«La grande majorité des enfants et des jeunes au Canada ne peuvent accéder aux services de santé mentale qu’au moment où ils sont déjà en situation de crise», a expliqué le Dr Ronald Cohn.
«La grande majorité des enfants et des jeunes au Canada ne peuvent accéder aux services de santé mentale qu’au moment où ils sont déjà en situation de crise», a expliqué le Dr Ronald Cohn.

Des hôpitaux pour enfants lancent une initiative pour la santé mentale

La Presse Canadienne
Un réseau d’hôpitaux pour enfants lance une initiative pancanadienne pour améliorer l’accès rapide aux soins de santé mentale pour les jeunes.

Les Fondations des hôpitaux pour enfants du Canada ont annoncé mercredi le projet de plusieurs millions de dollars, qui financera des programmes de santé mentale dans 13 hôpitaux pédiatriques à travers le pays, dont l’Hôpital Sainte-Justine et l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Le Dr Ronald Cohn, président et chef de la direction de l’Hospital for Sick Children de Toronto, a déclaré que l’initiative ne pouvait pas arriver à un meilleur moment, car la pandémie de COVID-19 a exacerbé les lacunes du système de santé mentale au Canada.

«Malheureusement, la grande majorité des enfants et des jeunes au Canada ne peuvent accéder aux services de santé mentale qu’au moment où ils sont déjà en situation de crise», a expliqué le Dr Cohn en entrevue téléphonique.

«Ce besoin [d’intervention précoce] s’est amplifié plus que jamais.»

Au cours des dernières semaines, a noté le Dr Cohn, SickKids a constaté une augmentation du nombre de visites liées à des problèmes psychologiques à son service des urgences et aux cliniques externes.

Bien que l’hôpital étudie la cause de la hausse, certains cliniciens craignent que l’isolement causé par le confinement intensifie les problèmes de santé mentale de nombreux jeunes Canadiens, a ajouté M. Cohn.

Il a souligné que la tendance était cohérente avec le rôle que les hôpitaux pour enfants ont joué en tant que premier point de contact pour les jeunes confrontés à des problèmes de santé mentale.

Entre 2006-2007 et 2017-2018, les visites aux urgences pour troubles mentaux ont bondi de 75 %, selon les données de l’Institut canadien d’information sur la santé.

Le rapport de 2019 indique qu’environ un Canadien sur cinq développera un trouble mental au cours de sa vie et que, pour la plupart, les symptômes commenceront à apparaître avant l’âge adulte.

C’est pourquoi le Dr Cohn estime qu’investir dans une intervention précoce permettra non seulement d’éviter les crises de santé mentale potentiellement mortelles pendant la pandémie, mais portera également des fruits au fil du temps.

«Si vous ne pouvez pas intervenir tôt, alors l’impact dévastateur sur la qualité de vie à long terme des enfants lorsqu’ils deviendront adultes est énorme», a-t-il affirmé.

Mark Hierlihy, président et chef de la direction des Fondations des hôpitaux pour enfants du Canada, a déclaré que l’initiative «Toute une famille pour les soutenir», créée en partenariat avec la Fondation Sobey, permettra une collaboration transnationale entre les hôpitaux, bien que chaque programme soit adapté pour cibler les préoccupations locales.

Par exemple, la Children’s Hospital Foundation of Manitoba met en oeuvre un service de télésanté pour joindre les enfants et les jeunes des régions rurales de la province.

De son côté, l’Hôpital pour enfants McMaster s’associe à deux autres centres médicaux pour mener un essai clinique d’un nouveau programme de prévention du suicide.

Jennifer Gillivan, présidente et chef de la direction de la Fondation IWK, qui soutient l’hôpital pour enfants IWK à Halifax, a déclaré que l’effort collectif pourrait «changer la donne» pour les soins de santé mentale pour les jeunes au Canada.

«Le but est de ne pas oublier une génération», a indiqué Mme Gillivan.