Les funérailles de la fillette de sept ans, décédée la semaine dernière à Granby, ont été célébrées dans une église bondée, jeudi.

Des funérailles émouvantes pour la fillette de Granby

La fillette âgée de sept ans, décédée dans de tragiques circonstances la semaine dernière à Granby, a été portée à son dernier repos, jeudi, lors d’une cérémonie empreinte d’émotions. Des centaines de personnes étaient présentes pour lui dire un dernier adieu.

L’église Sainte-Eugène de Granby était bondée de membres de la famille et de citoyens touchés par le drame lorsque le petit cercueil en bois, orné d’un bouquet de fleurs, a fait son entrée.

Le curé Serge Pelletier, qui présidait la cérémonie, a précisé avoir obtenu l’autorisation de nommer la fillette malgré l’ordonnance de non-publication émise par le tribunal. « C’est pour elle, c’est pour sa famille que nous sommes ici », a-t-il souligné. 

Les hommages à la fillette se sont succédé, tous aussi touchants les uns que les autres. « Comme ça sur la pointe des pieds, tout doucement, sans avertissement ; nous sommes encore sous le choc. Nos prières nous aideront peut-être à comprendre, à apaiser notre douleur. Maintenant, repose en paix. De toute ta famille qui t’aime fort », a lu un de ses proches avec des sanglots dans la voix.

Deux femmes ont à leur tour lu un poème qui s’est terminé par l’interprétation de la chanson Que je t’aime de Johnny Hallyday et à laquelle les personnes présentes se sont jointes à elles pour la chanter.

Une amie de la famille a amené un souffle différent à la cérémonie en interprétant La petite maison dans la vallée, une pièce qu’adorait la fillette. Les personnes présentes ont été emportées par les paroles et ont tapé dans leurs mains pour l’accompagner. 

L’un des moments les plus poignants est sans contredit l’interprétation de la pièce Un ange qui passe d’Annie Villeneuve. Plusieurs personnes ont éclaté en sanglots à l’écoute des paroles et l’interprète a terminé la pièce en larmes. 

« Tout le Québec a une souffrance énorme. Nous souffrons pour elle. Nous souffrons pour tous nos enfants », a dit le curé pendant la cérémonie empreinte d’amour qui s’est déroulée dans la sobriété.

À la fin de la célébration, le curé a invité les gens à repartir avec l’une des nombreuses peluches qui décoraient l’église et à s’engager à la remettre à un enfant de leur quartier. « Une façon de donner au suivant. Ce sera un pas de plus vers plus d’amour pour les petits et vulnérables de toutes sortes », a-t-il dit. 

Le petit cercueil, entouré des membres de la famille de la fillette, a ensuite quitté l’église sur les airs de la chanson C’est à ton tour de te laisser parler d’amour. L’envolée d’une colombe a marqué la fin de la cérémonie.

Des citoyens touchés

Le drame a ému le Québec en entier. Plusieurs personnes qui ne connaissaient pas la fillette ont tenu à assister aux funérailles pour lui rendre un dernier hommage.

« De voir que ces choses-là arrivent en 2019, c’est attristant, a confié Ginette Lestage à la sortie de l’église. C’était une très belle cérémonie, mais ça reste que nos enfants, c’est notre futur et quand tu vois ça, c’est très triste. »

« Ça me touche tellement, a dit une autre citoyenne, Ginette Cabana. Ça ne se peut pas qu’en 2019 ça arrive. La mort d’un enfant, ça nous touche. Ça touche tout le monde. C’est trop jeune. On est tous sous le choc. »

Jade Goulet-Fortin, une mère de deux enfants, était également présente à la cérémonie en compagnie de sa grand-mère. « C’est une grosse tragédie et quand on a des enfants, ça nous touche encore plus », dit-elle. « J’ai pleuré durant toute la cérémonie. Il n’y a pas de mot », a ajouté sa grand-mère, Thérèse Fournier. 

Avec autant de personnes venues assister aux funérailles, les policiers de Granby ont assuré la sécurité dans le secteur et établi un périmètre où seul le cortège funéraire pouvait circuler.

Le curé Serge Pelletier présidait la cérémonie

DÉFENSE DES FAMILLES DE VICTIMES D'ACTES CRIMINELS : FAIRE LA LUMIÈRE SUR LE DRAME DE GRANBY 

Des organismes qui se portent à la défense de familles de victimes d’actes criminels formulent plusieurs revendications auprès du gouvernement à la suite du décès de la fillette âgée de sept ans à Granby. 

«On considère la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) comme responsable dans ce dossier», a fait savoir Karine Darcy, la fondatrice de l’organisme Aide, conseils et assistance aux familles québécoises (ACAFQ), jeudi, lors d’un point de presse organisé après les funérailles de la fillette.  

Avant même le drame, Mme Darcy épaulait certains membres de la famille de l’enfant, dont les grands-parents qui souhaitent obtenir sa garde. Aujourd’hui, elle les accompagne dans leurs démarches pour faire la lumière sur la mort de la fillette qui vivait avec son père et sa belle-mère qui sont incarcérés depuis leur arrestation.

«Dans ce dossier, ce n’est pas un manque de ressource. C’est un manque de compétences crasses, c’est un manque de logistique, c’est un manque de gestion des ressources, mais ce n’est pas un manque de ressources», estime-t-elle.   

L’Unité citoyenne d’enquêtes anti-corruption, dirigée par le citoyen Mario Roy et l’ACAFQ demandent d’être impliqués dans les différentes enquêtes publiques qui seront menées à la suite de la mort de l’enfant. «On veut avoir une place assise sur les différentes commissions d’enquête, indique Karine Darcy. On veut s’assurer que les différentes enquêtes vont vraiment être transparentes et qu’on va faire la lumière.» 

Ces deux groupes réclament notamment la création d’un poste d’ombudsman de la jeunesse. Ils ont d’ailleurs écrit une lettre contenant leurs revendications qui sera acheminée à la ministre de la Justice, Sonia Lebel. 

Des centaines de personnes assistent aux funérailles de la fillette de sept ans décédée dans de tragiques circonstances.