Diane Holmes
Diane Holmes

Des logemenents sociaux en piteux états à Ottawa

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
La Ville d'Ottawa devra dépenser 332 millions $ d'ici cinq ans pour rafistoler ses 15 000 unités de logements sociaux mal entretenues, croulant sous la moisissure, les toitures fuyantes et les ascenseurs défectueux.
C'est le constat d'une étude sur l'évaluation physique des bâtiments réalisée au cours des deux dernières années par la Société de logement communautaire d'Ottawa (SLCO), le deuxième plus important fournisseur de ce type d'habitation en Ontario.
«Avant l'étude, nous détenions des informations anecdotiques (sur les travaux requis), alors que maintenant nous avons une liste exhaustive de toutes les réparations devant être effectuées: ascenseurs, toitures, systèmes de ventilation et de chauffage et autres. Tout a été vérifié», indique le vice-président de la SLCO à la tête du comité responsable de l'étude, Denis Chartrand.
Selon le rapport, pour permettre aux 32 000 personnes occupant ces logements abordables de vivre dans un endroit salubre, quelque 211 millions $ doivent être investis immédiatement en réparations. Ce sont les coûts liés à la détérioration en raison du manque de financement des dernières années. La somme additionnelle de 121 millions $ est aussi nécessaire pour continuer à maintenir les unités.
Au total, pour les 30 prochaines années, les dépenses s'élèvent à un milliard $.
«Ces édifices sont aussi importants que les ponts, les égouts et le transport en commun. Nous voulons nous assurer que ces résidents vivent dans des logements entretenus à un degré respectable», indique la conseillère municipale et présidente du conseil d'administration de la SLCO, Diane Holmes.
Ces logements sociaux sont en moyenne âgés de 34 ans. Parmi eux, ce sont les maisons de chambres qui se trouvent en plus piteux état, suivies des tours à logements.
La présidente indique que le Canada est le seul pays de l'économie occidentale à ne pas s'être doté d'une politique nationale sur les logements sociaux. Mme Holmes estime que la province et le fédéral doivent revenir à la table et s'engager à suivre un plan de financement à long terme.
«Ils ont construit ces édifices, alors ils doivent maintenant continuer à les entretenir avant qu'ils ne soient plus habitables et qu'on doive évacuer les résidents.»
Mme Holmes estime que 66 millions $ par année permettraient d'entreprendre les travaux. Elle est aussi d'avis que 16 millions $ des 77 millions $ remis par la province à la Ville, au printemps dernier, pour des projets d'infrastructures pourraient être destinés aux logements sociaux.
Les travaux majeurs requis pourraient également mettre à épreuve la patience des 10 000 familles sur la liste d'attente en vue d'obtenir un logement abordable. «Tant que nous n'aurons pas entretenu les logements existants, nous n'estimons pas que nous devrions construire de nouvelles unités», indique Mme Holmes.
Le conseiller Alex Cullen estime pour sa part que les deux situations critiques doivent être abordées en même temps.