Des milliers de participants à l'édition virtuelle de la Course de l'armée

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
La pandémie actuelle de COVID-19 n’aura pas empêché la traditionnelle Course de l’armée d’avoir lieu, cette année, alors que l'événement a officiellement débuté samedi matin, de façon virtuelle, sans foules de coureurs et de supporteurs dans les rues du centre-ville d'Ottawa.

Peu après 9 h, le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, s’est adjoint de trois membres des Forces canadiennes et du programme d’aide Sans Limites pour donner le coup d’envoi à cette édition « unique » de la Course de l’armée.

« Cette course-là a pour but de montrer à nos anciens combattants et à ceux et celles qui servent notre pays actuellement que les Canadiens sont derrière eux, a souligné le ministre Sajjan en entrevue avec Le Droit. C’est un peu décevant qu’il n’y ait pas de foule, parce qu’ils ne peuvent pas constater de leurs propres yeux, sur place, la reconnaissance qu’ont les Canadiens envers leur travail. Mais en tenant la course virtuellement, ça permet tout de même de rappeler aux gens que l’événement est toujours là malgré la COVID-19, que le programme Sans Limites l’est également, et c’est une façon d’inspirer les Canadiens. »

Le ministre de la Défense du Canada, Harjit Sajjan

Sans Limites, c’est un programme  du Groupe de transition des Forces armées canadiennes qui vient en aide aux militaires en service et aux anciens combattants blessés et/ou malades. Depuis sa création, en 2007, pas moins de 7000 membres ont eu recours au programme, dont Bernard Caissie, un officier de renseignement pour les forces spéciales de l’armée canadienne, qui a couru aux côtés du ministre Sajjan samedi matin.

« Sans Limites a changé ma vie d’une manière positive, affirme-t-il. Pendant mes 25 ans de service, j’ai notamment été membre du Royal 22e Régiment, attaché de défense adjoint à Nairobi, en Afrique de l’Est, et j’ai fait deux tours opérationnels en Afghanistan et en Bosnie. Quand je suis revenu, j’ai été diagnostiqué avec un trouble de stress post-traumatique. »

« J’ai déjà été hospitalisé en raison de ma condition, poursuit-il, et c’est à ce moment-là que Sans Limites est arrivé dans ma vie. Ça m’a vraiment aidé à remonter la pente. Il y avait toujours quelqu’un là pour moi. Pour quelqu’un qui se cherche et qui tente de s’adapter à ses nouvelles conditions de vie, c’est vraiment un environnement serein. On rencontre d’autres gens qui se trouvent dans des situations similaires à nous, il y a une bonne confrérie et le soutien moral est très présent. »


« Oui on court un peu pour augmenter notre estime de soi, mais c’est surtout pour se soutenir en tant que groupe. »
Bernard Caissie

Si Bernard Caissie participe d’ailleurs à cet événement depuis les quatre dernières, c’est en grande partie pour inciter d’autres gens comme lui à suivre ses traces, mais également pour rendre hommage à ses « frères et sœurs qui continuent de servir le pays ou qui ont terminé leur service et qui sont aujourd’hui sortis des Forces ».

« Chaque année, c’est mon gros défi, indique-t-il. Oui on court un peu pour augmenter notre estime de soi, mais c’est surtout pour se soutenir en tant que groupe. Le but du programme Sans Limites, c’est de continuer de foncer et d’avancer pour ne pas se retrouver "au fond du baril". Je veux inciter d’autres gens à faire comme nous  [les membres de Sans Limites] , des gens qui se trouvent peut-être dans des situations semblables à la nôtre. Il n’y a aucun jugement au sein du programme et de fortes amitiés se créent également. »

Les « milliers » de participants inscrits ont jusqu’au 20 septembre prochain pour effectuer leur course, notamment par l’entremise de l’application ASICS Runkeeper.

Les fonds amassés grâce aux inscriptions à la course sont remis aux programmes Appuyons nos troupes et Sans limites, qui viennent en aide aux militaires « blessés et malades ainsi qu’à leur famille ».