La Gatinoise Isabelle Veilleux se trouvait à 200 mètres de la ligne d'arrivée du marathon de Boston lors de la première explosion.
La Gatinoise Isabelle Veilleux se trouvait à 200 mètres de la ligne d'arrivée du marathon de Boston lors de la première explosion.

Des marathoniens de la région au coeur du drame

Catherine Lamontagne
Catherine Lamontagne
Le Droit
La joie de franchir la ligné d'arrivée après avoir couru pendant plus de 42 kilomètres a rapidement fait place à l'horreur pour plusieurs coureurs de la région d'Ottawa-Gatineau qui participaient au marathon de Boston.
Treize Gatinois et 107 Ottaviens prenaient part à la 117e édition de cet événement sportif de renom. Parmi eux, plusieurs ont franchi la ligne d'arrivée avant l'explosion violente de deux bombes. D'autres ont toutefois vu l'horreur de près, à quelques mètres à peine de ce qui devait être la réalisation d'un rêve.
«J'avais terminé ma course depuis six minutes lorsque la première bombe a explosé, raconte Carolyn Leckie, une athlète de 49 ans d'Ottawa. Après une course, nos jambes sont douloureuses et nous marchons très lentement. J'étais donc encore très près de la ligne d'arrivée lorsque la première bombe a explosé».
Lorsqu'elle s'est retournée après avoir entendu «une énorme explosion», la marathonienne a aperçu un nuage de fumée d'une hauteur de «20 à 30 pieds» de haut. Quelques secondes plus tard, elle entendait une deuxième explosion et a réalisé la gravité de la situation.
«À partir de ce moment, nous avons compris que la situation était sérieuse. Les policiers tentaient de rassurer les bénévoles et les coureurs afin que ces derniers restent calmes mais tout le monde était en état de panique. Dès que nous avons été en sécurité, nous avons sorti nos cellulaires pour appeler nos familles mais tous les réseaux étaient surchargés», mentionne Mme Leckie.
À la demande des autorités policière, cette dernière est retournée à son hôtel où une coureuse de Chelsea l'attendait impatiemment.
«J'ai terminé mon marathon une heure avant les explosions et j'étais retournée à ma chambre d'hôtel. J'ai commencé à entendre le bruit des sirènes, j'ai ouvert la télévision et j'ai vu l'horreur», indique Annie Jean.
Celle-ci dit ne pas avoir reconnu la rue où elle avait, une heure auparavant, franchi la ligne d'arrivée avec le sourire aux lèvres.
«La fin du marathon à Boston est spectaculaire, la rue est belle, la foule est nombreuse, c'est magique. Lorsque j'ai vu les images à la télévision, je ne reconnaissais même plus la rue, c'était effrayant», relate Mme Jean.
Un sentiment partagé par la Gatinoise Isabelle Veilleux qui se trouvait à 200 mètres de la ligne d'arrivée lorsque la première bombe a explosé. Après une course difficile en raison d'une blessure, elle désirait une seule chose: retrouver son conjoint pour partager sa joie d'avoir réalisé son rêve.
«Je me trouvais dans l'aire des athlètes pour récupérer mes effets personnels lorsque j'ai entendu la première bombe. Tout le monde a arrêté de parler, on ne savait pas ce qui se passait. Je me suis dirigée vers le lieu de rencontre où je devais retrouver mon conjoint mais il n'y était pas et les gens pleuraient autour de moi», raconte Mme Veilleux.
Plusieurs dizaines de minutes plus tard, la coureuse a retrouvé son conjoint au coin d'une rue, ce dernier étant resté coincé dans le métro pendant de longues minutes.
«En l'espace de peu de temps, j'ai vécu beaucoup d'émotions. J'étais contente de vivre ce moment et j'étais fière de moi mais tout cela entrait en contradiction avec la tristesse qu'on ressentait et qu'il y avait autour de nous», mentionne Isabelle Veilleux.