Des grizzlis ont commencé à apparaître dans les communautés les plus septentrionales des Territoires du Nord-Ouest, à travers la toundra glacée du Haut-Arctique canadien.
Des grizzlis ont commencé à apparaître dans les communautés les plus septentrionales des Territoires du Nord-Ouest, à travers la toundra glacée du Haut-Arctique canadien.

Des grizzlis migrent vers des régions de plus en plus nordiques

La Presse Canadienne
De nouveaux visiteurs improbables ont commencé à apparaître dans les communautés les plus septentrionales des Territoires du Nord-Ouest, à travers la toundra glacée du Haut-Arctique canadien.

Les chasseurs et les trappeurs inuvialuits affirment que les grizzlis sont de plus en plus nombreux sur les îles de la mer de Beaufort, et les experts croient que les changements climatiques sont un facteur déterminant dans cette migration.

«Les grizzlis se déplacent vers de nouvelles régions», affirme Vernon Amos, président du conseil du gibier des Inuvialuits, joint par téléphone à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Avec environ 3400 habitants, Inuvik est la communauté la plus peuplée de la région désignée des Inuvialuits, qui s’étend sur environ 100 000 kilomètres carrés.

Les grizzlis fréquentent depuis longtemps les quatre communautés inuvialuits du continent, dont Inuvik, mais il y en a de plus en plus et ils ont commencé à apparaître autour des deux communautés les plus au nord, Sachs Harbour et Ulukhaktok, explique-t-il.

M. Amos, 42 ans, a grandi à Sachs Harbour et affirme que l’écosystème a considérablement changé au cours de sa vie. Le gel saisonnier commençait habituellement en août, mais cette année, il s’est produit vers la fin septembre ou le début octobre - un phénomène de plus en plus fréquent, dit-il.

«La saison de fonte et de croissance est beaucoup plus longue. Les zones qui étaient pour la plupart couvertes de toundra ou qui étaient stériles sont maintenant des prairies et ont d’autres types de végétation. Le saule, par exemple, commence à s’établir et à croître de plus en plus haut.»

Doug Clark, professeur agrégé à l’École de l’environnement et de la durabilité de l’Université de la Saskatchewan, travaille avec des membres de la communauté pour documenter la présence des ours.

Lors d’un entretien téléphonique, M. Clark a expliqué qu’il avait installé quatre caméras dans des zones où les résidents disent avoir aperçu des grizzlis, et distribué huit autres caméras aux chasseurs et trappeurs de la région pour qu’ils les installent.

Le mouvement des grizzlis vers le nord est important, car il fait partie d’une expansion à grande échelle, a-t-il affirmé. «Ce n’est pas la seule partie du Canada où les grizzlis élargissent leur aire de répartition.»

Les grizzlis ont perdu une partie importante de leur habitat à cause de l’activité humaine en Amérique du Nord, mais ils migrent vers le nord depuis plusieurs années, a-t-il expliqué. Les chercheurs constatent qu’ils se déplacent également vers l’est... et le sud.

«Il se passe quelque chose d’assez gros et nous ne savons pas pourquoi», a admis M. Clark.

Pourquoi ce phénomène se produit-il à ce moment précis? Les experts croient que les changements climatiques jouent un rôle aux côtés d’autres phénomènes comme l’exploitation accrue des ressources naturelles.

Les grizzlis sont en quelque sorte «les premiers gagnants du concours du changement climatique», illustre-t-il. «Mais ce que cela signifie à long terme, nous ne le savons pas vraiment.»