d’eau, ce n’est pas un protocole complexe. Il y a lieu de s’interroger sur cette décision parce qu’il y a peut-être un élément du casse-tête qui va être manquant », a dit M. Nadeau.

Aucune cause précise n’a encore été trouvée par les autorités pour expliquer la mort de ces centaines de poissons survenue en moins de deux semaines.