Les manifestants ont invité le gouvernement canadien à prendre des mesures afin de dénoncer les politiques du président Trump en matière d'immigration.

Des milliers de manifestants disent non à Trump

Les politiques d'immigration du président américain, Donald Trump, ne sont visiblement pas passées inaperçues dans la capitale canadienne.
Des centaines de personnes - probablement plus de 2000 - se sont donné rendez-vous sur la promenade Sussex, sur le coup de midi, pour manifester contre le décret adopté le week-end dernier par le président américain Donald Trump, un décret qui interdit l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays. 
« C'est extraordinaire, s'exclame le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve. Ottawa n'est évidemment pas reconnue pour ça. De voir qu'autant de gens se sont déplacés en milieu d'après-midi, par une froide journée de janvier, c'est très motivant. »
À plusieurs reprises, les gens qui ont pris le micro durant le rassemblement ont invité le gouvernement canadien à prendre des mesures afin de dénoncer les politiques du président Trump en matière d'immigration.
M. Neve demande notamment à ce que le Canada cesse de reconnaître les États-Unis comme un lieu sécuritaire pour les réfugiés. Ainsi, les ressortissants qui se présentent à la frontière canadienne depuis les États-Unis seront accueillis.
Sur les nombreuses affiches préparées pour l'occasion, les manifestants ont lancé des messages d'opposition à Donald Trump, ainsi qu'un appui aux réfugiés. Le proche conseiller du président américain, Steve Bannon, trouvait également une place de choix dans les slogans de la foule. L'ex-président de Breitbart News, un média d'extrême droite américain, a été nommé au conseil de Sécurité nationale des États-Unis, dans le tumulte entourant l'imposition du décret sur l'immigration.
Montée de l'islamophobie
Selon Adam Gilani, membre de la communauté musulmane de la capitale et ex-leader étudiant à l'Université d'Ottawa, l'élection de Donald Trump a donné confiance aux plus racistes de notre société.
« C'est clair qu'avec l'inauguration de Trump, plusieurs voient qu'il est possible de démontrer de la haine contre les musulmans, les immigrants et les réfugiés. »
M. Gilani estime toutefois que l'ampleur de la manifestation de lundi midi envoie un message clair que la division et l'exclusion de certaines communautés ne sont pas des valeurs canadiennes. Il invite d'ailleurs les gens à corriger ceux qui tiennent des propos racistes et à dénoncer aux autorités appropriées les menaces et les messages haineux diffusés sur les médias sociaux.
« C'est important cette manifestation puisqu'on démontre aux gens affectés [par les politiques de Donald Trump] que nous sommes là pour eux. »
Une pensée pour Québec
Évidemment, les événements de la mosquée de Sainte-Foy ont été cités à plusieurs reprises lors de la manifestation anti-Trump.
« J'étais tellement motivée en écrivant mon discours dimanche soir en voyant comment les Canadiens travaillent fort pour combattre l'islamophobie. Et puis, la nouvelle de l'attaque à Sainte-Foy est tombée. [...] J'étais sans mot, complètement sous le choc », a indiqué Berak Hussain, conseillère aux étudiants internationaux de l'Université Carleton.