Logemen'occupe et les Oeuvres Isidore Ostiguy dénoncent un «manque de coordination» et un manque de soutien pour les sinistrés non-propriétaires.

Des locataires sinistrés «laissés à eux-mêmes»

Alors que des locataires victimes des inondations doivent coucher directement sur le plancher en attendant que l'étude de leur dossier d'indemnisation soit réalisée, les Oeuvres Isidore Ostiguy et Logemen'occupe dénoncent un «manque de coordination» et un manque de soutien pour les sinistrés non-propriétaires.
Réjean Chevalier, un locataire sinistré de la rue Jacques-Cartier, à Gatineau, n'a pas un mot à dire contre la Croix-Rouge, de qui il a obtenu «un très bon service» au plus fort de la crise qui a frappé la région ce printemps. L'homme est toutefois déçu que lorsque les sinistrés réussissent à trouver un nouveau toit, l'aide tarde à venir.
Les bons d'alimentation cessent en effet en même temps que l'hébergement au motel fourni par la Croix-Rouge, a souligné la directrice générale des Oeuvres Isidore Ostiguy, Louise Guindon. Résultat: les locataires qui emménagent dans un nouveau logement «sont laissés à eux-mêmes» et ne reçoivent parfois qu'une couverture et un oreiller en guise d'ameublement si leur dossier n'a pas avancé assez rapidement pour qu'ils aient touché une indemnisation du gouvernement provincial dénoncent les organismes en rappelant que plusieurs sont des personnes vulnérables.
Logemen'occupe a par ailleurs déploré qu'aucune rencontre d'information spécifique aux locataires n'ait été organisée par les autorités. Une telle option aurait été bénéfique, croit le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, car «les enjeux et les problématiques sont totalement différents» que pour les propriétaires sinistrés.
Les deux organismes estiment aussi qu'il aurait fallu davantage de rencontres de coordination entre le milieu communautaire et les autorités municipales et provinciales impliquées dans l'organisation de l'aide aux sinistrés.
M. Roy croit par ailleurs que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) aurait dû jouer un plus grand rôle en raison de sa «responsabilité populationnelle». 
«À notre avis, un sinistre de cette ampleur-là, c'est le CISSSO qui aurait dû être mandaté pour assurer le leadership et l'intervention de première ligne en partenariat avec les organismes communautaires, pour évaluer l'ensemble des besoins, a mentionné le coordonnateur de Logemen'occupe. Le CISSSO était considéré comme un des partenaires et non comme le partenaire principal au niveau de l'intervention des personnes. C'est à la Croix-Rouge qu'on a délégué cette responsabilité-là. La Croix-Rouge joue un rôle important, mais à notre avis, ce n'est pas à la Croix-Rouge qu'on devrait allouer l'intervention de première ligne, mais d'abord au CISSSO.»